E riflessioni di Max Simeoni

Les crises

Max Simeoni Bastia
par Max Simeoni

La crise du Covid19 est médicale. Le virus a pointé son nez d’abord en Chine lointaine. Les gouvernants des pays de tout l’ouest ont pensé avoir le temps de voir venir. Pas d’affolement, comme celui au début du VIH californien importé depuis des singes africains, sans traitement il tuait. Il est toujours présent mais bien muselé par la trithérapie. Il ne terrorise plus. On sort «non couvert» le plus souvent.

 

Ce coronavirus a été précédé de virus de la même famille qui avaient inquiété les autorités. Douste Blazy, médecin et Ministre de la santé de Chirac, avait prévu un plan en cas de crise et fait un stock de masques pour une telle éventualité. À la recherche d’économies bien avant le Covid19, les autorités n’ont pas renouvelé le stock des masques et se sont trouvées dépourvues quand le virus est survenu. Il envahit l’Italie pourtant dotée d’un système hospitalier assez correct.

Nos autorités sont amenées à masquer leur imprévoyance… «non les masques ne sont pas indispensables pour tout le monde»…, puis «les gestes barrières sont efficaces si tous les pratiquent»… Elles espèrent qu’il n’y aura pas de deuxième vague. Elles s’appuient sur un comité d’experts choisis dont les avis servent d’alibis ou de circonstances atténuantes quand les services de réanimation des villes et des CHU sont débordés. Les hôpitaux toujours sous la pression des économies à faire avant la pandémie réclamaient déjà plus de moyens en lits, matériels et personnels.

Le confinement a été la parade mais l’économie à l’arrêt, la crise médicale a induit une crise  économique et sociale. Il faudra du temps avant de mesurer le prix à payer de la régression. Si l’approvisionnement en masques, en tests Rt-PCR est assuré, les gestes barrières rappelés par tous les moyens, la menace des restrictions de déplacements, les arrangements fiscaux, les aides promises etc ne suffisent pas â relancer l’économie globale. Le déconfinement mesuré, pas à pas avec points d’étapes officiels tous les 15 jours est le signe du peu de marge d’action du pouvoir de l’État. C’est une stratégie incertaine pour s’adapter à l’incertitude de la propagation de l’épidémie.

 

On sait qu’un jour le virus finira son cycle. Mais il nous oblige à tirer des leçons. Sur la vulnérabilité de nos sociétés capables d’envoyer des hommes sur la lune et quasi impuissantes devant un nouveau venu dans la famille des coronavirus. On peut penser que c’est beaucoup de notre façon d’occuper la planète qui nous veut ces virus. Sa population en croissance exponentielle multiplie toujours plus ses déplacements, flux migratoires, business, tourisme, emplois… Elle est un champ immense pour accueillir le moindre virus muté du monde animal. On l’occupe mal, on oublie qu’on est issu de cette nature que nous croyons maîtriser.

Or on a pu se rendre compte que nos doctrines de libéralisme économique pur et dur ou à peine atténuées en Démocratie sociale sont impuissantes. Le Premier Ministre britannique et le Président Trump ont voulu minimiser le risque, croire à «une simple grippe» qui va tuer des affaiblis mais pas les normaux capables d’acquérir une immunité. Aujourd’hui ils paient chèrement leur foi libérable.

 

Pour l’Île, cette crise ne fait qu’aggraver une situation déjà mauvaise qui a des causes qui remontent après Ponte Novu, il y a 250 ans. Loi Douanière de 1818 à 1913 pendant 95 ans qui bloque tout développement, suivie de 1914 à 1918 de la perte de 12.000 procréateurs de 20 à 50 ans plus les grands blessés invalides. En 129 ans, l’Île figée dans un non développement de son économie et de sa population, sera rendue exsangue pour l’encadrement de l’Empire colonial et les besoins de l’armée de la grande puissance qu’est la France, sa tutrice. En 1962, l’Île ne compte que 160.000 habitants lors des Accords d’Evian entérinant l’indépendance de l’Algérie, le dernier territoire colonial.

L’État républicain mise alors sur le tout tourisme pour la rentabiliser surtout à son profit de puissance dépassée à l’heure où l’idée d’une construction européenne s’impose aux ex belligérants pris entre deux Blocs d’États continentaux de l’Occident (USA) et de l’Est (URSS). La Datar dépendant directement du Premier Ministre commandite en secret à l’Hudson Institut un rapport sur les scénarios possibles du développement du tourisme en Corse. Remis en 1970, l’État républicain en choisit un, la noyade du Peuple Corse pour mieux disposer de sa Terre (250.000 lits à créer en 10 ans et 70.000 techniciens à faire venir pour l’encadrer). L’État  le rend officiel dans son programme d’Aménagement de la Corse prévu de 1971 à 1984. Dévoilé par l’ARC, on l’a cru abandonné. Mais si on n’y a plus fait référence, cette politique génocidaire par des moyens économiques n’en continue pas moins. Le tourisme est toujours encensé comme étant le moteur du développement économique.

En réalité son économie est entièrement dépendante des productions extérieures et importées avec l’enveloppe de Continuité Territoriale devenu depuis DSP. Plus de 97% de ce que nous consommons pour se nourrir, se vêtir, ou pour construire une maison…  le tout à l’avenant! Le fléau Covid19 fait courir un risque majeur pour les organismes fragiles? Toutes les «aides, les subventions, les Plans de sauvetage» feront office d’une perfusion d’eaux salées ou sucrées pour maintenir un état de santé en grande faiblesse et si ils sauvent, ce sera pour rester dans la dépendance et la menace qui pèse sur le Peuple historique et sa Terre polluée et non pour un développement «durable».

 

Oui cette crise pourrait être l’occasion de rebondir – une crise pourquoi pas «salutaire pour le rural» Corse-Matin du 22/11 – mais encore faudrait-il avoir les moyens législatifs et réglementaires. Le cadre général reste le même. La visite du porte-avions Charles De Gaule à la base d’Asprettu rappelle la sécurité militaire pour l’État français et pour la Méditerranée. Commerçants soulagés, ou d’autres toujours frappés d’interdits, négligés, tous en appellent au soutien de l’État pour ne pas faire faillite. Or les politiques en proie au virus électoraliste sont divisés. Leur attitude face au Plan Salvezza montre leur embarras. Pour en sortir, il nous faut l’Autonomie et pour l’obtenir il faut un Parti avec une base insérée et organisée au sein du Peuple Corse. Les jeux de Nomenclatures en mal électoraliste ne peuvent qu’en faire un rejet car un tel Parti démocratique va avoir contrôle des élus et des instances qu’ils se donnent. •