E riflessioni di Max Simeoni

Un bateau sans quille ?

par Max Simeoni
La campagne pour la Présidence de la Ve République a couvé depuis longtemps. Elle démarre dans l’incertitude. Bien des noms de candidats ont été médiatisés et certains ont renoncé.

 

Macron ira chercher son renouvellement sans partisans enthousiastes. LR renonce à des primaires et tente de s’en remettre aux militants réunis en Congrès ou en Assemblée générale. Le PS est en longue maladie. Marine Le Pen s’accroche. Dans ce décor de fin d’époque de la Ve République, elle a cru que son heure pouvait sonner. Zemmour a surgi.

Le problème de l’immigration gêne tous les partis. À qui y voit l’accueil de réfugiés qui fuient la misère ou les répressions politiques comme un devoir d’humaniste, d’autres un apport de sang neuf pour un Occident vieillissant, pour une main d’œuvre de travail… avec de grandes théories pour justifier une chose et son contraire. Le mélange des cultures est un enrichissement, disent-ils. Certes, mais à quelle dose ? Minoritaires aujourd’hui dans un territoire donné, majoritaires demain est le risque que beaucoup ne veulent pas courir et on y ajoute un risque plus immédiat que sans contrôle, elles servent l’infiltration des extrémismes islamiques…

Ce thème des risques ou des bienfaits des immigrés ne peut pas être réduit à une idéologie à laquelle adhère les déjà convaincus ou tous ceux inquiets pour l’avenir de leurs enfants. L’interdire sur un territoire est un leurre qui ne dure pas. Les nécessités économiques, crises ou autres, les croissances localisées de populations, sont continues et n’ont que faire des interdits temporels…

L’incertitude, le marasme, se retrouvent dans la préparation des élections qui vont suivre.

Les Présidentielles en avril puis les Législatives en juin. Le Président élu aura-t-il sa majorité parlementaire ? Incertitude totale à ce jour. Alors cohabitation pour tourner en rond ?

 

Les partis « locaux » auront-ils assez d’éléments pour se déterminer clairement. Les trois députés nationalistes seront-ils reconduits en bloc par leurs Instances ou verra-t-on un candidat PNC concurrent des deux candidats Inseme ? Tout dépendra des promesses que feront les candidats pour l’Élysée, Zemmour a parlé pour l’île, Macron pas encore, attendre pour les autres qu’ils soient candidats concrètement et la façon dont les partis locaux auront reçu leurs promesses.

Parmi ces derniers, les nationalistes sans coalition, pourront-ils faire un soutien commun à un présidentiable non identifié à cette heure, c’est à dire à cinq mois de l’élection ? Plus tard ? Le bon sens pragmatique devrait s’imposer. Le miracle d’un Président élu non jacobin dans cette impasse mortelle où se trouve la Ve République est possible mais vraiment improbable.

Si l’objectif est toujours la raison d’être des nationalistes, sauver leur peuple en voie de disparition, le statut actuel Caseneuve après tous les autres (Defferre, Joxe, Jospin) et leurs élections deviennent un piège. On les cogère et avec une majorité absolue de sièges on finit par être les premiers responsables dans l’opinion. Or, pour sauver ce peuple, il nous faut l’autonomie, la coofficialité, le statut de résident. Il faut pour cela modifier la Constitution.

 

Le constat de la phase d’un grave déclin du Peuple Corse est chiffré. Un colonialisme total a été toujours le traitement de la France, territoire conquis par les armes du pays le plus puissant d’Europe, royal puis républicain, sciemment non développé (95 ans de loi douanière de 1818 à 1913), mais réservoir d’hommes pour les guerres et l’empire colonial, vidée en 1960…, l’île ne comptait que 160.000 hab. après les accords d’Évian en 1962 qui reconnaissent l’indépendance de l’Algérie et donc la fin de cet empire, le territoire vidé est voué à un tout tourisme où la disparition du Peuple Corse est envisagé froidement. La divulgation du rapport de l’Hudson Institut, secret mais dévoilé, en est la preuve incontestable. Mensonge d’État qui nie sa responsabilité de commanditaire et on n’en parle plus… mais cette politique continue. L’île a une vocation touristique certaine. Et le tout tourisme sans contrôle en fait un marché captif qui profite surtout à des intérêts extérieurs. 97 % de tout ce que l’on consomme est importé avec une DSP (ex-continuité territoriale). Le dégrèvement de 30 % des charges consentis pour des constructions à valeur locative, a fait de l’île la première, et de loin, des régions touristiques qui a construit en peu de temps un maximum de résidences secondaires. La part du PIB du tourisme est de plus de 20 %, chiffre énorme qui traduit la spoliation de la terre insulaires par des nantis pour le plus externes à l’île et qui met en relief la faiblesse du tissu économique insulaire. Le renouvellement de population est assuré par un apport annuel de 5.000 nouveaux venus et le faible taux du solde naissances/décès des autochtones. La population a doublé ces 30 dernières années, passant de 160.000 à 320.000 habitants.

 

Les organisations nationalistes prises dans l’électoralisme des « locaux », tentent de mobiliser au-delà de leur premier cercle. Pour l’heure, on ne sait où ils trouveront des points d’appui. Une autre coalition électorale sous la houlette de Gilles parti tout seul ? Une ouverture aux autres tendances de Droite ou de Gauche ou un appel direct à tous les citoyens corses ? Il dispose de temps, les élections Territoriales sont les plus lointaines. Mais le temps perdu pour ériger une force d’émancipation n’amène que plus de velléités. Sa mise en chantier conserve au moins l’espoir et suscite peu à peu l’envie de s’engager.

Le Peuple Corse est en danger, la majorité absolue de ses défenseurs coalisés est en échec.

Il est pressant d’en sortir en donnant le pouvoir politique à la base nationaliste au sein du peuple pour l’informer et le mobiliser. Sans cela, élus majoritaires, coalisés ou pas, ne peuvent rien pour ce peuple à sauver.

Un peuple mobilisé ou la noyade dans les marais électoraliste ? Quand pourra-t-on y venir ? Après les élections Territoriales ? Si on en discutait avant, ce ne serait certes pas suffisant mais au moins préparatoire. Les nationalistes sont embarqués dans un bateau sans quille et tangue. •