Le nécessaire parti démocratique de l’intelligence collective

Quelques précisions sur un mouvement démocratique pour « sauver le Peuple Corse ».

Dans le dernier Arritti, je revenais sur le principe d’une démarche démocratique (sans clandestinité violente), pour le mouvement autonomiste corse avec la conviction que, la non fusion de Femu a Corsica et du PNC votée à l’unanimité lors du Congrès d’Octobre 2017, le temps perdu, 14 mois, nous ont amené à la veille des élections municipales en coalition (Pè a Corsica). Il est impossible que Femu puisse dans ces conditions bien établir sa « base » et la rôder démocratiquement.

Et pourtant sans un parti démocratique solide et actif dans tous les aspects d’une lutte de sauvetage du Peuple Corse, les natios seront responsables de ne pas avoir été à la hauteur de leur mission historique. Ils devront, le plus tôt possible, le faire malgré tout.

 

Ce parti devra être transparent pour gagner la confiance du plus grand nombre possible de Corses et servir d’exemple et de référence démocratique. Les associations à but non lucratifs sont définis par la loi de 1901. Ils ne sont pas assez précis et qui ne connaît nombre d’associations faiblement démocratiques.

Précisions ?

La base : régions (Pieve) et sections assurent au sein du Peuple Corse le fonctionnement journalier de l’application de la politique décidée par son Assemblée Générale.

L’AG est l’instance souveraine qui décide de la ligne politique et des modalités de l’application.

Elle élit un bureau qui veille à la bonne marche dans un esprit collégial (secrétaire général, vices présidences, trésorier…). Le bureau élu est l’Exécutif et son Président représente le mouvement à l’extérieur.

Elle se réunit au moins une fois par an selon des modalités précises, y compris pour une Assemblée Extraordinaire.

 

Entre deux AG, le Conseil : il est l’organe permanent qui, dans l’intervalle de deux AG, veille à l’application de la ligne politique définie par l’AG et décide des adaptations si nécessaire. Il élit un bureau qui prépare et organise les travaux du Conseil et les répercute aux régions et sections.

Il décide, si l’AG n’a pas pu le faire en temps voulu, la participation à des élections et entérine en dernier ressort les candidatures. En cas de difficultés importantes, le recours à une AG Extraordinaire devra trancher.

Il est composé au moins de deux responsables élus dans chacune des régions-sections.

Les Élus y participent en désignant leurs représentants. Ils peuvent s’y exprimer mais ne participent pas aux votes. La parole est libre à l’intérieur de l’organisation mais pas de double casquette.

Le règlement intérieur (RI) est essentiel. Il doit prévoir toutes les modalités de fonctionnement interne (calendrier, désignation des responsables, des candidatures aux élections, convocations, recours et arbitrages…). Est militant celui qui a payé sa cotisation.

Il reçoit un exemplaire des statuts et du RI. Chaque militant sait par avance son rôle comme militant ou responsable désigné par ses pairs, il connaît les règles du jeu démocratique.

Le RI est à cet égard un élément essentiel pour assurer une démocratie interne de l’organisation, transparente aussi bien à l’intérieur que pour l’extérieur.

Un exemple : la préparation d’une AG ordinaire. Elle doit être sérieuse. Pour ma part, je la vois sur deux mois au minimum et par une procédure écrite pour éviter les manoeuvres, les effets de séances émotionnels, et ceux d’évènements imprévus trop proches…

 

L’AG est sous la responsabilité directe d’une Commission de préparation composée de représentants des régions-sections, du Conseil, des Élus, eux sans droit de vote mais pouvant s’exprimer.

Elle commence par recevoir et dispatcher les comptes-rendus des Élus, du Conseil, et des régions pour introduire le débat.

Un premier tour de contribution écrites où chaque militant peut dire ce qu’il veut sous forme condensée pour éviter une crue de « paperasse » et qui sera distribué à tous les militants.

Un second tour, après un délai de deux à trois semaines, pour enregistrer de nouvelles contributions ou en réaction par rapport à celles du premier tour.

Enfin, la Commission dégage et résume les points importants des deux tours sur lesquels des votes pourraient être nécessaires et établit l’Ordre du Jour de l’AG qui décidera de la ligne politique jusqu’à l’AG suivante ordinaire.

S’il s’agit d’une AG Extraordinaire, elle se fera sur le seul thème qui a amené sa convocation.

 

Si demain, la reconnaissance du Peuple Corse, une autonomie avec un pouvoir législatif efficace étaient acquis, statuts et RI seront modifiés pour ressembler au système démocratique du parlementarisme anglo-saxon, c’est à dire que le Président du parti qui gagne les élections est naturellement le Premier Ministre.

De nos jours, pour ce qui nous concerne, les alliances de coalitions électorales, les contradictions internes aux autonomistes « non fusionnés », les élections municipales, les territoriales qui vont suivre de près, ne laissent aucune place pour poser ce parti démocratique. Il faudra y parvenir le plus vite possible. Il faut être prêt pour saisir l’occasion, il faut y penser sans remettre à plus tard. Notre démarche actuelle ne peut que donner une nomenclature d’élus en mal d’être réélus… l’impasse.

Le mouvement d’émancipation du Peuple Corse doit être au niveau de son but historique. Il doit être démocratique mais d’une grande force patriotique.

Il s’agit de créer les conditions d’une intelligence et d’une responsabilité collective de ses militants capables de gagner la confiance de toujours plus de Corses et d’amis de la Corse pour amener un pouvoir jacobin à composer, pouvoir qui nie l’existence d’un Peuple pour le faire disparaître et aussi pour ne pas le laisser noyer dans la globalisation mondiale financière.

Le combat de David contre deux Goliath. Un David lucide, déterminé… adroit.

 

Max Simeoni.