Législatives

Tout tremble !

Max Simeoni, Bastia
par Max Simeoni
En pleine campagne des législatives, tout tremble ! Les élus de tous bords sont mobilisés. On pourrait imaginer qu’une autre ère débute. Mais elle pourrait être en pire. La crise est là. On peut sans doute rebondir.

 

Le Président Macron réélu pour cinq ans a le souci que sa majorité parlementaire soit la plus large possible. Il allonge les délais avant de nommer un Premier ministre, le temps de souffler mais aussi de dénicher l’homme qui sera le plus adapté à ce qu’il pensera être les tendances du vote pour élire les députés. Le temps surtout de juger quel sera le potentiel du bloc des gauches qui on rejoint Mélenchon et celui aussi du RN. On est dans un duel qui n’est plus réduit à Marine Le Pen contre une Droite regroupée mais à un Président de Droite, des LR qui veulent se réaffirmer, un PS se réanimer, un Mélenchon qui appelle toute la Gauche à le rejoindre et au delà tous ceux qui veulent mettre en difficulté le Président Macron. Cela revient à dire que l’objectif pour tous, Gauches, Droites, non affiliés est de considérer ces législatives comme un troisième tour des présidentielles. Sa formule « faîtes de moi le Premier ministre » se veut pour cela  pédagogique. LREM devrait décrocher une majorité stable et cohérente pour éviter l’impasse ?

En effet, si le Président n’a pas une majorité bien étayée, le scénario Mélenchon pouvant agir au Parlement la gouvernance devient risquée. Ce serait une crise à haut risque pour tous. L’Exécutif élyséen peut toujours dissoudre le Parlement donc de nouvelles élections seraient à faire pour espérer une majorité de gouvernance. Une autre hypothèse pourrait être la démission du Président Macron ? On recommencerait tout ? Autrement dit une crise majeure avec la guerre en Ukraine, les effets économiques de l’isolement de la Russie de Poutine sur l’Europe et l’Occident. Il semble que quoiqu’il en soit des législatives le Président et quelques autres feront tout pour éviter un trou noir…

 

Localement, cette élection à sa part d’incertitude sans être dramatique.

Michel Castellani, épaulé par Juliette Ponzevera, devrait retrouver son fauteuil au Palais Bourbon. Jean Félix de même, mais il doit veiller au grain. Lionel Mortini se veut candidat, il a un certain poids. Lionel en démocratie a tout loisir de postuler.

Personnellement, je pense qu’il était logique de reconduire les élus nationalistes, les deux de Femu et Paul-André Colombani du PNC. Ils ont travaillé en équipe. Leur bilan est bon. Libertés et Territoires, le groupe parlementaire, est compatible avec le projet autonomiste. On pourrait dire complémentaire.

Des candidats non nationalistes, Laurent Marcangeli brigue un mandat pour monter à Paris et selon la presse viserait un maroquin ministériel. Il est dans la démarche des élus d’avant. Disposer d’un potentiel de voix pour grimper. A-t-il une assise électorale suffisante pour cela ? Le tout nouveau parti Horizon d’Edouard Philippe peut lui servir de rampe de lancement. Mais il n’est pas certain que cette initiative de l’ancien Premier ministre soit du goût du Président qui l’avait nommé.

Jean-Charles Orsucci avait offert ses services à Emmanuel Macron dès sa première élection lequel derrière un « sourire girondin » avait fait la sourde oreille. Il a persisté, voulait se présenter et vient de renoncer. Ses électeurs ont boudé largement la réélection de Macron. Sa fusée a un étage a raté et s’est perdue en mer. Romain Colonna sera candidat de Femu a Corsica en Corse-du-Sud dans la première circonscription. Un démarrage pour une suite plus tard ? Un bon candidat.

 

L’échiquier insulaire balayé est en pleine reconstruction, sans les conseils départementaux (ex conseils généraux) sous le nouveau statut Cazeneuve, les partis autonomistes doivent le mettre en place (Comcom, etc). On voit bien que le jeu politique a imposé de nouvelles marques où les communes les plus peuplées du littoral s’agencent pour être en pool.

On pourrait imaginer qu’une autre ère débute. Mais elle pourrait être en pire.

La crise est là. On peut sans doute rebondir.

Vu les enjeux, les nationalistes savent que leur peuple est en danger et qu’il n’y a pas de solution sans la prise de conscience du plus grand nombre de Corses.

On ne sauve pas un peuple par procuration. L’électoralisme est une drogue. Il manque le parti au sein du peuple conçu et déterminé pour cette mission historique.

Quand le façonner ? Le plus vite possible. •