S’il existait un « panthéon » dédié au peuple corse, Noëlle Vincensini y reposerait certainement. Sa vie, qui vient de s’achever alors qu’elle avait 97 ans, a été constamment remplie des valeurs du courage, de l’humanité et de la lucidité.
Sa vie d’adulte a commencé alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage. L’enfant d’U Pitrosu, alors étudiante à Montpellier, a rejoint la résistance à 17 ans, a été arrêtée, torturée et déportée par les nazis.
Revenue du camp de Ravensbruck, elle a épousé l’écrivain occitan Jean Pierre Chabrol. Noëlle a alors côtoyé de près la vie intellectuelle parisienne, dans les sphères militantes de la gauche, accompagnant les résistances contre le colonialisme et tous les combats pour la justice sociale.
Elle est revenue en Corse au début des années 70, au moment où le mouvement nationaliste prenait son essor. Elle en a soutenu ardemment le combat pour construire l’avenir de la Corse, son pays, où elle s’était alors fixée définitivement. Elle en a aussi fermement condamné les dérives, et elle a ainsi été la fondatrice de l’association Avà Basta pour lutter contre le racisme alors que le FLNC avait revendiqué des meurtres de maghrébins.
Noëlle a été aussi un acteur du Riacquistu, une des premières cinéastes insulaires à réaliser des documentaires sur la vie quotidienne des Corses, tel que « da fassi una pulindata » tourné au moulin de François Padovani à Cùttuli. Elle fut ainsi à l’origine de « Sinemassoci » qui a regroupé les premières vocations de cinéastes insulaires.
Enfin, tout au long de ces années, Noëlle Vincensini a toujours été une fidèle abonnée d’Arritti.
Pienghjemu oghje una donna di prima trinca. Sò assai poche e parsunalità cù tamante qualità. U so curaghju, a so ginirosità èranu eccessiunali. Era a cuscenza è l’onore di tuttu u pòpulu corsu.
Arritti manda e so cundulianze triste è sincere à tutti i soi. •








