Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2948

da u 3 à u 9 di sittembre di u 2026

Cap'articulu

Refonder un projet d’avenir pour la Corse

Manif lingua corsa

le 04/09/2026

Par François Alfonsi

Avec la séquence politique de 18 mois qui s’ouvre, qui ira jusqu’à mars 2028 et l’élection de la future Assemblée de Corse, c’est la question de l’avenir de la Corse qui va se jouer, Face aux incertitudes qui pèsent sur la conjoncture internationale, et aussi sur la nature du futur pouvoir politique en France, les Corses doivent se regrouper efficacement pour réussir à construire, quoi qu’il en soit, l’avenir du peuple corse.

Première incertitude : la Corse sera-t-elle autonome en 2028 ? La première étape en est la réforme constitutionnelle que le Sénat examinera dès le 26 octobre prochain. On peut espérer, à la faveur du renouvellement en cours de ses membres, une majorité favorable comme elle a été trouvée à l’Assemblée nationale. On peut craindre aussi un blocage politique qui gèle la réforme. Cependant, dans ce second cas de figure, le vote acquis à l’Assemblée nationale fait que le dossier restera ouvert, même si les navettes parlementaires seront condamnées au surplace le temps de la campagne présidentielle.
L’inscription de l’autonomie de la Corse dans la Constitution est un processus déjà trop long qui pourrait donc s’allonger encore. Tout cela tend à « chloroformer » l’opinion corse. Mais comme il est certain que le « grand soir » indépendantiste n’arrivera pas, quel autre chemin emprunter ?

Ce chemin trouve son passage dans une double évolution. D’abord, celle d’une opinion française qui, par-delà le cercle ultra-médiatisé des jacobins intégristes, fait entendre une évolution favorable, sondage après sondage. Au mieux, les français en général soutiennent majoritairement (confer le sondage RPS/IFOP d’août 2025) les identités régionales, ou à tout le moins, ils font preuve d’une tolérance de plus en plus grande, y compris au sein des électorats de partis qui affichent une hostilité de principe comme le Rassemblement national. L’autre évolution est bien sûr celle de l’opinion corse qui s’est exprimée très majoritairement en faveur des idées nationalistes lors des dernières élections territoriales. 2027 sera l’année d’élection en France, présidentielles puis, très certainement, législatives, et 2028 sera l’année d’élection en Corse avec le renouvellement de l’Assemblée de Corse. La donne politique sera alors établie pour développer le projet autonomiste, ou bien le remettre en cause. Ce sera en tous les cas, au-delà des querelles sur la gestion de la Collectivité de Corse, ou sur les ambitions personnelles des uns et des autres, l’enjeu principal des élections territoriales de mars 2028.
Voilà quel est le programme pour les 18-huit prochains mois : maintenir la question corse à l’agenda politique en France, quelles que soient les vicissitudes politiques qui émailleront le scrutin présidentiel et les législatives qui suivront, et faire gagner le peuple corse en 2028 lors des élections territoriales.
Pour y parvenir, il faut faire bouger les lignes qui séparent ceux qui devraient converger. L’élection municipale d’Aiacciu a montré la voie d’une recomposition tranquille, sans leaders tonitruants ni grandes messes fondatrices. Avec, au bout du compte un résultat de 41% au second tour que personne n’avait présumé dans une ville où nos scores étaient habituellement bien moins bons.

L’élection sénatoriale qui arrive en Corse du Sud est l’occasion d’asseoir cette recomposition en assurant une bonne élection à Jean Giuseppi contre Jean-Jacques Panunzi. Le poids des délégués d’Aiacciu et de la Capa dans les 395 délégués qui voteront le 27 septembre donne un avantage au sortant. Mais ses positions ultra au Sénat, alignées sur Bruno Retailleau, ne vont pas lui attirer que des sympathies !
En Haute-Corse, notre sénateur sortant Paulu Santu Parigi devrait retrouver son siège malgré les manœuvres en cours entre François-Xavier Ceccoli et Nicolas Battini à qui le député LR a ostensiblement laissé le champ libre pour la sénatoriale, préparant une entente lors des futures législatives entre la droite insulaire et le Rassemblement national.
Ces législatives 2027 seront bien sûr très importantes, et c’est par l’Union que nous pourrons garder nos deux sièges et espérer en conquérir d’autres. Cela ouvrirait alors la voie à une recomposition gagnante en mars 2028. Car seule une majorité nationaliste pourra porter un projet d’avenir pour le peuple corse, à commencer par de grands sujets comme la langue ou le statut de résident.
Forza tutti ! •

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