Les transports externes, qu’il s’agisse des infrastructures portuaires et aéroportuaires ou bien des flux, constituent un secteur stratégique pour un territoire insulaire comme le nôtre. C’est la raison pour laquelle, en responsabilité dans notre Pays depuis décembre 2015, le mouvement nationaliste corse s’est efforcé, dans un contexte d’adversité, de préserver le principe même du service public aérien et maritime, son périmètre et d’en améliorer la qualité et la gestion.
Le courant patriotique aspire depuis toujours à la maîtrise publique, par la Corse, de ses moyens de transports. Cette assertion relève du truisme. Et pourtant…
Pourtant, elle se confronte à une réalité alarmante sur laquelle nous n’avons que peu de prise.
Le 14 avril dernier, lors du conseil d’administration de l’Office des transports à Bastia, Jean-Félix Acquaviva dénonçait l’impact des taxes et normes extérieures à la Corse sur les prix du billet d’avion, notamment pour les résidents corses, et demain sur le fret maritime. Le président de l’Office des transports faisait référence, en matière aérienne, à la surtaxe adoptée récemment qui a fait bondir la taxe de solidarité d’environ 5 € à 14,80 €, pour un vol aller-retour en bord-à-bord (Nice, Marseille) ou sur Paris.
Réunie en session, à Aiacciu, le 28 mars dernier, l’Assemblée de Corse a adopté à l’unanimité une motion, sur proposition des présidentes des commissions compétentes, Danielle Antonini et Muriel Fagni, dénonçant cette hausse et demandant une annulation de cette majoration, considérant les besoins de mobilité des Corses.
En l’absence de CHU et de TEP Scan sur l’île, plus de 26.000 déplacements médicaux vers le continent sont enregistrés chaque année pour accéder à des soins spécialisés, soulignant ainsi l’enjeu sanitaire majeur que représente le service public aérien.
À cela, il convient d’ajouter les autres taxes étatiques (taxe sûreté sécurité environnement ; taxe aviation civile) et aéroportuaires alors que la taxe de transport, fixée et perçue par la Collectivité de Corse n’a connu, de son côté, aucune augmentation depuis 1995, et que la taxe consulaire en Corse est largement inférieure à celle des aéroports de Paris, Nice et Marseille.
Ces décisions législatives et réglementaires d’augmenter les taxes aériennes sont des choix subis par la Corse et les Corses, décidés unilatéralement par Paris.
Alors que le tarif résident hors taxes, sur lequel la Collectivité de Corse a compétence, a considérablement diminué depuis 2015, sous l’impulsion des majorités territoriales nationalistes, nous déplorons une hausse du prix total du billet à cause de l’augmentation extérieure de ces taxes.
Ces mesures, si elles sont maintenues, auront des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des Corses, des ménages comme des entreprises, sans compter l’impact sur la compétitivité de la destination touristique insulaire.
Outre cette fiscalité inadaptée, les normes européennes sur les émissions de gaz à effet de serre auront des incidences lourdes dans le coût du transport aérien mais aussi dans le maritime s’agissant du fret.
Cette situation inique est une négation de la réalité objective du fait insulaire. Elle dénature l’esprit et la raison d’être du principe de continuité territoriale, voué à atténuer les contraintes liées à l’insularité, notamment l’absence d’alternative aux transports aérien et maritime (à la différence de citoyens d’un territoire continental qui peuvent recourir au train ou à l’automobile pour leurs déplacements).
Ces mesures, si elles sont maintenues, auront des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des Corses, des ménages comme des entreprises, sans compter l’impact sur la compétitivité de la destination touristique insulaire.
Ces éléments, préoccupants et inquiétants, nous rappellent d’une part, l’impérieuse nécessité d’indexer le montant de la Dotation de continuité territoriale (DCT), destinée à financer le service public aérien et maritime, figée depuis 2009 à 187 millions d’euros malgré l’inflation et la hausse des coûts du carburant, sur les ressources dynamiques de la TVA perçues en Corse, afin de compenser l’explosion des coûts d’exploitation. D’autre part, l’intérêt concret et opérationnel d’une évolution institutionnelle de la Corse vers un statut d’autonomie aux fins notamment de maîtriser une fiscalité adaptée à la réalité insulaire de la Corse et à ses enjeux propres en matière de transports extérieurs.
En attendant, et face à cette bombe à retardement économique et sociale pour les Corses, l’heure est au combat politique et à la mobilisation institutionnelle, démocratique et populaire.
Ils seront menés, à n’en pas douter, comme ils l’ont été chaque fois que l’intérêt vital de la Corse a été menacé (refus d’inscrire les 90 millions d’euros d’amende de la Corsica Ferries au budget supplémentaire de la Collectivité de Corse en novembre 2021, blocage des ports et aéroports en octobre 2024, etc.).
Pà una Corsica maestra di u so destinu è di i so trasporti ! •
Don Joseph Luccioni.








