Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2899

da u 24 à u 30 di lugliu di u 2025

U mo parè

L’autonomie ne se négocie plus

Conseil d'Etat

le 24/07/2025

Par François Joseph Negroni

Il arrive un moment, dans la vie des peuples, où toute ambiguïté devient trahison. Le processus d’autonomie de la Corse est précisément arrivé à ce point d’inflexion.

Depuis deux ans, l’histoire s’est accélérée. L’État a ouvert la porte à une révision constitutionnelle. La Corse, pour la première fois depuis cinquante ans, a parlé d’une seule voix. Une voix ferme, mais ouverte. Résolue, mais responsable. Le compromis historique arraché au terme de négociations longues, fragiles, parfois tendues, est le fruit d’une construction collective inédite. Il a été validé à la fois par l’Assemblée de Corse, à une majorité écrasante, et par le ministre de l’Intérieur lui-même, mandaté expressément par le Président de la République. Ce compromis n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

Le 17 juillet, le Conseil d’État a rendu son avis consultatif. Le 30 juillet, le Conseil des ministres aura à décider de la transmission du projet de loi constitutionnelle. Et déjà, des voix s’élèvent à Paris pour suggérer des ajustements, des réécritures, des « équilibres » à trouver. Mais amender quoi, au juste ? Et pourquoi ? Le projet transmis au Conseil d’État n’est pas un brouillon improvisé. Il est l’aboutissement d’un double compromis : d’une part entre les forces politiques corses, largement réunies au-delà des clivages habituels ; d’autre part entre la Corse et l’État, représenté au plus haut niveau. Modifier ce texte aujourd’hui, c’est rompre cet équilibre patient. C’est remettre en cause la parole donnée. C’est ouvrir une brèche politique dont personne ne peut mesurer les conséquences.

Femu a Corsica l’a affirmé avec clarté lors de son Cunsigliu naziunale extraordinaire du 20 juillet à Corti : il n’y aura pas de compromis sur le compromis. Ce qui est en jeu, ce n’est pas un détail rédactionnel. C’est la cohérence d’un processus. C’est le respect du fait démocratique. C’est la confiance que la Corse peut ou non accorder à l’État. On ne construit rien de solide sur des textes édulcorés, vidés de leur substance. Une autonomie sans pouvoir législatif de plein droit n’est pas une autonomie. C’est une illusion. Un enrobage sémantique pour faire passer un recul.

Ce que nous demandons, ce n’est ni une faveur ni un privilège. C’est la reconnaissance, dans le droit, d’un fait politique : la volonté constante du peuple corse d’avoir les moyens de se gouverner. C’est la formalisation, dans la Constitution, d’un accord entre deux parties. C’est un pari de confiance et de responsabilité. La Corse a fait sa part. L’État doit maintenant faire la sienne. Transmettre tel quel le projet d’écritures constitutionnelles au Parlement, c’est la seule manière d’être fidèle à l’accord trouvé. C’est la seule voie pour garantir la stabilité politique de ce processus. Tout le reste serait une régression.

Dans les mois qui viennent, ce combat ne sera pas seulement institutionnel. Il sera aussi territorial, politique, électoral. Car les municipales de 2026 revêtiront une importance stratégique nouvelle. Elles ne seront pas une simple bataille d’appareils, mais une préparation au basculement institutionnel à venir. Gouverner une commune, demain, ce sera aussi inscrire son action dans un cadre autonome, avec des responsabilités nouvelles, des leviers renforcés, une cohérence à construire à l’échelle du pays tout entier. Ce sera penser le territoire avec des outils nouveaux, pour des défis nouveaux.

Le moment est donc décisif. Et il exige de la clarté. Nous n’accepterons pas un simulacre d’autonomie. Nous ne validerons pas un détricotage du compromis. Nous ne trahirons pas la confiance des Corses. Ce que nous défendons aujourd’hui, ce n’est pas un texte figé : c’est une orientation historique. Une chance, peut-être la dernière, de bâtir un modèle insulaire digne de ce nom. Une autonomie pleine, vivante, capable de transformer en profondeur l’action publique, de répondre aux défis du foncier, de la langue, de l’énergie, de la santé, du développement.

Femu a Corsica sera fidèle à la parole donnée. Fidèle à l’accord signé. Et fidèle à ce qui nous rassemble : la volonté de construire un avenir commun, dans la dignité, la justice et la vérité. •

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