Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2929

da u 26 di marzu à u 1u d'aprile di u 2026

U mo parè

Bastia a choisi

Gilles Simeoni

le 25/03/2026

Par François Joseph Negroni

431 voix. C’est l’épaisseur d’une victoire. Rien de triomphal dans ce chiffre — rien d’écrasant, rien de définitif. Et pourtant, tout est là. 431 voix, c’est ce qui sépare dimanche soir Gilles Simeoni d’une coalition qui avait mis douze mois à se construire, mobilisé cinq courants politiques, rassemblé la droite et les radicaux, les centristes et les déçus du nationalisme, autour d’un seul objectif : défaire ce que le mouvement national a patiemment bâti à Bastia depuis 2014. Ils n’y sont pas parvenus. Bastia a choisi.

44,49 % pour « Bastia Inseme ». 41,68 % pour la coalition « Uniti per dumane ». 13,84 % pour le Rassemblement national et ses alliés. 68,52 % de participation — en hausse de plus de cinq points par rapport au premier tour, déjà exceptionnel. Ces chiffres-là ne disent pas seulement une soirée électorale. Ils disent une ville qui s’est levée. Qui a compris que quelque chose se jouait. Qui a refusé, à une majorité relative mais réelle, de rompre avec une ligne politique construite dans la durée et portée avec exigence.

Ce que cette victoire porte
Il faut mesurer ce que signifie ce résultat dans l’épaisseur de l’histoire. Gilles Simeoni retrouve Bastia. En 2014, la ville avait été le premier signal fort : le nationalisme pouvait gouverner, administrer, décider. Il pouvait être la solution, pas seulement l’opposition. Ce dimanche soir prolonge et confirme cette démonstration, dans un contexte bien plus difficile : une opposition unifiée comme rarement, une pression électorale maximale, un contexte national qui n’aide pas. Et pourtant.
Derrière ce résultat, il y a des épaules. Celles d’Edmond Simeoni et de toutes celles et tous ceux qui avec lui ont dit non au renoncement. Celles des militantes et des militants, connus et anonymes, qui ont tenu la permanence, distribué le tract, frappé à la porte, défendu l’idée dans les cafés quand elle n’était pas encore populaire. Celles de Pierre Savelli, qui a géré la ville avec rigueur pendant six ans. Cette victoire n’appartient pas à un homme. Elle appartient à un mouvement. Et un mouvement, ça se nourrit de tout ce que chaque génération accepte d’y mettre.
« Ce soir, c’est une victoire pour le nationalisme, pour les forces de progrès, pour Bastia et sans doute pour la Corse. » Ce sont les mots de Gilles Simeoni au soir du 22 mars. Des mots simples, sans emphase inutile. Des mots qui relient. Qui replacent la victoire municipale dans ce qu’elle est réellement : un maillon dans une chaîne, un jalon dans un projet, un pas dans une marche qui a commencé bien avant et qui doit continuer bien après.

La victoire serrée appelle la lucidité
431 voix. Il faut y revenir, parce que ce chiffre-là exige de l’honnêteté. Julien Morganti et Jean-Martin Mondoloni ont réalisé en fusionnant leurs listes un résultat qu’aucun des deux n’aurait atteint seul. La mécanique anti-nationaliste a fonctionné. Elle a mobilisé, convaincu, rassemblé. Et si le camp de Gilles Simeoni l’a emporté, c’est aussi parce que les Bastiaises et les Bastiais qui ont voté « Bastia Inseme » ont su, eux aussi, se lever. Dans les quartiers, dans les familles, dans les cercles où le combat n’est jamais évident.
Ce résultat dit donc deux choses en même temps. Il dit que la majorité nationaliste tient. Il dit aussi que rien n’est acquis. Que le travail de terrain ne peut pas être une campagne tous les six ans. Qu’une victoire à 431 voix oblige — oblige à rester connecté, à expliquer, à démontrer, à être présent là où les problèmes se vivent. Dans les rues de Montesoru, de Lupinu, des Salines, de la citadelle, du Cap. Partout en Corse.

Un nouveau cycle s’ouvre
Gilles Simeoni a dit que cette victoire « ouvre un nouveau cycle ». Il a raison. Et ce cycle doit être défini avec précision. Ce qui est attendu d’une mairie nationaliste à Bastia, c’est la démonstration que gouverner une ville selon nos valeurs produit des résultats tangibles, visibles, mesurables dans la vie des gens.
Le logement d’abord. Bastia souffre comme le reste de la Corse d’une pression spéculative qui expulse les siens vers la périphérie. Une mairie autonomiste doit porter ici une politique ambitieuse : foncier maîtrisé, partenariats solidaires, logements accessibles aux familles corses qui veulent rester dans leur ville. Ce n’est pas une utopie — c’est une obligation politique.
La langue ensuite. Bastia peut être un laboratoire du corse vivant, una Cità Immersiva : dans les services municipaux, dans les noms des rues, dans les équipements culturels, dans la commande publique aux artistes et aux créateurs.
L’économie productive, enfin. Bastia n’est pas seulement un centre administratif. C’est un port, des commerces, un bassin de compétences. Une mairie qui pense à vingt ans doit travailler à créer les conditions d’une économie qui produit de la valeur ici, qui retient les jeunes, qui rend possible l’installation, l’entreprise, la création. Pas la rente. La construction.

L’Histoire ne s’arrête pas dimanche soir
Le mouvement national a su gagner des élections. Il a appris à gouverner. Il lui reste maintenant à démontrer, ville par ville, mandat après mandat, que la politique nationaliste produit une différence concrète dans la vie des gens ordinaires. C’est cela, le véritable test. Le quotidien d’une infirmière bastiaccia. Le budget d’une famille de Lupinu. L’avenir d’un jeune diplômé de l’université de Corse qui voudrait travailler ici sans partir.
C’est dans cette réalité-là que se jouent désormais les batailles, dans les rues, dans les projets, dans les arbitrages budgétaires, dans les décisions qui ne font pas la une mais qui façonnent une ville. Et c’est à cette aulne-là que le mouvement national sera jugé. Par ceux qui ont voté « Bastia Inseme » dimanche. Par ceux qui ne l’ont pas fait. Et par ceux qui, dans six ans, se demanderont ce que cette victoire aura changé.
Bastia a choisi. À nous, maintenant, de mériter ce choix. De le transformer en actes. De prouver, une fois encore, que la liberté ne se gagne pas seulement dans les urnes — elle se construit, jour après jour, dans la capacité d’un peuple à gouverner ses propres affaires avec intelligence, exigence et conviction. Ce chantier commence maintenant. •

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