« Nous sommes des mouvements, des collectifs et des citoyennes et citoyens engagés qui choisissons de mettre nos forces en commun. Sans renoncer à nos parcours ni à nos sensibilités, nous faisons le choix du rassemblement autour de valeurs partagées pour construire une dynamique politique nouvelle en Corse, à gauche, écologiste, solidaire et démocratique ».
En cette fin de mois d’août, trois partis progressistes – Ecologia sulidaria, Via citadina et Ghjuventù di manca – se sont regroupés pour ressusciter la gauche en Corse. Ni nom imposé, ni structure, ni porte-parole, l’objectif est de fonder une démarche nouvelle, donc d’accueillir et de se « laisser irriguer » par la réflexion citoyenne pour construire avec d’autres cette démarche qui a vocation à s’exprimer au niveau territorial, sans interférer dans les stratégies de chacun de ces mouvements au niveau municipal, ou même national. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de mot d’ordre a priori pour les prochaines présidentielles par exemple. Ce qui motive ces initiateurs, c’est le projet, considérant qu’un projet de gauche manque au débat public, inquiets qu’ils sont de l’émergence de l’extrême droite. Ils s’affirment autonomistes et prônent « une véritable autonomie politique, permettant aux Corses de décider davantage pour eux-mêmes et de construire des solutions adaptées aux réalités de l’île. Nous croyons en une autonomie qui contribue à préserver son histoire, sa langue, son patrimoine, sa culture, et qui s’attache à produire ce dont elle a besoin : son énergie, son alimentation et ses richesses. Une autonomie nourricière, durable, tournée vers l’intérêt collectif et fondée sur « u cumunu », nos « communs ». Nous voulons développer une économie locale forte, protéger les terres agricoles et préserver nos ressources naturelles. Nous refusons la spéculation, la bétonisation et la destruction des espaces naturels. Nous voulons une société plus juste, où les richesses ne soient pas captées par quelques-uns pendant que le reste de la population peine à vivre dignement. »
Autre point fort développé, cette démarche veut combattre « le clientélisme, la corruption et les systèmes mafieux qui affaiblissent la démocratie et bloquent l’avenir de l’île », elle veut contribuer à bâtir « une société respectueuse du vivant, des espèces, des différences et des générations futures. Une société fondée sur la responsabilité, le bien-être, la transmission, la justice et le respect de notre destin commun. Nous faisons de la santé une valeur essentielle, fondée sur l’accès aux soins pour tous, la prévention, la protection des plus fragiles, le bien-être physique et mental. Nous défendons la liberté de conscience dans les décisions collectives et l’espace commun. Nous croyons qu’une société forte est une société solidaire. Peu importe l’origine, le genre, le parcours ou le handicap : chacun a sa place et apporte sa contribution » dit encore ce mouvement en construction qui refuse « le repli identitaire et les discours qui divisent les Corses pour détourner l’attention des véritables problèmes. La Corse dispose des ressources humaines, naturelles et culturelles nécessaires pour maîtriser son destin et relever les défis de demain. Encore faut-il en reprendre pleinement la responsabilité collective. En nous unissant, nous faisons le choix de transformer ce potentiel en puissance d’action politique : pour décider ici, construire ici et agir ici, au service de l’intérêt général et de l’avenir de l’île ».
Même si des personnalités comme Agnès Simonpietri, ancienne conseillère exécutive, Sacha Bastelica, leader d’une gauche progressiste aux municipales de Bastia (6,5%), Charlotte Cesari, tête de liste de l’union de la gauche à Aiacciu (8%) ou encore Anne-Marie Luciani, ancienne conseillère municipale sous Simon Renucci à Aiacciu, portent avec d’autres le mouvement, celui-ci se veut en rupture avec les partis quels qu’ils soient. Et avec donc les territoriales 2028 en ligne de mire. •








