Le golfe de Sant’Amanza abrite de multiples espèces protégées et fait l’objet de nombreuses protections : Parc marin international di i Bocchi di Bonifaziu, Réserve naturelle di i Bocchi di Bonifaziu, site Natura 2000, directive « Oiseaux » (îles Lavezzi) et directive « Habitat-Faune-Flore » (îles des Moines), espace remarquable de la loi Littoral, et donc Padduc… Un espace remarquable l’est parce que nécessaire « au maintien des équilibres biologiques » ou parce qu’il présente « un intérêt écologique » de par « les milieux abritant des concentrations naturelles d’espèces animales ou végétales telles que les herbiers, les frayères, les nourriceries et les gisements naturels de coquillages vivants, ainsi que les espaces délimités pour conserver les espèces en application de l’article L411-2 du code de l’environnement et les zones de repos, de nidification et de gagnage de l’avifaune désignée par la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages »….
Si donc des protections sont mises en place, c’est bien pour protéger. Nullement pour être empêcheur de tourner en rond, lorsque à la vue d’un golfe, une ZMEL est décidée. ZMEL, c’est une zone de mouillage et d’équipements légers pour la grande plaisance (les yachts).
Par arrêté inter-préfectoral du 31 mai 2021, la commune de Bonifaziu a autorisé à mettre en place donc 14 postes de mouillage pour la grande plaisance (navires de 24 à 75 mètres de long) dans le golfe de Sant’Amanza pour une durée de trois saisons du 15 juin 2021 au 31 octobre 2023.
L’associu U Levante a attaqué cette décision. Mais le temps de la justice est hélas un temps long qui laisse déroger aux protections sensées protéger des espaces sensibles ! Ce qui est dérangeant, c’est que ceux qui dérogent sont ceux tenus de veiller à l’application de la loi…
Ainsi deux arrêtés inter-préfectoraux en 2024 et en 2025 ont prorogé la durée de la ZMEL jusqu’à octobre 2025. Pire, le 2 juillet 2026, l’État et la commune de Bonifaziu ont signé une nouvelle convention pour prolonger encore l’exploitation de la ZMEL de deux ans.
Alors que le 10 juillet 2026, le Tribunal administratif (enfin !) annulait l’arrêté initial de mai 2021 ! Autant dire que nous sommes dans un imbroglio juridique pas du tout innocent puisque l’État, comme par hasard, se précipite à signer cet arrêté alors qu’était largement pressentie la décision du TA quelques jours plus tard (le rapporteur public en juin avait demandé l’annulation : outre les protections citées plus haut, pas d’enquête publique initiale, pas d’avis du Conseil des sites).
« Le golfe de Sant’Amanza, zones Natura 2000 et partie de réserve naturelle est sans contestation possible un espace remarquable et les deux ZMEL ne pouvaient pas et ne peuvent pas y être autorisées » rappelle U Levante, « le choix politique de l’installation de ZMEL dans les aires marines protégées est des plus contestable car il tend à pérenniser dans le temps l’accueil de navires démesurés dont la présence est en réalité incompatible avec la protection des espaces naturels fragiles de la Corse… et avec la sobriété que devrait imposer le réchauffement climatique. »
Iè ma capisci, c’est pour le tourisme de luxe !
Rendez-vous à la saison 2027. •








