Nous avons adressé le 25 mars à la rédaction de Corse-Matin de Bastia le courrier ci-dessous, dans son intégralité. Il risque de paraitre avant sa sortie dans le quotidien. Nous ne savons pas d’ailleurs quand il sera publié ou même s’il le sera. Nous vous en informerons.
M. le rédacteur, Auriez-vous l’obligeance de faire paraître la note ci-après qui adresse une question à Marceddu Jureczek à propos de l’interview qu’il a accordé à Noël Kruslin paru en page 8 du Corse-Matin du 23 mars ?
Veuillez bien croire à toute ma considération.
Max Simeoni.
“Monsieur Marceddu Jureczek, le seul agrégé de Corse interviewé par Noël Kruslin le 23 mars, la veille de la manifestation à l’appel du collectif Parlemu Corsu, a exposé sa position : la coofficialité ne résoudrait rien et les défenseurs de la langue n’obtiendrait pas davantage en tentant d’accentuer le rapport de force avec l’État.
«… l’État ?… restera sur sa position jacobine… la manifestation ?… une volonté de prolonger ce rapport de force… ça ne servira à rien…» Le journaliste rappelle que le professeur, il y a un an, regrettait l’absence de transmission dans le cercle familial et affirmait aussi « que sauver la langue n’est pas la mission de l’école », « c’est à nous de nous mettre au travail », « nous disposons quand même d’une certaine marge de manoeuvre » et il avance deux idées pour illustrer ce dernier propos.
- La CdC pourrait faire du corse sa langue, en dix ans elle pourrait former tous les personnels à l’expression orale et écrite.
- L’Adec pourrait exiger l’usage du corse dans les entreprises qu’elle aide, et en formant les employés.
Il conclue qu’il aime son pays et sa langue, ce dont je suis convaincu. Par contre, la « certaine marge de manoeuvre dont nous disposons » fondée sur notre seul volontarisme me paraît insuffisante. Évidemment il le faut, oui il faut se prendre en mains. Sans la volonté farouche des concernés, les Corses, leur langue ne peut que disparaître. On sait qu’on ne peut pas donner procuration pour la sauver.
Avant d’en dire d’avantage, je voudrais poser une question à l’agrégé de Corse.
A-t-il lu le rapport Unesco sur les langues minoritaires ? Je donne la référence à toute fin utile :
https:/./ich.unesco.org/doc/src/ 00120-FR.pdf.
S’il l’a lu, ou après en avoir pris connaissance, qu’il dise ce qu’il en pense car beaucoup d’arguments qui y sont développés sont opposables aux siens et qu’il les réfute pour nous éclairer.
Chacun peut d’ailleurs se faire une opinion sur cette disparité en comparant le rapport de l’Unesco et l’interview de Marceddu Jureczek.
Cette note en toute humilité et pour éclairer les Corses attachés à leur langue et qui combattent pour sa survie. »
Max Simeoni.








