Une toute jeune femme de dix-neuf ans a payé de sa vie sa fréquentation d’un voyou alors que fait rage une nouvelle guerre mafieuse sur l’île. « Tuée par méprise », comme l’avait été il y a six ans Jean Livrelli, le garagiste retraité de Bastèlica, elle allonge la liste des victimes des méfaits insupportables que ces mafieux imposent à la Corse.
Cette fois une manifestation sera organisée prochainement à Aiacciu, à l’appel des deux collectifs Massimu Susini et A vita iè, a maffia nò. On peut attendre une participation très forte tant le sentiment est grand dans la population que la réponse de la société à cette dérive mafieuse n’est pas à la hauteur des enjeux.
Quelques semaines après le meurtre du Lamparo à Aiacciu, où un jeune pompier, Pierre Louis Giorgi, a été abattu lors d’une rixe futile de comptoir, la mort de cette jeune femme au volant de la voiture de son compagnon visé par d’autres assassins vient ajouter un drame supplémentaire. Il faut impérativement trouver les moyens d’arrêter tout cela.
Juste après la manifestation d’Aiacciu, l’Assemblée de Corse tiendra un débat très attendu, préparé par de multiples réunions avec les associations, mais sans la participation de l’État qui pourtant détient l’essentiel des clefs pour apporter des solutions, policières, judiciaires et sociétales. Cette indifférence affichée doit être dénoncée.
La récente élucidation d’un meurtre par le témoignage sous le statut de repenti d’un mafieux italien qui s’était caché en Corse après s’être évadé de prison en Sardaigne, a montré que la législation italienne apporte une efficacité bien meilleure que celle en vigueur en France.
Dans le cas d’espèce d’un affrontement entre gangs, le statut de repenti peut être la porte de sortie pour un des bandits acculé par ses poursuivants, dont le témoignage permettrait alors d’emprisonner l’ensemble des acteurs et de stopper les règlements de comptes en cours.
La police sait à peu près tout des bandes et de leurs rivalités. Et pourtant les tueurs continuent de proliférer, les fugitifs de se cacher, les réseaux mafieux de recycler l’argent sale, et les têtes de réseau de parader en ville. Sans une réforme forte qui permette aux juges d’incarcérer et de poursuivre les quelques dizaines de protagonistes de ces bandes, la société restera impuissante.
Il est plus que temps d’apporter des solutions nouvelles, dont le volet répressif est le plus attendu. •








