Ainsi en a décidé une majorité de députés le mercredi 8 avril dernier, par 131 voix pour, et 100 voix contre.
Avant ce vote, l’Assemblée nationale a connu un de ses débats les plus décousus de l’actuelle mandature, autour de la proposition de loi déposé par le groupe macroniste en faveur de création d’une collectivité d’Alsace à statut particulier, qui permette à l’Alsace de sortir du Grand Est, région aberrante, créée sans la moindre concertation du temps de François Hollande, il y a 10 ans, contre l’avis clairement exprimé des alsaciens.
Depuis, ce sentiment anti-Grand Est n’a fait que croître en Alsace, comme l’a montré le sondage IFOP réalisé à la demande de R&PS en août 2025, 80 % des alsaciens ayant exprimé leur volonté de sortir de la région Grand Est, pourcentage en hausse de 12 points par rapport à un sondage précédent datant de 2019.
Aiguillonné par plusieurs députés alsaciens dont l’ancienne ministre Brigitte Klinkert, le groupe présidé par Gabriel Attal a engagé le débat sur l’avenir de l’Alsace, pour qu’elle redevienne une région de plein exercice, dotée d’un statut particulier comme l’est la Corse, la métropole de Lyon ou la région parisienne.
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Mais ce projet de loi a rencontré l’opposition forcenée, au nom de la « République une et indivisible », de plusieurs députés qui incarnent une idéologie jacobine poussée à l’extrême. Parmi eux, des élus socialistes, écologistes, et insoumis ont été particulièrement négatifs et ont fait la preuve que la France a un problème existentiel face aux demandes des citoyens dont l’Histoire et la culture ne sont pas résumables au sempiternel « nos ancêtres les gaulois ». Pour cette gauche dogmatique, le comble de l’enfermement idéologique a été atteint ce jour-là.
Du galimatias des interventions plus réactionnaires les unes que les autres, on retiendra l’essentiel, à savoir le vote final qui a adopté ce texte, ce qui permet au projet de réforme de continuer son parcours parlementaire, désormais devant le Sénat. Ce vote a été acquis avec l’apport de voix de plusieurs députés du Rassemblement national qui pourra ainsi se prévaloir auprès des alsaciens, de l’adoption d’un texte qui va dans le sens de leurs aspirations.
Pour la gauche, l’attitude adoptée est donc un naufrage sans précédent. Toutes leurs arguties avaient pour seul but de refuser aux Alsaciens le droit de s’administrer en tant que tels, leur opposant toute une argumentation stéréotypée, à front renversé, mais de même nature, que celle que l’on oppose à la Corse. Aux Corses, on dit qu’ils ne peuvent être autonomes en raison de leur faiblesse économique qui appelle le soutien de subsides venus du continent ; aux Alsaciens on dit l’exact contraire, à savoir qu’ils ne peuvent avoir leur propre région car ils sont excédentaires financièrement, en les accusant de faire preuve d’égoïsme économique. En fait les arguments contraires sont utilisés pour arriver à un même résultat : le refus systématique de toute aspiration territoriale.
« Les Alsaciens ont droit à leur région, parce qu’ils la demandent et veulent être ensemble » : le propos de Paul Molac a balayé tous les faux semblants de ceux qui voulaient simplement faire obstruction à cette demande légitime. •
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