La bonne nouvelle du week-end est venue de Budapest, avec la lourde chute de Viktor Orban, malgré le soutien tapageur que lui avait apporté l’administration américaine. Concernant Donald Trump, on reste abasourdi par le décalage manifeste entre les communiqués de victoire qu’il publie avec emphase et majuscules sur les réseaux sociaux, et les résultats militaires et politiques réellement obtenus. L’autocrate de Floride ne pourra pas sortir indemne de la grave crise qu’il a lui-même ouverte au Moyen Orient.
Dans les résultats de l’élection législative hongroise, plus encore que l’arrivée au pouvoir de Peter Magyar, nouveau Premier ministre, c’est l’ampleur de son score qui est rassurante : les deux tiers du Parlement reviennent à sa formation politique, et il a quinze points d’avance sur Viktor Orban dont on sait pourtant à quel point il avait réussi à contrôler les médias et à museler l’opposition durant les seize années passées à la tête du pays. Et tout cela est survenu dans un contexte de mobilisation très forte, manifestée par un taux de participation de 78 %, dix points de plus que lors de la précédente élection.
Le message envoyé par les Hongrois est donc massif et déterminé et il tient en un choix essentiel, le choix de l’Europe, dont Orban avait fini par éloigner leur pays, à travers son soutien inconditionnel à l’administration américaine, et, aussi, par une complicité ouverte avec la Russie de Vladimir Poutine. C’est là une nette victoire pour l’Europe.
Premier effet de cette victoire : le programme européen de soutien à l’Ukraine, jusque là empêché par le véto hongrois, devrait pouvoir être rapidement débloqué. Et ne plus avoir Viktor Orban et ses ministres à la table des discussions européennes, alors qu’ils échangeaient en direct durant les réunions avec des dirigeants russes, était une nécessité de salut public. Merci au peuple hongrois d’y avoir démocratiquement remédié ! Quant à Donald Trump qui avait mis tout son poids en faveur de la réélection d’Orban, il doit lui aussi méditer la leçon.
Cependant, les soubresauts de la politique européenne sont devenus secondaires pour lui, surtout si l’on considère ses difficultés actuelles dans sa guerre contre l’Iran.
Avant que cette guerre ne soit engagée, l’économie mondiale bénéficiait de la liberté totale de navigation dans le détroit d’Ormuz. Depuis le déclenchement des hostilités par les USA, l’Iran utilise son avantage géographique de pays limitrophe du détroit pour interdire, ou bien autoriser tout en les rançonnant, chaque passage dans ou à proximité de ses eaux territoriales. Puis ce sont les américains eux-mêmes qui ont décidé de tout bloquer ! Avant de rétropédaler et de décréter un blocus ciblé, consistant à empêcher tout transit pour les bateaux provenant ou allant vers des ports iraniens.
En fait, personne n’arrive à y voir clair, et des centaines de bateaux continuent de faire des ronds dans l’eau de part et d’autre de ce détroit stratégique, avec des conséquences incalculables sur l’économie
mondiale.
Donald Trump, comme il en a l’habitude, a décidé de basculer dans la surenchère. Mais cette position est-elle susceptible de faire céder Téhéran dans le cadre des négociations du cessez-le-feu qui est encore théoriquement en vigueur ? Est-elle tenable alors qu’elle atteint tous les pays alliés des USA, pays du golfe qui sont privés d’exporter, et les autres qui voient les prix du pétrole flamber comme jamais ? Sans compter les clients habituels de l’Iran, comme la Chine ou l’Inde, qui vont forcément contester, d’une manière ou d’une autre, ce blocus qui les asphyxie. La pression vient de partout pour que le détroit d’Ormuz soit réouvert, et c’est le président américain qui s’y oppose désormais !
Ce constat résume l’enchaînement erratique des différentes étapes de cette guerre aux conséquences hors de contrôle. D’heure en heure, ordres et contre-ordres se succèdent. En raison de son absence de maîtrise de la situation, Donald Trump s’affaiblit sur la scène mondiale, et également en politique intérieure aux États-Unis.
Pour l’autocrate de Floride, enlisé dans le conflit du Moyen Orient, l’heure est désormais au reflux politique. •








