Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2935

da u 7 à u 13 di maghju di u 2026

Carine Balli Acquaviva, directrice de la SCIC d’exploitation des Eaux d’Orezza

« Le modèle est celui qu’il fallait »

Orezza

le 06/05/2026

Par Fabiana Giovannini

Juriste de formation, spécialisée en droit public et sciences politiques, Carine Balli Acquaviva est attachée principale entrée sur concours à la région Corse. D’abord en charge des affaires européennes et internationales de la Collectivité territoriale de Corse pendant plus de 20 ans, elle intègre en 2016 le cabinet du président du Conseil exécutif en tant que conseillère aux affaires européennes et chef de cabinet adjointe à l’antenne de Bastia. En 2018, elle occupe le secrétariat général de la Chambre des territoires. En 2021, elle rejoint en détachement le Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate en tant que directrice générale adjointe. Elle réintègre la CdC en mai 2023 comme chargée de mission sur les projets stratégiques dont Orezza. C’est donc elle qui a monté le projet de SCIC et qui fort logiquement a été sollicitée pour en prendre la direction générale. Mise en disponibilité en janvier 2026, elle a pu prendre un mandat social pour diriger cette entreprise au côté de Gilles Giovannangeli alors président de l’Office hydraulique. « C’est grâce à sa vision et son portage politique que ce projet a pu voir le jour » confie Carine Balli Acquaviva à propos du nouveau président du Conseil exécutif.
Elle relate aux lecteurs d’Arritti cette première année de la toute nouvelle société coopérative d’intérêt collectif des eaux d’Orezza.

L’acqua citosa fète ses 170 ans cette année, un joyau de l’économie corse pour lequel nous nous sommes inquiétés à plusieurs reprises dans l’histoire. Mais elle est toujours là et ces 170 ans coincident avec la première année de la SCIC, expliquez-nous le principe de cette nouvelle mode de gouvernance ?
Le principe, mais j’ai envie de dire au-delà du principe, la philosophie de ce projet et son point de départ a été la volonté politique du nouvel exécutif de la Collectivité de Corse, créée en 2028, de rendre aux corses la richesse générée par l’exploitation des eaux d’Orezza. Dans cette perspective, le modèle de société coopérative d’intérêt collectif associant les salariés, les collectivités locales (CdC, communauté des communes Castagniccia-Casinca et les 14 communes de la Vallée d’Orezza), un partenaire financier (la Cadec) et des privés dit « bénéficiaires » (les associations de sauvegarde du patrimoine de la Vallée) s’est rapidement imposé comme une évidence. Actionnaires, tous devenaient codécideurs et la garantie que les actifs stratégiques générés resteraient en Corse était assurée.
En effet, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) est une entreprise coopérative à capital variable constituée sous forme de SARL, SAS ou SA (en l’espèce pour Orezza le choix fait est celui d’une SAS) qui a pour objet « la production ou la fourniture de biens et de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale. »
L’utilité sociale est caractérisée par l’adoption d’un projet social important (augmentation des salaires de 20 % par rapport à la convention collective, mise en place d’une prime de participation et d’une prime d’intéressement) et l’intérêt collectif est matérialisé par la gouvernance partagée : 5 collèges ont été institués et le vote se fait selon le principe d’un homme = une voix.

Où en sommes-nous aujourd’hui de la production, et quels sont les projets pour l’avenir ?
La production a augmenté depuis la reprise en SCIC de 20 %.
S’agissant des projets, nous avons déjà investi en rénovant les bâtiments administratifs et procédé à une remise aux normes des vestiaires et de la salle de repos. Nous avons également intégralement repensé les espaces de visite du kiosque en enlevant les barrières et en plantant des essences plus endémiques.
Les projets à venir sont la fabrication de notre gamme aromatisée avec des arômes issus des laboratoires de l’Atelier Corse de Jean-Do Valentini, et la rénovation de certaines unités de la chaîne de production. Pour cela, nous avons engagé une réflexion sur la modernisation de l’outil de production dans une dynamique de transition écologique avec l’AUE et l’Ademe. Une programmation pluriannuelle d’investissement est en cours de rédaction pour phaser les investissements sur 5 ans.

Carine Balli Acquaviva et le président de l’Exécutif Gilles Giovannangeli (second et troisième en partant de la droite), avec des membres de la fédération des SCIC et des SCOP qui ont accompagné le montage du projet (de gauche à droite, Cyrille Rodriguez, France Maillé, Serge Giuntoli, et Laure Pargaud).

Orezza fait aussi vivre et espérer toute une microrégion. Combien de salariés ? Quelles retombées pour le territoire ?
La SCIC compte aujourd’hui 27 salariés, 3 saisonniers, un alternant et nous accueillons régulièrement des stagiaires en lien avec l’Université de Corse, le lycée Jean Nicoli et Mines Paris.
Les retombées directes sur le territoire sont les emplois de saisonniers que nous prenons en priorité dans la micro-région. Ce sont ensuite les conseils coopératifs pour lesquels nous faisons systématiquement appel aux restaurants de la Vallée. Ce sont enfin les partenariats et les mécénats pour un montant de plus de 100.000 euros versés aux associations sportives et culturelles de la vallée en priorité et au-delà quand le projet avait un lien avec la transmission intergénérationnelle, la formation de la jeunesse, le patrimoine et la transition écologique (hors partenariats en produits). Nous sommes également mécènes de la fondation de l’université, de la communauté des communes, l’association Sguardi, l’association Opus Corsica, Scola Corsa pour l’année 2025, d’autres arrivent en 2026 (rénovation du couvent d’Orezza aux côtés de la CdC, rénovation du couvent d’Àlandu, couvent de Merusaglia…).
Tous les travaux de rénovation des bâtiments ont été réalisés par des artisans de la vallée et rien n’a été importé du continent.
La forte augmentation du pouvoir d’achat des salariés est un élément important aussi des retombées sur le territoire.

C’est un choix que de conserver la production au cœur de la montagne, quels projets avez-vous pour continuer à vitaliser cette pieve d’Orezza ?
C’est avant tout une obligation légale car nous ne pouvons pas dissocier le captage de la mise en bouteille sinon nous perdons le label d’eau minérale naturelle.
Nous avons pour projet de participer à la réhabilitation de l’ancienne maison à l’entrée sur la route de Piedicroce pour en faire un centre d’interprétation historique qui retracera l’histoire de la Vallée et des hommes, une boutique sera également ouverte et une salle polyvalente permettant d’accueillir des scolaires, des conférences et des séminaires sera conçue de manière modulaire pour permettre une pluriactivité au service des communes, associations et artisans de la Vallée et de la micro-région.

Durant la fête, les enfants de Scola Corsa sur scène !

Le site est néanmoins contraint, notamment pour la question du transport, comment vous organisez-vous au coeur de cette région enclavée ?
Nous avons délocalisé notre dépôt par manque d’espace, il est à Casamozza et nous cherchons un terrain pour le ramener en Castagniccia. Nous optimisons les passages des semi-remorques ce qui nous demande une gestion fine de la logistique à chaque étape de la production.

C’est un beau message aussi pour l’intérieur de manière générale. Et c’est un vrai pari. La SCIC est-elle armée pour répondre à toutes les exigences, en un mot avez-vous les moyens des ambitions nécessaires à la pérennité de l’exploitation de la source ?
La clôture très positive du bilan de ce premier exercice est la preuve que le modèle est celui qu’il fallait. Le succès de la fête que nous avons organisée le 24 avril pour marquer les 170 ans de l’obtention de l’autorisation d’exploiter par Napoléon, l’est aussi. Les gens étaient contents de revenir à la Source, heureux de partager cette richesse et d’échanger à nouveau autour de leur savoir-faire. Donc en un mot : oui.
La SCIC a l’ambition et les moyens humains nécessaires pour réussir ce beau pari. •

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