Le 4 mai dernier, au Grand Hôtel de la Collectivité de Corse, se tenait une conférence dans la continuité de la démarche de prospective initiée par Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse.
Cette démarche, lancée en 2023, fait suite à une idée germée durant la pandémie de COVID-19. Touchant à son but cette année, elle avait vocation à réunir acteurs politiques, universitaires, syndicaux, culturels, associatifs et spécialistes de tous domaines autour d’une même table. L’objectif : s’accorder d’abord sur un diagnostic de notre époque, afin de mieux se projeter vers l’avenir sous forme de variables qui, une fois additionnées, révèlent des scénarios potentiels pour les temps à venir.
La synthèse de ces travaux prospectifs a pour but d’aider les décideurs d’aujourd’hui et de demain à prendre les meilleures décisions, afin de tendre vers les éventualités les plus enthousiasmantes.
Cette conférence, intitulée « Mettre les futurs en débat : regards croisés sur la prospective comme aide à la décision publique », était organisée en présence de Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan. Pour ce dernier, la démarche de la présidente de l’Assemblée de Corse a trouvé un écho particulier : ayant lui-même initié il y a quelques mois une démarche similaire intitulée « France 2035, France 2050 » et pour qui « Corsica Pruspettiva 2050 » a été précurseure en la matière.
« Lorsqu’il y a quelques mois j’ai pris mon bâton de pèlerin pour convaincre les régions de faire de la planification et nous aider dans notre travail, ici ça a été facile : vous aviez commencé avant, vous avez été avant-gardistes. »
À cette occasion, Marie-Antoinette Maupertuis a présenté les scenarii retenus lors des travaux, qu’elle affirme avoir menés avec comme seule boussole en tête les générations à venir, à qui la sienne remettra un jour les clés de la Corse.
L’échange a permis de croiser des constats et des craintes communes, en particulier concernant la jeunesse. La présidente a exposé ce qui, pour elle, représente le chiffre le plus préoccupant : celui qui prévoit 2,4 seniors pour 1 jeune en 2050, contre 1,4 senior pour 1 jeune de nos jours.
Pour Clément Beaune, « le problème n’est pas la décroissance démographique, il y a même des avantages, notamment écologiques, à être moins nombreux, c’est le ratio négatif entre jeunes et seniors qui est problématique. »
Espérons que ces constats nous permettent de trouver des solutions et de prendre les décisions nécessaires pour infléchir la tendance. Il s’agira maintenant pour la Collectivité de Corse de se servir pleinement de ce travail. Le nouveau président du Conseil exécutif, Gilles Giovannangeli, fraîchement élu, a d’ailleurs affirmé dans son discours d’installation que le travail de Corsica Pruspettiva 2050 était « remarquable, et je pense que le Conseil exécutif peut mieux et doit mieux en profiter ». •








