Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2937

da u 21 à u 27 di maghju di u 2026

Projet de loi constitutionnelle

À l’épreuve du droit

Assemblée nationale

le 21/05/2026

Par François Joseph Negroni

La navette parlementaire a été inversée. Le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome sera examiné en premier par le Sénat. Après plusieurs reports, et un long ballet entre la présidence du Sénat, celle de l’Assemblée nationale et le gouvernement, c’est finalement la chambre haute qui ouvrira la séquence. Le texte y sera étudié en commission des Lois avant son passage dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, puis transmis à l’Assemblée nationale, avant l’examen final devant le Congrès réuni à Versailles. Voilà, en quelques lignes, la séquence la plus décisive de notre histoire institutionnelle récente.

Ce calendrier est désormais public, assumé, confirmé.
Il ne se discute plus. Il s’agit maintenant de le tenir, et surtout de tenir ce que ce calendrier doit produire : un texte intact, fidèle à l’accord arraché à l’État au terme de deux années de négociations. Derrière chaque date, il y a une promesse politique. Derrière chaque étape, le risque d’un détour. Nous savons ce qu’il en a coûté d’aller jusque-là. Nous savons aussi ce qu’il en coûterait de relâcher la pression alors que le Sénat s’apprête à ouvrir le bal.

Ce qui se joue au Palais du Luxembourg
Quand un texte entre en commission des Lois, il quitte la sphère politique pour entrer dans le droit. C’est là que la précision rédactionnelle prend force constitutionnelle. C’est là, aussi, que se logent les tentations. Un mot retiré, un alinéa réécrit, une virgule déplacée, et c’est l’esprit du compromis qui vacille. Le projet transmis n’est pas un brouillon : il est l’aboutissement d’un double équilibre, entre les forces politiques corses largement rassemblées, et entre la Corse et l’État, représenté au plus haut niveau. Modifier ce texte aujourd’hui, sous prétexte de l’améliorer, ce serait remettre en cause la parole donnée.
Les voix discordantes ne manquent pas, à Paris, pour suggérer des « ajustements », des « équilibres à trouver », des « clarifications nécessaires ». Le vocabulaire est connu. Il sert toujours, sous couvert d’amélioration, à vider un texte de sa substance. Et chacun sait que la majorité sénatoriale, marquée à droite, n’a jamais fait mystère de ses réserves sur l’autonomie corse. Le passage au Palais du Luxembourg sera donc, en lui-même, une épreuve de vérité. Mais l’autonomie législative, la reconnaissance du peuple corse, la spécificité fiscale, le statut de résident, la coofficialité linguistique ne sont pas des points secondaires. Ce sont les leviers que nos territoires attendent depuis 40 ans. Ce sont aussi ceux qui permettront, demain, à une commune de l’intérieur de freiner la spéculation, à une école rurale de transmettre la langue, à une coopérative agricole de structurer une filière.

Tenir la ligne
Pendant que la Corse avance, Paris tangue. Les gouvernements se succèdent, les majorités se défont, les engagements se dissolvent dans les recompositions de couloir. Cette instabilité chronique d’une Ve République à bout de souffle est, pour nous, le premier risque. Car un texte qui n’est pas voté à temps est un texte qui s’enlise. Une fenêtre constitutionnelle qui se referme ne se rouvre pas. L’histoire de notre île est jalonnée de moments où l’État a promis, différé, puis oublié. Nous ne pouvons pas, cette fois, laisser le rythme chaotique du pouvoir central dicter le nôtre.
La Corse, elle, est prête. L’Assemblée de Corse a voté. L’Exécutif a été renouvelé sans heurt : depuis le 4 mai, Gilles Giovannangeli préside le Conseil exécutif, dans la continuité d’un cap fixé démocratiquement, sans rupture, sans calcul personnel. Cette stabilité institutionnelle est notre force. Elle dit quelque chose d’essentiel : un mouvement qui sait se transmettre est un mouvement qui mérite la confiance du droit. Là où Paris peine à former un gouvernement qui dure plus de quelques mois, la Corse construit, élection après élection, la cohérence d’une majorité claire. Cette cohérence n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’un travail patient, engagé depuis Aleria, prolongé par Edmond Simeoni et par toute une génération qui a refusé l’alternative mortifère entre l’abandon et la violence.

Ce que l’autonomie permettra
Il faut redire, sans se lasser, ce que l’autonomie va concrètement permettre. Elle n’est pas une abstraction. Elle est un outil. Un outil pour réguler le foncier, pour protéger les villages de la spéculation, pour garantir à la jeunesse corse le droit d’habiter sa terre. Un outil pour la langue, pour inscrire la coofficialité dans le droit et faire de l’école immersive un pilier reconnu. Un outil pour l’énergie, pour sortir d’une dépendance que la crise d’Ormuz nous rappelle chaque jour avec brutalité. Un outil pour la santé, pour l’agriculture, pour la formation, pour le développement.
L’autonomie n’est pas une revendication parmi d’autres. Elle est la réponse politique aux fragilités structurelles de notre île. La diluer, c’est accepter que la Corse continue à dépendre d’un système qui n’a jamais su répondre à ses besoins propres. La retarder, c’est ajouter une décennie d’érosion sociale et culturelle. La trahir, c’est rompre avec la promesse faite à un peuple qui, dans les urnes, a tracé sa ligne depuis 10 ans.
Les semaines qui viennent seront décisives. Chaque amendement déposé devra être examiné à la lumière de l’accord initial. Chaque débat en commission devra être lu avec lucidité. Chaque déclaration publique, à Paris comme à Aiacciu, devra être pesée. La vigilance n’est pas l’affaire des seuls élus : elle est l’affaire du peuple corse tout entier. Car ce qui se joue dans les bureaux du Sénat puis du Palais-Bourbon, ce n’est pas un dossier parmi d’autres. C’est la traduction, en droit français, d’une volonté politique exprimée par notre peuple depuis dix ans dans les urnes.
Nous avons négocié dans la loyauté. Nous avons accepté le cadre républicain. Nous avons construit, pas à pas, un compromis qui a la force de l’accord et la légitimité du suffrage. Il revient désormais à l’État de tenir parole, et à nous de veiller à ce qu’il la tienne intégralement.
L’autonomie ne se gagnera pas dans les sentiments, mais dans le droit. Et c’est là, désormais, que se livre l’épreuve. •

aue-rect
pietra-rect
mattei-rect
pm-rect

Sustenite

A voce di l'autunumia dipoi sissant'anni

Abbunatevi

Arritti ùn pò campà senza voi !

soleco
ottavi
lmaiacciu
fratelliangeli
casart

Annonces
légales

Publicate i vostri annunzi ind'è Arritti : susteniteci !

Pulìtica naziunale

Attualità

le 06/05/2026

Scontru d’ArrittiU 30 di maghju 2026 à 10 ore di matinaPalazzu di i Guvernatori Citatella di Bastia Cum’è l’avemu fattu…

conférence de presse R&PS

le 02/05/2026

Ce 24 avril 2026, la fédération Régions & Peuples Solidaires, représentée par son président, François Alfonsi, Céline Wira, (Unser Land,…

Quasi 1500 personni trà Bastia è Aiacciu

le 30/04/2026

Scola Corsa hà chjamatu à adunìscesi in Bastia è in Aiacciu stu 28 d’aprile per dumandà a « cuntrattualisazione generalizata,…

Da leghje dinù

Baleine rorqual

Accapu di a reddazzione

le 21/05/2026

« In mare, si ghjoca una battaglia silenziosa » dice u World Wide Fund for Nature, in corsu u Fondu…

30 di maghju, 2 ore è mezu dopu meziornu - Palazzu di Ghjustizia

le 21/05/2026

p4 Manif

Umagiu

le 18/10/2025

Max

ARRITTI lance un appel

le 08/08/2025

Aleria Arritti

Recevez
notre Newsletter

Ricevite l’attualità è i cartulari di a nostra redazzione, per e-mail, una volta à a settimana.

Ricerca