Arritti revient à nouveau sur le cas Philippe Franchini. Une affaire qui perdure de façon scandaleuse et dont nos lecteurs connaissent les tenants et aboutissants. Philippe Franchini est agent pénitentiaire à Casabianda, il est victime d’un abus de pouvoir de sa hiérarchie qui, ne pouvant le licencier, fait tout pour le pousser dehors. Le 6 octobre dernier, Core in Fronte à ses côtés depuis le début, donnait une conférence de presse à Aleria.
Philippe Franchini a beaucoup de soutien, élus, organisations politiques, syndicales, associatives, personnalités, mais son meilleur soutien est le droit. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il a obtenu justice auprès du Tribunal, mais rien n’y fait. Au contraire, la direction qui le harcèle n’en est que plus hargneuse et plus décidée à lui nuire.
On est là face à une vengeance administrative insupportable parce que Philippe Franchini est un homme qui ne se soumet pas à l’injustice et qui se permet de résister. Il a gagné devant les tribunaux, sa hiérarchie entend le lui faire payer.
Core in Fronte donnait une conférence de presse de soutien la semaine dernière pour dénoncer cette situation scandaleuse. Depuis plus de deux ans cet agent est victime d’un acharnement de la part de la Direction du pénitencier de Casabianda en pleine opération de décorsisation. « Il n’y a plus que 13 employés corses sur 73 aujourd’hui, quand hier ils représentaient 95% des salariés de l’établissement » dénonce Core in Fronte. Philippe Franchini est délégué syndical, il applique les règles de la convention collective et veille à l’intérêt des droits des salariés conformément à son engagement syndical. Il dénonce des faits graves, il interpelle la hiérarchie et lorsque cela ne suffit pas, il saisit les tribunaux. C’est ce qu’il a fait pour sa compagne, elle-même harcelée, elle-même en situation de handicap, bafouée dans ses droits. Philippe Franchini a esté alors en justice et la direction a été condamnée à intégrer à son poste Mme Escamila. Depuis lors, cette même direction tente par tous les moyens de le déstabiliser.
Core in Fronte dénonce « une obstination anti sociale, anti corse, incarnée par l’intransigeant et manipulateur actuel directeur du centre de détention ».
Reconnu travailleur handicapé (RQTH), délégué syndical, Philippe Franchini se voit refuser sa reprise d’activité sur son poste d’adjoint technique. Placé à la retraite d’office, sous prétexte d’une inaptitude (pause d’une prothèse de hanche), lui refusant la contre-expertise qui pouvait démentir cette inaptitude. En sus d’un abus de pouvoir, il est donc clairement victime de discrimination lié au handicap, alors que la direction est tenue de lui aménager son poste. Poste, du reste, Arritti le précisait déjà dans un précédent article, qui était déjà aménagé et qui donc n’aurait dû conclure à aucune incapacité ! « Ce qui aurait dû naturellement se conclure depuis longtemps par le maintien d’un salarié dans l’exercice de ses fonctions est devenu par une insensée inflexibilité d’un directeur égocentrique, un conflit qui perdure et qui s’étend. Un conflit qui met en évidence la réalité d’une délibérée politique anti sociale, discriminatoire et anti corse, dont les conséquences désormais dépassent les limites du Centre de détention de Casabianda pour s’étendre sur la région » dénonce Core in Fronte, qui énumère au passage le « CV » du directeur dont le passé témoigne de son comportement de « cowboy » dans les établissements où il a sévi, « n’hésitant pas à outrepasser les règles et limites de sa fonction ». Le mouvement nationaliste cite notamment le cas d’un jeune garçon qui s’est suicidé alors qu’il était sous sa responsabilité et n’a bénéficié d’aucun soutien malgré sa situation alarmante. La commission nationale de déontologie de la sécurité avait noté « l’absence de « dispositions urgentes », « le placement plusieurs jours de suite d’un mineur dans une cellule fenêtre bloquée, sans lumière dans sa cellule, sans télévision ni activité » rappelle Core in Fronte.
Concernant Philippe Franchini, « la question aujourd’hui posée est de comprendre pourquoi les autorités concernées, et celles aussi saisies, à l’instar de la Préfecture, laissent pourrir la situation au point désormais de prendre le risque d’accentuer les tensions. Une accentuation qui devient croissante, attisée par une attitude désinvolte et provocatrice qui pèse désormais sur Aléria et aux alentours » interpelle Core in Fronte.
Core in Fronte et le comité de soutien à Philippe Franchini réclament :
– l’ouverture de nouvelles discussions avec toutes les autorités concernées.
– le respect du droit au travail pour Filippu Franchini et la reprise de ses activités professionnelles
– le départ de M. Jullian, actuel directeur du centre de détention de Casabianda.
Avà ci vole à falla finita cù stu scàndalu. •








