La flambée protestataire qui a enflammé les lycées et collèges en France a rebondi en Corse où la jeunesse s’est aussi mobilisée. Nos sociétés doivent entendre les ressorts de ce malaise d’une jeunesse promise à un avenir difficile.
Dans le mouvement de colère de la jeunesse, il y a une part de raisons matérielles aisément compréhensibles. Comment admettre d’étudier dans des locaux glaciaux l’hiver et surchauffés l’été ? Comment se résigner à n’avoir toujours pas, plusieurs semaines après la rentrée, d’enseignants dans les classes, notamment dans les matières qui sont déterminantes dans la sélection qui sera exercée en fin d’année par les algorithmes du logiciel Parcoursup ?
Sans doute moins affectée que sur le continent par des conditions matérielles défaillantes dans des locaux plutôt bien rénovés depuis que les établissements scolaires sont de compétence territoriale, la mobilisation lycéenne corse a été moins virulente qu’ailleurs.
Elle n’en est pas moins perceptible dans sa dimension immatérielle : le sentiment de n’être qu’un pion dans un système déshumanisé dont Parcoursup est l’incarnation.
L’école est un lieu d’apprentissage et de socialisation. On y va pour acquérir des savoirs autant que pour trouver sa place dans la société. Or le cadre scolaire se déshumanise à vitesse grand V à coup de logiciels et de directives ministérielles toutes plus bureaucratiques les unes que les autres.
Dans le même temps les jeunes sont inquiets de la crise économique, de la crise du logement qui les prive d’autonomie, et du rabotage permanent des politiques sociales, bourses, aides au logement, etc., ce qui restreint leur pouvoir d’achat et les contraint très souvent aux jobs d’appoint. Tout cela en étant loin d’être certains que le diplôme finalement obtenu leur ouvrira vraiment les portes de l’avenir.
Stemu à sente à a nostra giuventù ! •








