Réuni à Corti, ce 28 octobre, en réponse au sabotage du processus de Beauvau par le Sénat le 26 octobre, le Cunsigliu naziunale de Femu a Corsica a adopté une résolution solennelle en faveur d’un « véritable statut d’autonomie et d’une solution politique globale ». Voici ce texte.
« Le Cunsigliu naziunale de Femu a Corsica, composé des représentants des différentes sections du mouvement, s’est réuni ce jour, mercredi 28 octobre 2026 à Corti.
Il a, dans un premier temps, écouté le compte rendu par la délégation d’élus de la majorité territoriale présents à Paris, des échanges intervenus avec les groupes rencontrés au Sénat et des débats intervenus lors de la séance plénière.
Il a également pris connaissance du contexte dans lequel a été décidé, par le sénateur Parigi, en concertation et accord avec les autres tendances nationalistes présentes sur place, d’annoncer le retrait des nationalistes du processus de Beauvau.
Le Cunsigliu naziunale s’est également prononcé sur la situation politique de crise créée par le vote du Sénat rejetant le projet de loi constitutionnelle concernant le statut d’autonomie de la Corse, après qu’il a été dénaturé à l’initiative principale du groupe Les Républicains.
Le Cunsigliu naziunale a, dans ce cadre, voté à l’unanimité les points suivants :
Femu a Corsica :
– Soutient pleinement le refus du sénateur Parigi de cautionner l’entreprise de démantèlement du projet de loi constitutionnelle sur le statut d’autonomie de la Corse et de l’accord politique qu’il
entérine ;
– Rappelle que le projet d’écritures constitutionnelles a été voté à une écrasante majorité par l’Assemblée de Corse ;
– Souligne qu’au-delà du texte du projet de loi, l’accord politique dont il est partie intégrante inclut notamment les points essentiels suivants :
. Reconnaissance du peuple corse reprise dans la formule retenue par l’Assemblée nationale « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse » ;
. Statut de résident ;
. Statut d’officialité de la langue corse ;
. Pacte budgétaire, fiscal et financier entre l’État, la Collectivité de Corse, les communes et les intercommunalités.
– Que ces points ont été validés à l’unanimité, par écrit, dans le cadre de la Déclaration de politique solennelle du 23 février 2024, y compris par le président du groupe de droite à l’Assemblée de Corse au nom de celui-ci ;
– Réaffirme que l’existence d’un véritable pouvoir législatif est un critère indispensable de l’autonomie, partout en Europe et dans le monde ;
– Dit que la loi constitutionnelle sur l’autonomie devra donc nécessairement comporter ces différents points ;
– Rappelle que le texte voté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026, bien qu’amendé, préserve, au plan politique, ces principes essentiels ;
– Prend acte que le Gouvernement souhaite organiser une rencontre pour rechercher une écriture constitutionnelle susceptible d’être validé par les différentes parties ;
– Demande aux élus de Fà Pòpulu Inseme de refuser de discuter d’un texte qui serait en deçà des principes entérinés dans le projet de loi issu du processus de Beauvau et dans le cadre de l’accord politique global ;
– Propose que, pour le cas où une situation de blocage persisterait, le peuple corse soit appelé à se prononcer avant la fin de l’année par la voie d’une consultation référendaire qui s’imposerait à tous ;
– Invite les nationalistes qui ont soutenu le processus à se réunir dans les prochains jours aux fins de partager et formaliser en commun cette position, et proposer à l’ensemble des forces politiques et des forces vives qui souhaitent que le processus aboutisse de la porter ensemble ». •









