Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2891

da u 29 di maghju à u 4 di ghjugnu di u 2025

U mo parè

Ce qu’il faudra faire, dès demain

Beauvau

le 30/05/2025

Par Fabiana Giovannini

Le processus de Beauvau, s’il va jusqu’à son terme, doit déboucher sur un statut d’autonomie pour la Corse d’ici la fin 2025. Ce n’est pas un détail institutionnel. C’est un tournant. Peut-être même une des plus grandes responsabilités historiques données à une génération politique.

Évidemment, l’autonomie ne sera ni l’alpha ni l’oméga de notre devenir collectif. Elle ne fera pas, à elle seule, un peuple épanoui, une société harmonieuse ou une économie dynamique. Mais elle peut en être la condition de possibilité. Elle ne nous évitera pas les choix, mais elle nous rendra leur esquive impossible. Elle ne fera pas disparaître nos problèmes, mais elle nous obligera à les affronter nous-mêmes. C’est bien cela, au fond, être autonome : avoir les moyens de décider, et le courage de le faire.

Alors il faut préparer la suite. Non pas le statut pour le statut, mais le projet pour le pays. Dans ce projet, trois axes me semblent absolument incontournables. Trois piliers d’une reconstruction concrète, réaliste, ambitieuse.

1. Éducation, langue, culture : redonner un cap à la jeunesse corse

Aucun peuple ne peut se penser dans l’avenir s’il ne commence pas par se transmettre dans le présent. L’éducation doit redevenir une priorité politique, pas une ligne budgétaire. Une priorité culturelle, pas un simple enjeu scolaire. Une priorité identitaire, pas une incantation nostalgique.

Nous devons construire un véritable système de formation corse, exigeant, de haut niveau, enraciné dans notre réalité insulaire et ouvert sur le monde. Une école qui parle de nous, sans se refermer. Qui donne aux jeunes les clés pour comprendre leur histoire, leur langue, leur territoire — mais aussi pour innover, créer et transformer.

Il faut offrir à la jeunesse corse des filières de qualité, du CAP au doctorat. Il faut qu’ils puissent choisir la Corse, non par défaut, mais par ambition. Qu’ils puissent se former ici, s’épanouir ici, s’engager ici. Cela commence dès l’enfance, par un accès massif à la langue corse, à notre patrimoine, à notre mémoire.

Le projet de pays commence dans les crèches et se poursuit dans les universités.

Faire que demain, un jeune Corse puisse dire : « Je parle ma langue, je connais mon histoire et je comprends le monde. J’ai envie de le changer, depuis ici. »

2. Travail, reconnaissance, avenir : réconcilier dignité et emploi

Trop souvent, les jeunes Corses entendent la même phrase : « Tu es trop diplômé pour rester ici. » Comme si l’excellence devait forcément s’exiler. Comme si l’ambition devait forcément fuir. Comme si la Corse n’avait rien d’autre à offrir que la précarité ou l’abandon.

C’est cette logique qu’il faut briser. Parce qu’elle est fausse. Parce qu’elle est injuste. Parce qu’elle tue, lentement mais sûrement, l’espoir même d’un pays.

Un statut d’autonomie doit permettre de reconstruire une économie adaptée à nos réalités, nos contraintes, nos atouts. Une économie productive qui valorise le travail sous toutes ses formes — intellectuel, artisanal, agricole, numérique. Qui soutient l’initiative locale, la création d’entreprises mais aussi la coopération. Qui respecte ceux qui tentent et qui travaillent.

Il ne doit plus y avoir, sur cette terre, un seul jeune Corse condamné à choisir entre le chômage et l’exil. Il ne doit plus y avoir de mépris déguisé pour ceux qui veulent réussir ici. Il faut sortir du complexe d’infériorité. Créer les conditions concrètes pour que chacun, quel que soit son niveau d’étude, puisse bâtir une vie digne et épanouissante dans son pays.

3. Logement, terre, transmission : habiter enfin chez soi

Il y a aujourd’hui, dans les regards des jeunes Corses, une colère sourde. Celle de ne pas pouvoir vivre dans leur pays. Celle de voir les prix s’envoler, les villages se vider, les terres se vendre.

Cela n’est plus acceptable.

Une politique du logement corse doit être pensée à l’échelle d’un pays en devenir. Elle doit garantir un droit fondamental : celui de vivre chez soi. De se loger décemment et surtout de transmettre. Pour cela, il faudra des outils puissants : un statut de résident. Un contrôle du foncier. Une mobilisation forte du logement public et du secteur coopératif. Une fiscalité dissuasive contre la spéculation. Et surtout, une volonté politique ferme, constante et assumée.

L’autonomie doit permettre cela. Non pas seulement pour « protéger » la terre — mais pour la rendre habitable. Pour que l’ancrage ne soit pas un slogan, mais une réalité.

Ces trois axes ne sont pas les seuls. Il y aura aussi à repenser la santé, le social, l’énergie, les transports, la démocratie locale ou encore l’agriculture. Il y aura à rebâtir une administration, une fiscalité et une capacité d’investissement.

Mais pour que la promesse d’autonomie soit une transformation réelle, pas une simple réforme de statut, il faudra commencer par là : éduquer, travailler et habiter.

Faire que demain, un jeune Corse puisse parler sa langue librement, exercer un métier digne, vivre sur sa terre, et participer, pleinement, au développement social, intellectuel et politique de la Corse.

L’autonomie ne vaudra que si elle change la vie.

C’est à nous, désormais, d’en faire un levier, et non un mirage. •

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