Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2773

da l’8 à u 14 di dicembre 2022

Cap'artìculu

Déstabilisations

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le 09/12/2022

La déstabilisation de la situation en Corse s’accélère et elle est préoccupante. Est-elle le fait d’un plan concerté exploitant les failles d’une société elle-même instable et donc vulnérable à la manipulation ? Quelle est la part du double jeu des différents acteurs ? Comment sortir la Corse des soubresauts de sa mutation démocratique ?

 

 

Les règlements de comptes entre protagonistes adverses ne règlent rien, c’est bien connu. Ils ne font que relancer la surenchère et l’impasse qui enferme une société entière.

Parmi eux, il y a bien sûr l’appareil d’état qui n’en finit pas de régler ses comptes de l’affaire Erignac. Avec obstination, et sûr de sa force, il s’impose aux acteurs politiques, y compris le gouvernement. Dès l’instant que ceux-là laissent le gouvernail flotter, intentionnellement ou pas, ils ouvrent la porte à tous les boutefeux qui, tout au long des cinquante années de l’histoire de la lutte moderne du peuple corse, n’ont jamais manqué de jeter de l’huile sur le feu. On se souvient de Bernard Bonnet !

Ainsi, les décisions qui se sont succédées à propos du parcours carcéral du commando Erignac, avec pour résultat l’assassinat atroce et suspect d’Yvan Colonna, puis la continuation d’une répression para-judiciaire contre Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, ont une cohérence manifeste. Elle n’est pas celle des discours officiels qui prônent le dialogue. Mais qui exprime en vérité la volonté de l’État ? Au premier manquement manifeste, à savoir la décision de la Cour d’Appel de la juridiction anti-terroriste désavouant la décision de mise en liberté conditionnelle de Pierre Alessandri prise par les juges en première instance, la délégation corse constituée pour participer au dialogue lancé par Gérald Darmanin avait lancé un appel à une « parole politique au plus haut niveau ». Elle n’est pas encore intervenue, et Gérald Darmanin a décidé à deux reprises désormais de repousser un déplacement officiel en Corse. Ce flottement est bien sûr préjudiciable. Il laisse de l’espace à la manipulation des désespérances et il fait ressurgir les démons du passé.

Les vagues d’arrestations dans les milieux proches de Corsica Lìbera sont, nous dit-on, le fait d’une justice indépendante. Cinquante ans d’histoire judiciaire sur l’île démentent ce discours officiel, et force est de constater que personne n’y croit, pas même ceux qui le tiennent. La libération rapide de deux des trois interpellés ajacciens avait laissé croire que « l’incident » serait vite clos, mais il a rebondi aussitôt à Bastia avec une nouvelle vague d’arrestations. Une seule différence : les interpellés sont désormais expédiés à Paris pour éviter les rassemblements de soutien devant les locaux de la police où ont lieu les interrogatoires.

Dans le même temps, des attentats particulièrement malsains se multiplient et indignent. La concession automobile de Jean André Miniconi a été visée à l’identique de l’attentat qui, il y a deux ans, alors qu’il s’était déclaré candidat pour Femu a Corsica aux élections municipales d’Aiacciu, avait mobilisé autour de lui les collectifs anti-mafia. Durant la même nuit, à Corti, c’est l’établissement géré par le fils de Gilles Simeoni, Marc’Andrìa, qui a été lui aussi incendié. Même heure, même mode opératoire, tout laisse à penser qu’il s’agit d’un même commanditaire. Et, au-delà de ces deux cibles bien connues, plusieurs incendies de commerces anonymes, probablement victimes d’un racket mafieux, ont eu lieu alors même que l’Assemblée de Corse vient de tenir une session plénière contre la mafia.

Que restera-t-il du « processus Darmanin » si ces actions de déstabilisation perdurent ? Avant d’accoucher de la Corse nouvelle, démocratique et responsable à travers son autonomie, nous savons qu’il faut se dégager d’un passé tumultueux et des dérives mafieuses. Engager une « ère nouvelle » ne va pas de soi, et nécessite pour être accompli une gouvernance éclairée et réactive, de part et d’autre. Et, surtout, de ne pas renoncer au dialogue. L’État doit signifier si c’est bien le cas pour ce qui le concerne. •

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