Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2866

da u 28 di nuvembre à u 4 di dicembre di u 2024

Langues régionales

Faire face à l’État profond jacobin

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le 29/11/2024

Par François Alfonsi

 

Deux épisodes judiciaires quasi-simultanés marquent l’actualité de cette semaine. Le premier à Marseille a rendu ce lundi son verdict pour interdire l’usage de la langue corse aux élus de la Corse. Suivra à Toulouse la copie conforme du jugement marseillais contre des maires catalans. L’État profond règne en maître et poursuit son projet jacobin linguicide qu’Emmanuel Macron a à nouveau cautionné devant l’Académie française il y a deux semaines.

 

 

Ce lundi, la Cour administrative d’appel de Marseille a confirmé un premier jugement du Tribunal administratif de Bastia qui, saisi par le préfet Lelarge, avait en mars 2023 annulé le règlement intérieur voté à l’unanimité par l’Assemblée de Corse pour que soit possible l’expression en langue corse des élus de la Corse, avec traduction simultanée en français. Et, ce jeudi 28 novembre, au moment où parait ce numéro d’Arritti, ce sont cinq maires catalans qui comparaissent pour le même motif devant la Cour administrative d’appel de Toulouse. Pas besoin d’attendre le jugement pour savoir à l’avance qu’ils seront eux aussi condamnés.

Cette attitude jusqu’au-boutiste des juges administratifs français n’a pas d’équivalent en Europe, et, comme le soulignent les président(e)s du Conseil exécutif et de l’Assemblée de Corse dans un communiqué commun, cette décision, « contraire aux textes européens et internationaux protégeant les droits fondamentaux au plan linguistique », devra être contestée devant les juridictions européennes et internationales. Pour cela, ils proposeront dans un premier temps que la Collectivité de Corse se pourvoie en cassation, puisque la Cour européenne des droits de l’Homme ne peut être saisie qu’une fois épuisés tous les recours prévus au sein de l’État-membre.

 

C’est une longue marche judiciaire qui commence pour la langue corse sur la scène internationale, mais il est plus que temps de sortir du tête-à-tête dans lequel nous enferme la constitution française et son interprétation par une jurisprudence abusive. Car le postulat « la langue de la République est le français » énoncé par l’article 2 de la Constitution n’entraîne pas mécaniquement l’interdiction des autres langues, surtout quand leur usage est accompagné d’une traduction simultanée en français. En en décidant de la sorte, le Conseil constitutionnel, et toutes les juridictions qui en suivent les préconisations, expriment les attentes de l’État profond qui, depuis le XIXe siècle, a toujours refusé la moindre évolution démocratique sur cette question.

Cependant, la suite du processus de Beauvau prévoit de modifier la Constitution pour ouvrir la porte à l’officialisation de la langue corse. L’accord signé à Beauvau a notamment prévu de « garantir que les deux langues, le corse et le français, puissent être utilisées comme langues d’usage, à l’oral comme à l’écrit, par les citoyennes et les citoyens dans toutes leurs activités ». Aussi, faire aboutir le processus de Beauvau sera certainement la voie la plus rapide pour arriver à bousculer le bunker jacobin qui veut notre disparition.

 

Au-delà du corps judiciaire, Emmanuel Macron en personne, adepte du double langage selon qu’il est à la tribune de l’Assemblée de Corse ou à celle de l’Académie française, a théorisé, dans le panthéon de la langue unique, l’importance d’éliminer « ces langues vernaculaires, ces patois, ces différentes langues régionales qui, pour certaines existent encore (…) instruments de division de la Nation ». Joli programme !

Le plus cocasse de la prestation d’Emmanuel Macron à l’Académie française est qu’il n’a pas hésité, quelques instants plus tard, à saluer les locuteurs en langue française du Québec, appelant les québécois à « résister à l’uniformisation » en utilisant systématiquement la langue française contre la domination de l’anglais au sein d’un Canada très majoritairement anglophone, sans qu’aucun journaliste, ou presque, ne relève la contradiction flagrante.

Sur cette question de la langue, question identitaire par excellence, essentielle

pour l’avenir du peuple corse, nous nous affrontons à ce que le monde compte de plus réactionnaire. Seule la Chine va aussi loin…. •

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