Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, était l’invité de l’émission Pulìtica, sur France 3 Corse Via Stella le 2 octobre dernier. Extraits.
Sur l’instabilité gouvernementale et ses effets sur le processus d’autonomie
« Nous sommes dans une conjoncture internationale, européenne et singulièrement française qui est extrêmement difficile. Nous avons fait en ce qui nous concerne, élus de la Corse, notre part de travail et notre part du chemin. Reste à obtenir du parlement français qu’il inscrive à l’ordre du jour l’examen du projet de loi constitutionnelle. Ce sont des circonstances qui ne dépendent pas de nous, donc nous sommes effectivement des spectateurs d’une situation nationale française qui est désordonnée et inquiétante par bien des aspects…
C’est le peuple corse historiquement et depuis des décennies qui se bat majoritairement pour l’obtention d’un statut d’autonomie… Nous gardons et garderons le cap, notre stratégie est fixe, claire, constante, les objectifs sont identifiés. Ils sont et continuent d’être soutenus par les Corses. Nous nous adapterons aux circonstances… Quelles que soient les interlocuteurs, nos choix sont clairs, notre idéal est constant et notre volonté intacte ».
Sur la dotation de continuité territoriale
« Si éventuellement nous devions compléter sur les fonds propres de la Collectivité ce qui viendrait à manquer, ça voudrait dire que nous déséquilibrerions ailleurs. Une des options envisageables dans ce scénario catastrophe, ce serait de réduire le périmètre de service public, avec l’impact en termes de desserte, et possiblement les impacts sociaux. Je me refuse à envisager un tel scénario…. Je ne méconnais pas les contraintes budgétaires, mais lorsqu’on n’a pas réévalué la dotation de continuité territoriale alors que tous les coûts liés à la desserte maritime et aérienne ont augmenté de 50, 80, 150%, je ne pense pas que nous soyons dans l’excès lorsque nous demandons une réévaluation et lorsque nous disons qu’elle est de droit. »
« Avec le recteur, nous avons acté un axe qui est d’inscrire le corse comme un savoir fondamental. Nous l’avons décidé ensemble. Nous présidons ensemble un groupe de travail. »
Gilles Simeoni
Sur les prochaines élections municipales
« Nulle part en France et nulle part en Corse, les candidates et les candidats ne se sont déclarés. Ça bruisse de rumeurs, de positionnements, y compris à Bastia du côté de l’opposition ou des oppositions, il n’y a pas eu d’actes de candidatures formels. Deuxièmement il y aura au sein de Femu a Corsica des procédures qui auront lieu dans les semaines à venir et qui conduiront à désigner des candidates et des candidats, mais également à identifier des partenaires…. Ce qu’il faut proposer c’est une cohérence, à Bastia, à Aiacciu, dans les villages. Il y a trois niveaux aujourd’hui. Le premier c’est le fil historique de notre combat, le statut d’autonomie, le peuple corse. Le deuxième niveau c’est les fondamentaux, comment on le décline au sein d’une municipalité. Un exemple, est-ce qu’on s’engage oui ou non à mettre en œuvre des programmes d’accession à la propriété pour les primo-accédants ? Est-ce qu’on s’engage oui ou non sur la généralisation de classes bilingues immersives ? Est-ce qu’on est pour des PLU où on met en œuvre des lois qui là où il y a des phénomènes de spéculation, interdisent des résidences secondaires ? Le troisième niveau c’est les municipales ».
Sur la possibilité de sa propre candidature
Ce que j’ai vu à Bastia, c’est une opposition ou des oppositions qui sont en train de dire ou de faire dire qu’elles s’agrègent uniquement pour combattre Pierre Savelli, celles et ceux qui sont en responsabilité à Bastia depuis 10 ans et pour combattre Bastia et à travers Bastia, la Corse, avec y compris un discours qui est porté : « si nous gagnons Bastia, nous gagnerons la Corse »… Je constate que ce qui semble le plus petit dénominateur commun entre François Tatti qui revient de son exil sur le Continent, Julien Morganti, des gens de droite, certains militants du PNC, si j’en crois François Tatti, c’est la volonté de faire perdre. Moi, et celles et ceux qui se reconnaissent dans notre démarche, nous voulons faire gagner Bastia, nous voulons faire gagner la Corse. Si on veut m’attaquer, je serais présent y compris pour porter le combat, avec d’autres… je serais présent dans la campagne des municipales. Puisque certains et certaines veulent territorialiser la campagne et en faire une sorte de banc d’essai des territoriales, et en arrière-plan la volonté de faire échouer les nationalistes, et de faire échouer le projet d’autonomie, je vous dis que je serais présent, engagé, avec détermination, à Bastia et ailleurs…. Je suis fier du bilan de Bastia. C’est le bilan du maire sortant Pierre Savelli, c’est aussi le bilan de Louis Pozzo di Borgo à la CAB, c’est aussi le mien, c’est celui des militants et militantes qui nous ont fait confiance, des élus. Je vais l’assumer ce bilan, comme j’assume le bilan de la Collectivité de Corse, avec sa part d’insuffisances, sa part de réussites et sa part d’engagement. J’irai jusqu’au bout des combats ».
Sur la langue corse et la convention signée sur l’immersion avec le recteur d’Académie
« Nous avons travaillé ensemble, y compris au projet d’Académie avec le recteur. Il a travaillé également avec les communes et avec l’ensemble de la communauté éducative. Nous avons acté un axe qui est d’inscrire le corse comme un savoir fondamental. Nous l’avons décidé ensemble. Nous présidons ensemble un groupe de travail. On me l’a proposé, j’ai accepté bien volontiers. Et dès lors que l’Académie de Corse s’est inscrite dans une volonté d’élargir l’offre d’enseignement bilingue et immersif, aussitôt, nous avons suivi, accompagné, financé. Nous avions soutenu Scola Corsa y compris contre le système juridique actuel. Nous soutenons aujourd’hui, et accompagnons et finançons les efforts qui sont faits. Nous disons aussi et de façon très claire qu’il faut une évolution pour un statut de la langue, donc besoin de révision constitutionnelle. Aujourd’hui je suis très heureux, parce que grâce à cette convention on va passer à 180 enseignants par an qui vont pouvoir être formés à l’enseignement immersif. On reconnait officiellement le bilinguisme et la méthode immersive, c’est un pas, il en reste d’autres à faire, c’est la construction d’un pays ». •








