À l’initiative de Bertrand Pancher, ex-président du groupe parlementaire Libertés et Territoires et président du nouveau mouvement politique « Utiles », un colloque autour de la « ville de demain » s’est tenu en vue de positionner ce nouveau mouvement lors des prochaines élections municipales. Deux tables rondes vivantes et instructives ont été organisées, tandis que la clôture de l’événement a été faite par l’ancien ministre Jean Louis Borloo.
Régions et Peuples Solidaires, qui a décidé d’un partenariat avec Utiles, a contribué à ce colloque, notamment par une intervention de son président François Alfonsi.
Devant une salle comble, signe de la vitalité de cette nouvelle formation, l’objectif était de formaliser les grandes thématiques d’un programme municipal.
La lutte contre le réchauffement climatique a été au cœur des expériences évoquées par plusieurs maires et élus municipaux, notamment ceux venus nombreux des Antilles à l’invitation du député LIOT de Guadeloupe, Olivier Serva, secrétaire général du mouvement. Charles de Courson est intervenu en visio en faveur d’une véritable autonomie fiscale des collectivités, à l’opposé de l’autonomie financière actuellement concédée par l’État. La différence est capitale : en autonomie fiscale, la commune décide des impôts collectés et des dépenses effectuées, alors qu’en autonomie financière, c’est l’État qui décide des sommes attribuées, les communes ayant pour seule autonomie de décider des dépenses dans un cadre contraint. Comme l’a exprimé dans une image parlante un des participants, dans le système actuel, c’est l’État, et notamment la technostructure de Bercy, qui tient le robinet, réduisant les pouvoirs locaux à des rôles de second plan !
Jean Louis Borloo est intervenu en clôture des débats pour en situer l’enjeu principal : desserrer l’emprise de l’État sur les collectivités. Il a démontré à quelle point la gestion centralisée depuis Paris avait un résultat économique négatif, illustré par l’impossibilité de résorber les déficits, dette de l’État ou dette de la Sécurité Sociale. Vu les sommes englouties, la performance économique globale est extraordinairement faible. Pour lui, il faut s’appuyer sur les élus locaux, leur connaissance concrète des territoires et des citoyens, pour faire émerger une nouvelle gouvernance en leur attribuant un pouvoir réglementaire autonome. Idem pour les régions, en permettant des autonomies, notamment en Corse et dans les Outre-Mer.
En fait la technostructure étatique est obnubilée par sa fonction de contrôle et elle est dépourvue de toute capacité d’innovation et d’action. Et elle entrave systématiquement les collectivités dans leur aptitude à donner un sens et des moyens à une action publique plus proche des citoyens.
C’est le maire de Neuilly sur Seine lui-même, Jean Christophe Fromentin, qui a annoncé l’effondrement du modèle vertical symbolisé par le quartier de la Défense situé en partie sur sa commune. Des tours désertifiées, un immobilier spéculatif dont la bulle a éclaté, et qui menace d’immenses intérêts économiques, sont le signe d’une société centralisée et verticale désormais dépassée, auquel il faut substituer une mise en réseau réticulaire des zones urbaines, avec, pour chacune d’entre elles, une priorité donnée à la dimension humaine.
Pour R&PS, François Alfonsi a rappelé que la ville de demain est aussi la ville d’hier, et la ville d’un territoire. « Une ville n’est pas un simple bourg-centre d’une communauté d’agglomération, elle est avant tout la capitale historique d’un territoire. Son volontarisme doit parler à tout le territoire qui l’entoure, à travers les services culturels (théâtres, cinémas, etc..), les structures éducatives (lycées, universités,..) ou les grands événements culturels traditionnels. Une politique de la ville de demain doit faire de cette dimension culturelle une priorité, particulièrement quand cela recouvre une spécificité historique ou une langue régionale. La Fédération R&PS appelle les programmes en vue des prochaines municipales à s’emparer de la compétence culturelle pour la mettre au service d’une politique portant fièrement l’identité du territoire dont elle est capitale ».
Le colloque s’est terminé par une réception conviviale. Il semble que son déroulement ait pris la préparation des prochaines municipales par le bon bout, celui des programmes et des objectifs. •








