Plus de 200 rassemblements dans toute la France… ce lundi 8 juin, faisant suite à la marche blanche de Fleurance qui a rassemblé 6.000 personnes autour des proches de la fillette de 11 ans assassinée.
À Bastia et à Aiacciu aussi, à l’appel de Donne Corse, ils étaient plusieurs centaines à dire leur colère d’un système judiciaire en faillite. Le suspect était sous le coup de plusieurs plaintes pour viol et n’a jamais été entendu par la justice. Le sentiment d’une impunité sur les crimes envers les enfants, et plus largement sur la faillite de la protection de l’enfance est insupportable. 70.000 plaintes restées sans suite dans toute la France, de l’aveu même du Garde des Sceaux qui parle de « dysfonctionnements » et a demandé aux procureurs de la république la prise en charge de ces plaintes d’ici le 14 juillet… Il aura fallu la mort de Lyhanna… suffira-t-elle ? Car c’est tout le système politico-judiciaire qui dysfonctionne…
Incestes, agressions sexuelles, viols, la parole de l’enfant n’est pas entendue. Les associations, les avocats, des juges dénoncent. Des agresseurs condamnés restent en liberté, des pères violeurs conservent la garde de leurs enfants, des mères protectrices sont condamnées par la justice pour refuser de remettre leur enfant, des pédo-criminels identifiés restent dans la nature sans surveillance, des enfants placés se prostituent, d’autres sont logés dans des hôtels sans surveillance à la merci des prédateurs, faute de place dans les foyers, les agresseurs sont au contact d’enfants dans des écoles, des clubs sportifs, des camps de vacances… l’enfance doit être une priorité de nos sociétés. Le nombre de fonctionnaires n’a cessé de baisser au cours des dernières années, dans la justice, la police, l’école… mais le manque de moyen n’explique pas tout. L’enfant n’est pas pris au sérieux, ses parents non plus, les plaintes ne sont pas instruites, elles ne sont pas transmises, parfois même pas recueillies, et c’est l’enfant qui vit une mise en cause pendant que son agresseur se sent « protégé ». Commençons par appliquer les mesures du rapport de la Civise et de la Ciase1, réformons le système de protection de l’enfance, donnons des moyens, formons les magistrats et les policiers pour une prise en charge systématique des affaires d’agressions sur les enfants et sur les femmes victimes de violences.
Pour que le martyr de Lyhanna et de tant d’autres ne soit pas vain. •
- Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants
Commission indépendante sur les abus sexuelles dans l’Église ↩︎








