Le vendredi 27 juin lors de la session de l’Assemblée de Corse, la présidente Marie Antoinette Mauperthuis a présenté une motion en soutien au peuple palestinien dans l’épreuve qu’il subit actuellement, à laquelle s’est associé le groupe Core in Fronte qui prévoyait un travail similaire, le groupe Fà Populu Inseme ainsi que Josepha Giacometti conseillère non inscrite membre de Nazione et Pierre Ghionga également conseiller non inscrit dissident du groupe de droite.
La motion a recueilli l’unanimité des voix exprimées, c’est-à-dire l’ensemble des nationalistes accompagnées de celle de Pierre Ghionga. Il est à noter l’absence au moment de la présentation de la motion et du vote, du groupe Un Soffiu novu représentant la droite. Droite qui a d’ailleurs justifié cela dans un communiqué relatant la volonté de ne pas participer « aux prises de position géopolitiques de la majorité », et a expliqué que sur le fond ils ne pouvaient pas « cautionner un texte […] qui ne mentionne pas les massacres du Hamas d’octobre 2023, les otages, etc. ». Sauf que c’est faux et qu’il aurait suffi aux membres de la droite de lire la motion pour le constater alinéa 1 et 7. Nos lecteurs pourront le voir par eux-mêmes en consultant le lien en fin d’article où ils pourront lire la motion complète.
Ils ont également « regretté », dans la continuité d’un certain nombre de représentants de la droite sur l’île sur les réseaux sociaux, un soi-disant alignement de la majorité territoriale aux positions « islamo-gauchistes […] de LFI ». Premièrement, on peut comprendre qu’il soit difficile à admettre pour les représentants de la droite française en Corse que les mouvements nationalistes se positionnent en conscience sans n’avoir besoin ni de s’inscrire sous le spectre de la vie politique française, ni en attendant les positionnements d’un état-major parisien.
Dans un second temps, laisser croire à la population que les nationalistes ont la moindre complaisance à l’égard de l’organisation terroriste du Hamas est non seulement absurde vis à vis du contenu de la motion, mais en plus de cela il est difficile d’imaginer qu’il s’agisse d’une erreur d’appréciation de leur part, leur position est réfléchie, calculée et s’apparente donc aux méthodes des populismes de tous genres.
Sur le fond maintenant, ceux qui accusent la majorité territoriale de porter atteinte à la réputation « d’île des justes » de la Corse se trompent. Au contraire elle l’ancre encore davantage dans cette tradition, la rendant de nouveau actuelle.
Ce qui est juste, n’est-ce pas de condamner les actions terroristes du Hamas du 7 octobre 2023 ?
N’est-ce pas de demander la libération des otages civils retenus par ce groupe terroriste depuis cette date macabre ?
N’est-ce pas de réaffirmer le droit d’Israël à exister dans la sécurité et dans la paix ?
N’est-ce pas de demander la fin du massacre à Gaza orchestré par le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou à des fins d’accélération de son œuvre de colonisation ?
N’est-ce pas tout simplement de demander de respecter le droit
international ?
Et enfin n’est-ce pas de reconnaître, symboliquement évidemment, l’État de Palestine, en étant attaché à la solution à deux États solution la plus juste, seule à garantir la paix dans la région ?
C’est cela que la motion défend.
La justice n’est pas à géométrie variable, et l’humanisme réclame de regarder les choses en face sur ce qui est à l’œuvre au Moyen Orient, sans céder à la facilité de choisir un camp, simplement en réclamant la paix, la justice, la sécurité et la liberté pour les peuples Israélien et Palestinien qui subissent depuis trop longtemps les conséquences d’une guerre entre un gouvernement d’extrême droite et un groupe terroriste qui ne servent que leurs intérêts aux détriment des populations qu’ils prétendent pourtant défendre.
L’histoire nous regarde et retiendra ceux qui ont dénoncé, ceux qui ont détourné le regard et ceux qui ont cautionné. •
* Motion complète à retrouver ici et sur http://www.isula.corsica/assemblea/docs/Motions








