32.682, c’est la progression du RN en Corse en nombre de voix, entre 2022 et 2024. Mais que pense vraiment le Rassemblement national de la Corse ? Jordan Bardella a eu du mal à y répondre lors de sa visite dans l’île le 30 mai dernier.
Un chef de parti peu à l’aise sur les sujets insulaires, ayant confiance en ses fiches bristols autant qu’en ses candidats parachutés aux quatre coins de l’île. Celui qui répond à cette question, c’est Stéphane Rambaud, député RN de la 3e circonscription du Var. La Corse, il la connaît bien, lui qui prétend y avoir ses origines. Il se livre ainsi à un plaidoyer anti-autonomie à la tribune de la commission de Lois de l’Assemblée nationale : « Respecter la Corse, oui ; céder à l’autonomie, non ». Cette autonomie qu’il qualifie de « rupture avec le principe d’unité, une brèche dans le fondement de notre République, une et indivisible » pour renchérir que « chaque concession faite à des logiques autonomistes alimente une dynamique de repli, de défiance et de séparation ». Il faut en effet bien mal la connaître, la Corse, pour affirmer que son statut d’autonomie « serait le début du démembrement silencieux de la nation française, d’une République à la carte dans laquelle chaque territoire choisirait ce qui l’arrange et se délesterait du reste. La quête d’une paix superficielle prête à tout concéder pour calmer des aspirations qui flirtent avec l’indépendantisme ». Pire encore, le député RN va jusqu’à remettre en cause la légitimité démocratique détenue par les nationalistes en Corse, en les qualifiant de « majorité artificielle ». Un bel hommage à ses origines.
Le vrai visage du RN, le voici. Ce parti qui prétend défendre la démocratie, l’identité et les valeurs : une illusion rapidement chassée par la réalité. Les grands sourires sur Tik Tok peuvent parfois cacher les vraies intentions. En effet, les promesses de grands barrages hydrauliques ne sont pas encore suffisantes pour gagner des élections, ces barrages, faut-il encore savoir les placer sur une carte. Faire barrage à une formation politique pour l’empêcher de gagner, qu’y a-t-il de plus frustrant ? Aller vers le RN, c’est inévitablement faire reculer la Corse. C’est donner sa voix à des ennemis de la Corse, à des gens qui méconnaissent tout de sa réalité. C’est donner sa voix à des grands communicants du vide, c’est renforcer un peu plus l’illusion qui conduira à notre disparition. Car cette disparition, (ou grand remplacement), est bien en marche, orchestrée par les 3.500 personnes arrivant chaque année sur notre terre, refusant toute forme d’intégration. Un scénario de film catastrophe écrit en 1970 par le Hudson Institute, qui se joue ici sous nos yeux, chaque jour.
Cette histoire, ce peuple et cette terre dont le Rassemblement national se veut être le bourreau, souriant, mais déterminé à nous faire disparaître pour une prétendue unité nationale qui refuse tout ce que nous sommes.
Quel scénario nous reste-t-il ? Ne plus devoir faire barrage pour choisir la construction, c’est d’abord chasser l’illusion pour se reconnecter au réel. Œuvrer pour améliorer le quotidien des Corses, s’engager toujours plus pour son peuple. Un engagement, peut prendre plusieurs formes : monde associatif, culturel, syndical, politique, toujours dans la recherche d’un but commun au service de la Corse. C’est la vraie construction nationale. C’est par cela que nous nous distinguons des autres. Ces spécificités, cette histoire, ce peuple et cette terre dont le Rassemblement national se veut être le bourreau, souriant, mais déterminé à nous faire disparaître pour une prétendue unité nationale qui refuse tout ce que nous sommes.
Alors plus que jamais, engageons-nous pour la Corse, et libérons-nous de cette illusion. •
Mathieu Pompa.








