Hè uscitu di marzu scorsu l’ùltimu dischettu di Patrizia Gattaceca. Un viaghju à u più prufondu di l’amore trà omu è donna, misteru è ghjuvellu di l’Umanità in core di a civilisazione mediterrània, ch’ellu conta dapoi quasi 3000 anni u testu biblicu di u Cantu di i Canti.
Autrice-compositrice-interprète, écrivaine, poète, comédienne, cofondatrice du groupe Les Nouvelles Polyphonies Corses qui fit exploser aux yeux du monde la polyphonie corse lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’Albertville, Patrizia Gattaceca nous emmène en voyage à chacune de ses créations depuis maintenant près de 50 ans. Actrice de la riche période du Riacquistu, avec – toute jeune – son implication au sein du mythique Canta u Populu Corsu qu’elle accompagnait avec E duie Patrizie, ce groupe qu’elle animait avec Patrizia Poli, Patrizia Gattaceca est une artiste dans le plein sens du terme. La musique au cœur et dans l’âme, elle nous emporte par ses notes et sa poésie dans tout un monde de sentiments qui s’animent et ondulent dans une danse. Patrizia est pure création entre Orient et Occident, toute la beauté et l’espoir de la Corse ouverte au monde. Sa musique « infuse », flottant jusqu’à nos sens pour nous bercer et nous envelopper dans un nuage au-dessus des douleurs du monde. C’est reposant. Et c’est encore ce voyage auquel elle nous invite avec son dernier album U Cantu di i Canti. Associée au complice de toujours, Jean Bernard Rongiconi. Guitare, arrangements, direction artistique, il est le précieux de ses créations. Les ont rejoints pour cet album enregistré au studio L’Angelina Loïc Pontieux (batterie, percussions), Gilles Chabenat (vielle à roue), Rémy Bailet (piano), Piona Dariaviach (claviers), Marina Luciani (piano).
U Cantu di i canti s’inspire du Cantique des Cantiques. « Il est depuis des années mon livre de chevet » confie Patrizia Gattaceca. « Les traditions juives et chrétiennes attribuent ce poème au roi Salomon (970 à 931 av JC) qui instaura durant son long règne une paix durable. Le Cantique des Cantiques est un récit fondateur, un chef d’œuvre de la littérature universelle. Au-delà des nombreuses interprétations religieuses et philosophiques, c’est le poème d’un échange amoureux. Les 117 vers qui composent ce texte biblique mêlent sentiment et passion, métaphores et symboles, continuant de susciter les commentaires des plus grands exégètes. » Outre la version française traduite de l’hébreu par Magdalith (Madeleine Lipszyc), Patrizia s’est appuyée sur des traductions en italien, espagnol et anglais.
Ce nouvel album suit ce fil d’amour « échange passionné et sensuel entre des amants ». Cette histoire n’est-elle pas le fondement de l’humanité ? Elle plonge « aux origines de la civilisation Méditerranéenne, interrogeant le lien entre le poème et le chant… comme un hymne à la dignité et à l’égalité de la femme et de l’homme ». Cette alchimie à laquelle s’est essayé Patrizia Gattaceca, dans sa recherche de mise en valeur de nos racines méditerranéennes, est un défi humaniste qui rejoint l’identité même de l’artiste. C’est son style, sa musique, sa quête. Et la langue et la culture corses, sa musique, son interprétation toute en douceur s’y prêtent à merveille. Le tout dans un double album : « une version orchestrée où chœurs vocaux et instrumentaux se répondent ; et une version piano-voix épurée, dialogue intime entre le poème et la musique ».
Que dire de plus ? Une superbe photo illustre l’album. Elle est signée Rita Scaglia.
À vous de découvrir maintenant cette plongée aux sources de nos sources. •
Patrizia Gattaceca serà in :
. Portivechju u 6 di ghjugnu
. Sartè u 28 di lugliu
. Penta Acquatella u 10 d’aostu
. Lumiu u 21 d’aostu








