Le Centre de formation Aflokkat s’implante en Haute-Corse

« Nous avons un devoir d’anticipation »

Étudiants, entreprises, administrations, salariés, associations… Aflokkat s’adresse à tout public désireux de se former aux métiers d’aujourd’hui et de demain, ou de parfaire leur propre cursus. Créé il y a 12 ans à Aiacciu, le Centre s’implante aujourd’hui en Haute-Corse, à Furiani, pour faciliter l’accès à la formation du public cismuntincu. La formation est un élément clé du développement de toute société et donc de l’avenir de la Corse. Par son histoire, par sa dimension acquise, Aflokkat est un des outils indispensables aux offres de formation qui existent dans l’île. Tour d’horizon des besoins et des réponses apportées avec Benjamin Pereney, son fondateur.

 

Pourquoi cette implantation dans la CAB, aujourd’hui ?

Aflokkat a été créé il y a 12 ans à Aiacciu et a rapidement proposé ses formations sur l’ensemble du territoire régional. Nous l’avons fait d’abord dans le cadre de la formation continue, mais avec le développement de nos formations diplômantes à destination des étudiants, nous avons compris qu’il était difficile pour les jeunes issus du bassin de la CAB, malgré leur intérêt, de venir suivre leur formation à Aiacciu. Aussi, nous avons souhaité faciliter l’accès à tous en ouvrant une antenne à Furiani.

 

Présentez-nous Aflokkat, ainsi que votre propre parcours, comment êtes-vous venu à investir ce champ de la formation ?

Notre ambition est avant tout de contribuer au développement économique et social de notre territoire. À l’origine, Aflokkat était un organisme de formation qui intervenait auprès des salariés des entreprises et des établissements publics. Très rapidement, nous avons été convaincus que cela n’était pas suffisant pour le territoire et qu’il était important de proposer des parcours plus longs et qualifiants à destination des jeunes Corses. Les premières formations diplômantes proposées étaient dans le domaine du numérique, grâce au label Grande École du Numérique que nous avons obtenu en 2017. Ce choix n’est pas étranger à ma formation initiale puisque je suis titulaire d’un Master en intégration des systèmes d’information de l’Université de Corse. Par la suite, nous avons préparé les étudiants à des diplômes en management et en commerce et plus récemment dans le médico-social. Depuis 2019, nous sommes Centre de formation des apprentis.

 

Combien de personnes travaillent au sein d’Aflokkat ?

Aujourd’hui, Aflokkat emploie 18 salariés à temps plein sur l’encadrement pédagogique et le suivi administratif. Nous sommes entourés de 150 formateurs qui représentent 47 équivalents temps plein. Cette année, nous avons recruté 4 enseignants chercheurs sur le pôle numérique.

 

Quels types de formations proposez-vous ? Et combien de personnes avez-vous formées en 12 ans d’existence ?

Chaque année, nous formons environ 1600 stagiaires, dont 250 qui suivent des parcours diplômants. Nous proposons des modules de formations aux salariés sur des thématiques telles que la bureautique, la communication, le management, en passant par les ressources humaines et la santé et sécurité au travail, et bien d’autres. Les établissements sociaux et médico-sociaux font appel à nous pour former leurs salariés ou agents sur la vieillesse, le handicap, etc.

Pour nos parcours diplômants, nous avons souhaité répondre aux besoins en matière de recrutements et de compétences, toujours en concertation avec les acteurs économiques qui sont les premiers concernés. Notre offre de formation est bâtie sur les filières que sont le médico-social, le numérique et le commerce et management. En s’appuyant sur notre centre de formation des apprentis, nous proposons aussi des parcours de formations en alternance jusqu’au niveau Mastère. Dans la filière numérique par exemple, les jeunes Corses peuvent entrer chez nous avec un bac et poursuivre jusqu’à un bac+5 !

 

Vous pouvez aussi répondre aux besoins spécifiques des entreprises ou des collectivités, en construisant des modules sur mesure, comment ça se passe ?

En effet, les entreprises et collectivités nous sollicitent régulièrement en nous faisant part de besoins précis. Ensemble, nous construisons des modules de formations adaptés et faisons appel à des formateurs issus du monde professionnel. Nous avons une fonction de conseil, d’audit, qui permet de construire des formations qui prennent en compte les besoins des établissements et des salariés afin qu’elles puissent avoir un impact réel sur les performances du collaborateur.

 

La formation est un ingrédient clé du développement d’une société, comment se porte-t-elle en Corse ? Répond-t-elle à tous les besoins de notre économie ou bien est-ce notre économie qui n’anticipe pas à suffisance ?

Je fais partie de ceux qui pensent que la formation est à la racine du développement économique. D’une manière générale, la formation doit répondre aux besoins de l’économie, mais ce n’est pas suffisant. Je pense que c’est avant tout un outil pour construire l’économie que nous voulons demain. Quel secteur voulons-nous développer ? Dans quel domaine souhaitons-nous que notre île soit performante ? Nous avons un devoir d’anticipation. Il s’agit autant de pragmatisme que de prospective. Prenons l’exemple de la robotique qui est indiscutablement une filière d’avenir (source CE), la France est 17e mondial, derrière l’Italie et le Luxembourg. En Corse, il n’existait, à ce jour, aucune formation dans ce secteur. Devons-nous attendre qu’il existe un nombre suffisant d’entreprises pour créer des formations ou est-ce parce que nous proposerons des formations dans ce secteur que des entreprises vont se créer ? Je pense que la formation est un levier de développement économique, et pour cela, nous nous devons d’avoir une vision à long terme.

 

Quels sont vos prochains projets ?

Il s’agit avant tout de continuer à contribuer à la dynamique territoriale en s’inscrivant dans une vision politique de notre métier. Pour cela nous allons créer 3 établissements d’enseignement supérieur pour structurer et spécialiser nos parcours. Le premier autour des métiers du médico-social, le second autour des métiers du numérique, le troisième sera dédié aux métiers du commerce et du management. Nous souhaitons aller encore plus loin et nous travaillons à la création d’une école d’ingénieurs en robotique.

Il y a sur le territoire une offre universitaire de qualité et nous souhaitons élargir encore les perspectives des jeunes Corses. Ceux qui souhaitent rester étudier sur notre île et avoir des possibilités d’intégrer des parcours ciblés et structurés de façon à être opérationnels immédiatement à l’issue de leurs études auront des choix supplémentaires. Et ceux qui ne peuvent tout simplement pas partir pour des raisons financières trouveront eux aussi un champ des possibles élargi.

 

12 ans, c’est une étape. Quel bilan faites-vous du chemin parcouru ? Et quels sont vos souhaits pour l’avenir ?

La confiance portée par tous nos partenaires est la clé du chemin parcouru durant ces 12 ans. Sans cette confiance maintenue, nous ne serions pas là où nous en sommes. Nous sommes heureux chez Aflokkat d’avoir, humblement, contribué à cette nouvelle dynamique territoriale que nous connaissons.

Notre moteur est d’aller toujours plus loin dans cette volonté d’être acteur, aux côtés des entreprises, des pouvoirs publics, des acteurs de l’emploi, pour la réussite économique de la région. •

Pour tout contact : www.aflokkat.com
Centre Professionnel A Stella, 20167 Sàrula Carcupinu – 0495287367

Da sapè
« Aflokkat » est une expression chargée d’histoire : dans la mythologie viking, celle-ci signifiait « Croire en ses capacités de réussite » !
« Depuis maintenant 10 ans, l’équipe d’Aflokkat s’engage au quotidien dans la formation des talents de demain. » (B. Pereney)