Le 17 mars 2025, Pierre Alessandri, agriculteur et militant nationaliste, était abattu de deux balles dans le dos sur son exploitation du Mandriolu, à Sàrrula Carcupinu. Plusieurs mois après les faits, l’enquête pour assassinat n’a toujours pas donné de réponses, tandis que le silence des autorités et l’absence d’avancée publique alimentent l’inquiétude.
Installé depuis le début des années 1990 sur l’exploitation familiale, Pierre Alessandri s’était fait connaître comme producteur d’huiles essentielles et cultivateur passionné d’agrumes. Dans son verger, patiemment développé au fil des années, beaucoup voyaient l’expression d’un attachement profond à la terre corse et à la transmission d’un savoir-faire agricole.
Mais son engagement dépassait largement les limites de sa ferme. Secrétaire général du syndicat agricole Via Campagnola, membre de la Confédération paysanne, il s’était imposé comme l’une des voix les plus déterminées pour défendre le foncier agricole et une agriculture paysanne sur l’île. Pendant plus de trente ans, il participa à la structuration de projets collectifs, soutint la création de circuits courts et contribua à former de nombreux militants du monde agricole. Ses combats étaient pluriels, pour une agriculture transparente et juste pour la Corse, et contre l’emprise mafieuse qui gangrène notre île.
Militant nationaliste et associatif de première ligne, Pierre Alessandri a dénoncé sans relâche les dérives qui fragilisent l’agriculture insulaire. Au sein de la Safer, où il siégea durant plusieurs années, il s’était opposé à la spéculation sur les terres agricoles et avait publiquement critiqué des pratiques jugées opaques dans l’attribution du foncier.
Son nom est également associé au combat contre l’affaire des fraudes présumées aux aides de la politique agricole commune. Dès les années 2010, il avait dénoncé un système qu’il estimait injuste et détourné de son objectif initial, appelant à une répartition équitable des aides entre agriculteurs corses. Ces révélations avaient contribué à mettre en lumière un dossier complexe impliquant plusieurs responsables administratifs et qui doit encore être examiné par la justice.
Pierre Alessandri avait subi pressions et menaces dans les années précédant sa mort.
La semaine précédant son lâche assassinat, sa dernière action a été de participer à la manifestation historique du 8 mars 2025 contre la mafia en Corse, organisée par la Coordination antimafia.
Pour beaucoup, Pierre Alessandri reste avant tout la figure d’un paysan debout, profondément attaché à sa terre et à une justice forte, pour le bien commun. Son parcours laisse l’image d’un militant exemplaire et sincère, animé par la conviction que défendre l’intérêt collectif est la priorité suprême.
Son nom demeure désormais associé à ce combat. Et, pour l’ensemble de notre société, son engagement continue de tracer un sillon que nous devons poursuivre. •
« Le mardi 17 mars 2026 marquera un an depuis l’assassinat de Pierre Alessandri.
Un an.
Un an sans vérité.
Un an sans réponse claire.
Un an sans que des responsabilités aient été établies.
La date d’anniversaire de sa mort approche, et avec elle ce rappel douloureux que le temps passe, mais que rien n’avance. Nous ne pouvons pas nous habituer au silence. Nous ne pouvons pas accepter que l’on tourne la page comme si de rien n’était. » •
Via Campagnola.








