Lionel Jospin L’anti-Blanquer
Les hommages venus de Corse ont été nombreux et appuyés pour saluer la mémoire de Lionel Jospin disparu la semaine dernière. Le Premier ministre socialiste avait en effet marqué son passage au gouvernement par une approche nouvelle et ouverte du dossier corse, alors que, au sein de l’appareil d’État, pesait encore à plein la chape de plomb jetée sur le nationalisme corse au lendemain de l’assassinat du préfet Erignac.
Cette lucidité, qui l’avait convaincu d’engager un traitement politique du problème corse, il la paiera au prix fort quand les défections des plus jacobins de son camp, emmenés par Jean Pierre Chevènement, ont fait en sorte qu’il soit absent du second tour de l’élection présidentielle de 2002, en ramenant son score de premier tour en-dessous de celui réalisé par Jean Marie Le Pen.
Lionel Jospin avait compris que l’État français était arrivé, pour la Corse, au bout de sa possibilité de réforme à cadre constitutionnel constant, et qu’il devait donc engager une réforme de sa constitution. Il n’en a pas eu le temps.
Depuis, un quart de siècle est passé avant que ne soit engagé, enfin, un nouveau projet de réforme constitutionnelle. Un quart de siècle, en politique, c’est le temps qu’il faut avant que l’Histoire repasse les plats. C’est pourquoi, considérant l’état d’urgence dans laquelle est la société corse, il serait irresponsable de laisser passer la chance que représente encore, et malgré tous les Jean Michel Blanquer, le processus de Beauvau. •

Peine de mort L’extrême barbarie
Même sous les bombes, même acculé, même avec un pouvoir décapité, le régime des mollahs continue à déverser sa haine sur son peuple, et poursuit ses exécutions barbares. On pourrait penser que ce pays a bien autre chose à faire face aux attaques conjuguées des États-Unis et d’Israël, mais non, condamner à mort et exécuter les manifestants de janvier dernier reste apparemment une priorité. Il est clair que la guerre ne fait qu’aggraver la situation du peuple iranien qui en reste la principale victime. Téhéran continue à sévir et à détruire sa jeunesse. Le 20 mars dernier, il a été procédé à trois nouvelles exécutions. Mehdi Ghasemi, Saleh Mohammadi, jeune lutteur professionnel de 19 ans plusieurs fois médaillé, et Saeed Davoudi, 21 ans, ont été exécutés pour « guerre contre Dieu ». Ils avaient manifesté en janvier dernier contre la vie chère et le régime répressif iranien.
Quatre autres exécutions ont eu lieu, Akbar Shahrokh Daneshvarkar et Mohammad Taghavi Sandehi le 30 mars, Babak Alipour et Pouya Ghodabi le 31, informe Amnesty International. Des exécutions « dans le secret » dénonce l’association humanitaire sans que leur famille ou leurs avocats aient été informés, sans même qu’ils aient pu faire leurs adieux. Comme tous les exécutés, ils avaient été condamnés « à l’issue d’un procès manifestement inique et entaché par la torture » dénonce encore Amnesty International qui alerte sur le cas de sept autres personnes actuellement dans le couloir de la mort. Et il en reste des centaines sous la menace !
Dans le même temps, en Israël, 62 députés contre 48 ont voté une loi pour réactiver la peine de mort qui n’était plus appliquée depuis plus de 60 ans. Elle ne vise que les palestiniens. On a trop tendance à oublier qu’en Israël c’est un régime d’extrême droite qui est aux commandes.
« Partout dans le monde, et sans aucune exception, où triomphent la dictature et le mépris des droits de l’homme, partout vous y trouvez inscrite, en caractères sanglants, la peine de mort » disait Robert Badinter. •








