Après la conférence de presse du Cumitatu di sustegnu de Scola Corsa le 11 juin à Bastia, ce sont les parents d’élèves qui se sont mobilisés de façon soudaine ce mardi 16 juin en occupant la préfecture de Bastia. Le ton monte d’un cran et la tension n’est pas prête de retomber.
« La problématique est connue de tous. Elle est connue de la société, parce que nous sommes sur le terrain depuis plusieurs mois. Elle est connue de la part des principaux interlocuteurs au niveau local, c’est-à-dire Collectivité de Corse, mais surtout préfecture, Éric Jalon, et recteur d’Académie. Aujourd’hui nous attendons des réponses et on a un problème de temps. Il y a une rentrée scolaire qui se prépare pour le mois de septembre, il y a un plan de financement qui doit être déposé au niveau de la Collectivité de Corse, on est en juin et la dernière session est en juillet… nous attendons sans plus attendre des réponses de l’État » avait commenté lors de cette conférence de presse Jean-Pierre Luciani, responsable STC et l’un des principaux animateurs de Scola Corsa à Aiacciu.
Rappelons que Scola Corsa attend la validation du travail qui a été fait avec les responsables de Scola Corsa et le staff juridique de la préfecture pour d’une part sécuriser le financement de la Collectivité de Corse pour Scola Corsa. D’autre part, pour valider la contractualisation des cinq postes manquants à l’appel.
Le représentant des maires de haute-Corse, M. Donmarchi, le recteur d’académie, le préfet de région, Éric Jalon, et le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, se sont vus pour cela mais Paris fait la sourde oreille. Pour quelles raisons ? Le blocage est incompréhensible.
Plus de 235 communes ont délibéré en faveur de Scola Corsa et de ses revendications.
3.500 personnes étaient dans la rue le 30 mai pour apporter soutien aux écoles d’enseignement immersif en langue corse, 10.000 personnes ont rejoint le Comité de soutien, plus de 500 entreprises se sont déclarés aux côtés de ces écoles. L’État doit maintenant valider sans plus attendre le résultat des discussions avec ses représentants locaux.
« Le temps du dialogue il est plus que consommé, aujourd’hui nous allons obligatoirement organiser des actions. Ça veut dire que nous allons occuper le terrain dans les tous prochains jours. U tempu di e chjàchjere hè compiu, aspettemu una risposta à u più prestu, ch’o senò ci seranu l’azzioni » avait annoncé Jean Pierre Luciani.
Nous y sommes donc.

Dès 8 heures ce mardi 16 juin, plusieurs dizaines de parents ont investi les locaux de la sous-préfecture de Bastia pour réclamer des assurances sur la survie financière de ces écoles.
Aux termes de deux heures d’occupation, la préfète de Haute-Corse, Véronique Deprez-Boudier a accepté de les recevoir alors qu’elle s’apprêtait à fêter son arrivée à Bastia devant un petit déjeuner avec la presse…. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur la pérennité des écoles, ni sur l’intérêt d’avoir une école immersive » a déclaré la représentante de l’État qui a assuré qu’il n’y avait pas de « difficultés » pour l’État avec la langue corse, « langue de l’enracinement ». Les parents et les responsables de Scola Corsa ont pourtant l’impression qu’on les porte « di fole in canzone » ! En effet, refuser la contractualisation tout en attaquant au tribunal administratif la subvention de la Collectivité de Corse qui jusqu’ici palliait ce manque de contractualisation, c’est purement et simplement laisser ces écoles sans financement et par conséquent les condamner à disparaître à terme !
De même, mettre à mal le financement de la Collectivité de Corse et par ailleurs en appeler « aux élus et collectivités qui sont en capacité de venir apporter une aide et un financement » pour qu’ils agissent – ce qu’ils font – c’est se moquer du monde !
Les parents sont donc déterminés et restent mobilisés : « on veut du concret et que Scola Corsa soit pérennisée pour la rentrée 2026-2027 et au-delà. On demande une réponse rapide, sous 48h, quant à nos revendications, ou d’autres actions auront lieu ! »
Arritti appelle ses lecteurs à se mobiliser fortement aux côtés de Scola Corsa. Ce combat doit être gagné. Scola Corsa deve campà ! •
Rappel des revendications de Scola Corsa
• Contractualisation généralisée, 11 postes pour la rentrée 2026-2027
• Retrait du recours de l’État devant le tribunal administratif attaquant la subvention de la Collectivité de Corse
• Pérennisation du réseau des écoles d’enseignement immersif Scola Corsa.









