Nouvelles alertes du Collectif Tavignanu vivu

Quand est-ce qu’on se bouge ?

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Il fut un temps où la population (plus précisément la mouvance nationaliste) se mobilisait immédiatement dès qu’une atteinte à l’environnement ou aux droits se produisait… Aujourd’hui, restent les associations – bien seules – pour alerter, dénoncer, agir. Régulièrement, elles tirent la sonnette d’alarme, comme elles l’ont toujours fait, mais, paradoxalement, alors que le nationalisme n’a jamais été aussi puissant, il n’y a plus grand monde pour répondre au pied levé et rejoindre les appels aux rassemblements, gronder, peser, comme par le passé. Cela rend ces actions associatives d’autant plus courageuses et méritantes, mais incite au laxisme des pouvoirs publics et laisse une impression évidente aux contrevenants que « tout est permis » ! C’est le cas dans nombre de situations, et d’ailleurs pas seulement sur la question de l’environnement, on pourrait parler encore des nécessaires solidarités humaines, des lois d’urbanisme continuellement bafouées, ou de l’atteinte aux droits quels qu’ils soient, pire encore, de la lutte contre la mafia, sujet ô combien inquiétant… Malgré l’opiniâtreté des associations et des collectifs de résidents, il faut bien se l’avouer, la contestation corse n’est plus ce qu’elle était et le militantisme se fait désormais depuis la maison, sur les réseaux sociaux. Les Corses ont-ils changé ? Seraient-ils devenus par trop indifférents ? Ou attendent-ils l’étincelle qui réveillera la dynamique ? C’est plus sûrement une question d’organisation. Les partis politiques ne sont plus ce qu’ils étaient. Paradoxalement, la prise de responsabilité incite à la déresponsabilisation alors que plus que jamais, le peuple corse a besoin de ce fer de lance qu’était le mouvement nationaliste pour porter ses revendications et organiser la lutte sur tous les terrains.

 

 

Le collectif Tavignanu Vivu ne cesse d’alerter sur le sort de ce fleuve, le deuxième de Corse, dont le rôle est crucial pour l’irrigation de la plaine orientale. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre un centre d’enfouissement mal placé. Il s’agit de notre ressource en eau, de notre capital nature, de notre potentiel agricole, et tout simplement d’une question de démocratie. Bref il s’agit de l’intérêt du peuple corse.

À plusieurs reprises ces dernières semaines, Tavignanu Vivu a dénoncé deux faits graves.

 

Une pollution, toujours non identifiée, et persistante, de l’eau du Tavignanu, dont on constate qu’elle s’aggrave (cf. photo 1). Que font les pouvoirs publics ? Cette pollution (dont l’origine semble d’hydrocarbures) a-t-elle été analysée ? D’où vient-elle ? Qui se décidera à la stopper ? « Les messages conseillant de limiter les usages de l’eau et de s’abstenir de baignade dans le Vecchio et dans le Tavignanu sont aussi vagues qu’inquiétants. La population est très mal informée, notamment pour l’usage de l’eau potable, elle doit être clairement avertie de la nature et de l’origine de cette pollution et de ses dangers » dénonce le Collectif.

Alors que l’eau se raréfie, que nous subissons de fortes sècheresses, ce problème est traité comme un fait divers et la mobilisation populaire manque pour obliger les services concernés à réagir.

 

Autre alerte, sur le site de Ghjuncaghju, un démarrage de chantier qu’Arritti, alerté par le Collectif, a dénoncé il y a trois semaines se poursuit (cf. photos 2 à 9). « Nous sommes très inquiets, des travaux importants ont été effectués sur le site sans autorisation de destruction des espèces protégées » alarme le Collectif. « Déjà, au mois de mai, avec une simple pelle, ils ont creusé des trous puis les ont rebouchés. Nous avons déposé une plainte auprès du procureur de la République de Bastia ». Mais le 16 juin, rebelote… « des travaux beaucoup plus importants avec de gros engins, dumper, chargeuse, camions, ont été vus sur le site » dénonce encore Tavignanu Vivu. Des extractions de matériaux auraient été faites. Le Collectif devait déposer un référé.

En dehors de ces « sentinelles », que faisons-nous ? Il n’est pourtant pas si loin le temps où les nationalistes avaient des militants qui n’étaient pas que des électeurs, prêts à se mobiliser spontanément ! Dans toutes les régions, les informations remontaient, les mobilisations suivaient et occupations et actions da tutte e mamme, avaient leur poids. Aujourd’hui, on constate un attentisme qui ouvre la porte à toutes sortes d’abus.

Alors, quand est-ce qu’on se bouge ? •

Fabiana Giovannini.