Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2935

da u 7 à u 13 di maghju di u 2026

Cap'artìculu

Ce que dit le dossier Scola Corsa sur l’impérieuse nécessité de l’autonomie de la Corse

Scola Corsa

le 07/05/2026

Par François Alfonsi

La mobilisation devant les préfectures d’Aiacciu et Bastìa le mardi 28 avril à l’appel des responsables de Scola Corsa pour soutenir leur revendication de contractualisation immédiate par l’État de onze postes d’enseignants a été largement suivie. Pour la structure associative, c’est une question de vie ou de mort.

En actionnant le rouleau compresseur de la justice administrative pour faire annuler la délibération apportant le soutien financier de la Collectivité de Corse à Scola Corsa, le préfet Eric Jalon a initié une procédure mortifère pour la Fédération. En effet, cette subvention pèse bien plus de la moitié des ressources de la Fédération. Sa suppression ne pourrait que l’obliger à fermer les écoles déjà ouvertes.
On imagine que la manœuvre préfectorale n’est pas sans rapport avec les hauts cris poussés par Jean Michel Blanquer contre les écoles immersives de Corse, accusées de « violer la constitution » et d’instaurer une pédagogie « à la Jules Ferry », qui demanderait aux enfants de pratiquer la délation dans l’école « contre ceux qui ne parleraient pas corse ». Les fantasmes délirants du grand penseur de l’Etat jacobin ont visiblement impressionné le haut fonctionnaire en poste au Palais Lantivy, sans doute soucieux pour la suite de sa carrière.

En accordant une subvention importante, plus d’un million d’euros, à la fédération Scola Corsa qui chapeaute cinq sites scolaires ouverts « en immersion totale », à Biguglia, Bastia, Sàrrula, Corti et Lucciana, la Collectivité de Corse a fait le choix de soutenir pleinement l’immersion linguistique. Les résultats pédagogiques probants obtenus par Scola Corsa en appliquant les méthodes du réseau Eskolim qui regroupe des structures similaires en Bretagne, en Catalogne, au Pays Basque, en Occitanie et en Alsace, ont assuré un plein succès à cette filière où les parents constatent, ravis, que leurs enfants réussissent à s’approprier la langue corse pour la parler spontanément entre eux et avec eux, y compris en dehors de l’école. En tentant de briser cet élan novateur, les représentants de l’État en Corse, poussés par les Ministères concernés, commettent une agression inqualifiable contre le peuple corse.
La protestation massive et spontanée opposée devant les préfectures la semaine passée lui en a-t-il fait prendre conscience ? Il se trouve sommé désormais de résoudre le problème qu’il a lui-même créé.
Car son initiative de contester en justice la délibération adoptée à l’unanimité par l’Assemblée de Corse a pour effet, tout d’abord, le temps de la procédure judiciaire, soit entre un et deux ans, de précariser le réseau associatif en décourageant parents et enseignants de le rejoindre. L’ouverture d’un sixième site dans le Fium’Orbu était en cours de programmation. Elle est fragilisée désormais. En effet la décision du Tribunal est largement prévisible, dans la continuité de l’arrêt scandaleux rendu contre la délibération visant à permettre le bilinguisme lors des débats à l’Assemblée de Corse.

« la CeA [Collectivité européenne d’Alsace – NDLR] alloue au bénéficiaire une subvention d’un montant maximal de 507.000 € (dont) 460.000 € au titre du fonctionnement de 23 postes hors contrat avec l’Éducation nationale ».


Pour sortir de cette situation, l’État n’a qu’un moyen désormais : contractualiser à marche forcée les onze enseignants de Scola Corsa qui ne le sont pas encore, et rendre ainsi moins vitale la subvention de la Collectivité de Corse.
Avec ses lois « républicaines » emblématiques, l’État jacobin en est donc arrivé à se piéger lui-même.

Pourtant il n’en est pas partout ainsi. La convention de partenariat entre la Collectivité européenne d’Alsace, l’équivalent d’un département Alsace, et l’association ABCM-Zweisprachigkeit, l’équivalent alsacien de Scola Corsa, prévoit l’attribution d’une subvention dans le cadre de l’aide au développement de l’enseignement bilingue privé et associatif en termes explicites, par son article 2 ainsi rédigé : « la CeA alloue au bénéficiaire une subvention d’un montant maximal de 507.000 € (dont) 460.000 € au titre du fonctionnement de 23 postes hors contrat avec l’Éducation nationale ».
L’Alsace peut donc subventionner « 23 postes hors contrat » quand il est interdit à la Corse de le faire. L’explication tient au « droit local » qui existe en Alsace. En effet, les lois « républicaines » chères à Jean Michel Blanquer datent de 1905, quand l’Alsace était encore allemande. Si bien qu’elles ne s’y appliquent pas.
Ce qui amène à une conclusion simple, et ô combien d’actualité : il faut à la Corse aussi la possibilité d’avoir ses propres lois si elle veut atteindre ses objectifs fondamentaux, notamment en matière de transmission de la langue corse. •

[NDLR] – Site digià quasi 8.000 personi à zifrà u manifestu ! Cuntinuate : https://www.scolacorsa.corsica/signer

aue-rect
pietra-rect
mattei-rect
pm-rect

Sustenite

A voce di l'autunumia dipoi sissant'anni

Abbunatevi

Arritti ùn pò campà senza voi !

soleco
ottavi
lmaiacciu
fratelliangeli
casart

Annonces
légales

Publicate i vostri annunzi ind'è Arritti : susteniteci !

Lingua

Quasi 1500 personni trà Bastia è Aiacciu

le 30/04/2026

Scola Corsa hà chjamatu à adunìscesi in Bastia è in Aiacciu stu 28 d’aprile per dumandà a « cuntrattualisazione generalizata,…

L'EXISTENCE DE SCOLA CORSA EST MENACÉE

le 25/04/2026

L’existence de Scola corsa est menacée à court terme. Avec elle, qu’on ne s’y trompe pas, c’est la langue corse…

U mo parè

le 09/04/2026

Le 4 avril, Jean-Michel Blanquer a publié sur le réseau social X un message dont la virulence aurait dû faire…

Da leghje dinù

Hiroshima

Accapu di a reddazzione

le 06/05/2026

Shigeaki Mori avia 8 anni u 6 d’aostu di u 1945. Natu in u circondu di Hiroshima, si truvava à…

Attualità

le 06/05/2026

scontru

Umagiu

le 18/10/2025

Max

ARRITTI lance un appel

le 08/08/2025

Aleria Arritti

Recevez
notre Newsletter

Ricevite l’attualità è i cartulari di a nostra redazzione, per e-mail, una volta à a settimana.

Ricerca