« Dans le cadre de l’examen du projet de loi pour une montagne libre et souveraine, le député de la deuxième circonscription du Cismonte, François Xavier Ceccoli a déposé un amendement qui nous inquiète particulièrement, puisqu’il reporte de 5 ans l’obligation pour les communes de montagne d’élaborer des documents d’urbanisme. Il y a un risque de spéculation accrue après la spéculation sur le littoral, avec un élargissement de cette spéculation dans les zones de montagne » alertait le conseiller Femu a Corsica Romain Colonna il y a peu.
Interrogeant ce 25 juin, le conseiller exécutif en charge de l’aménagement et de l’urbanisme à la Collectivité de Corse, Julien Paolini, ce dernier lui a apporté cette réponse : « Cette proposition d’amendement visant à reporter l’interdiction d’extension de 5 ans, conduira inexorablement à renforcer la spéculation foncière et immobilière, notamment dans les communes les plus touchées de l’île. Il conduira inexorablement à renforcer l’exclusion des Corses de l’accès au logement. Il conduit également à poursuivre un modèle de développement que nous combattons qui a consisté depuis ces cinquante dernières années à l’explosion des résidences secondaires » explique Julien Paolini qui rappelait, devant les élus de l’assemblée de Corse qu’en 1970, la Corse comptait 7.000 résidences secondaires contre 97.000 aujourd’hui ! « On a construit en Corse en 50 ans, 90.000 résidences secondaires, notamment sur le littoral, en extension de l’urbanisation, sur des principes totalement contraires aux dispositions de la loi Littoral, essentiellement donc pour des gens qui ne vivent pas et qui ne travaillent pas à l’année sur notre territoire. Est-ce que vous pensez que cet amendement qui préconise qu’on poursuive l’extension de l’urbanisation partout en Corse, et notamment sur les communes littorales où la spéculation bat son plein, va diminuer la pression sur les maires ? Va diminuer la spéculation foncière et immobilière ? Et va limiter les dérives mafieuses ? Moi je pense que c’est tout le contraire ».
« Qu’on arrête de nous faire croire que cet amendement est fait pour répondre aux problématiques de l’intérieur et de montagne. Il est fait pour favoriser un modèle de développement qu’on combat dans tous nos règlements d’aides, conditionnalité des aides, régulation des meublés de tourisme, aides aux primo-accédants et condition de résidence pour l’accès aux aides » a encore argumenté le conseiller exécutif très en colère sur cette initiative qui ne peut que renforcer les motivations à arracher une autonomie qui puisse protéger la Corse et les Corses de cette mainmise sur son patrimoine de littoral ou de montagne. •








