Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2944

da u 9 à u 15 di lugliu di u 2026

Sénatoriales en Corse

Le scrutin qui pourrait faire basculer le vote sur l’autonomie

Senatoriales_26

le 10/07/2026

Par François Alfonsi

Quel meilleur message envoyer aux sénateurs qui, en novembre prochain, auront à voter sur le projet d’autonomie de la Corse, si ce n’est celui, lors du renouvellement partiel qui aura lieu le 27 septembre prochain, de la réélection du sénateur autonomiste Paulu Santu Parigi en Haute-Corse, et celui de la défaite du sénateur anti-autonomiste Jean Jacques Panunzi en Corse-du-Sud ?

Pour le scrutin de Haute-Corse, la question est la plus facile. Les élections municipales, qui définissent le corps électoral qui participera au vote de septembre, y ont confirmé les équilibres qui avaient permis la première élection de Paulu Santu Parigi il y a six ans. Bastia est resté acquise à la mairie sortante, ainsi que Biguglia, L’Ìsula Rossa, Furiani, et de plusieurs autres mairies importantes, tandis que l’implantation dans le rural reste à l’avantage du sénateur sortant.
Aucune élection n’est une formalité, mais, déjà en campagne sans que son adversaire ne se soit encore déclaré, le sénateur nationaliste est bien placé pour être réélu, et donc pouvoir continuer à porter la voix de la Corse pour l’autonomie au sein du Sénat.

En Corse-du-Sud, les choses seront plus difficiles. Contrairement à la Haute-Corse, Aiacciu et la CAPA sont restés majoritairement à droite, ce qui pèse proportionnellement bien plus lourd que Bastia en Haute-Corse dans l’équation électorale des grands électeurs. Le soutien du maire d’Aiacciu, Stéphane Sbraggia, qui a pris position avec énergie en faveur de Jean Jacques Panunzi dans la presse au nom de « l’Union de la droite » dans la perspective des scrutins à venir (législatives, puis territoriales), lui apporte un premier socle électoral.
Ensuite Jean Jacques Panunzi a l’avantage d’être le sortant, ce qui, dans ce type d’élection, est très souvent un gros avantage. De plus, ses soutiens électoraux les plus proches, bien qu’il soit un élu de droite encarté chez les Républicains, il les trouve parmi ce qui reste encore de l’ancienne gauche radicale insulaire, dans le Valincu ou à Piana par exemple, qui sont les plus virulents des anti-autonomistes.
Cependant, en candidature regroupée comme en candidature plurielle lors du premier tour, les opposants à Panunzi peuvent espérer renverser le jeu. Tout d’abord la position de Sbraggia sacrifie d’emblée le débat sur l’avenir de la Corse à travers le statut d’autonomie. Vu les positions en pointe prises par Laurent Marcangeli à l’Assemblée nationale, ce positionnement équivaut à un renoncement et il va générer d’importantes divergences. Et quel choix restera-t-il à ceux qui croient véritablement dans le processus de Beauvau, dont manifestement Stéphane Sbraggia ne fait pas partie, si ce n’est de censurer la candidature Panunzi, soit par une candidature autonome, soit dans le secret de l’isoloir ?

Côté nationaliste, la moisson des municipales a surtout produit des situations nouvelles en Corse-du-Sud. Même minoritaires à Aiacciu, nos bons résultats électoraux nous y laissent un contingent significatif parmi les 106 grands électeurs désignés par la ville. Et les quelques basculements survenus, comme à Sartène, impactent le scrutin en notre faveur, tandis que nos points d’appui, dans les communes rurales, sont restés bien en place, voire sont améliorés. S’y ajoutent les 75 % de maires du département qui ont signé la lettre aux députés initiée par le président de l’Association des maires de Corse-du-Sud, Jean Jacques Ciccolini, approuvant le processus d’autonomie, en opposition au sénateur sortant, et à son nouveau soutien Stéphane Sbraggia qui s’est targué publiquement de l’avoir combattue.

Est-ce que cela sera suffisant ? Seule une campagne active pourra le dire in fine, et, quoi qu’il arrive, la pire des solutions serait de laisser le champ libre comme cela avait été fait il y a six ans.
Dans quelle configuration cette opposition au sénateur sortant de Cors-du-Sud pourrait-elle se présenter ? Trois candidatures sont évoquées : celle soutenue par Femu a Corsica, Core in Fronte et les composantes qui ont convergé dans Aiacciu Vivu, celle soutenue par le PNC, et celle d’un candidat « pro-autonomie », mais non nationaliste. L’objectif fondamental est d’obtenir qu’il y ait un second tour, et que toutes convergent au second tour pour écarter le sénateur sortant.
Ce serait très certainement le meilleur message que l’on pourrait adresser au Sénat avant qu’il ne débatte à son tour du projet de loi constitutionnelle que l’Assemblée nationale a adopté à une large majorité le 23 juin dernier. •

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