E riflessioni di Max Simeoni

Pour sauver le Peuple Corse, les trompettes de Jéricho ?

Max Simeoni Bastia
par Max Simeoni
Sur le Corse Matin de ce 4 avril, toute la page Bastia est consacrée à « Un chantier acrobatique pour rénover le pont de Casamozza ».

 

La CdC avait, en 2018, fait inspecter les ex-routes départementales par un cabinet extérieur en vue de les mettre à niveau. On apprend ainsi que ce pont avait été construit en 1969 et « fait l’objet d’une rénovation complète dont le coût s’élève à 1,8 million d’euros », mais quel pont existait-il avant ?

Je peux vous le dire, l’ayant traversé quelques fois. C’était un pont en bois à voie unique construit par les Américains en 1943, les Allemands de l’Africa Corps ayant fait sauter l’ancien pont pour couvrir leur retraite (l’Afrique, Sicile, Sardaigne, Corse) et rejoindre le front de guerre stabilisé à Cassino. Imaginez un tel pont entre deux virages sur deux rives… Les années passant, il était devenu le symbole de l’abandon de la Corse par Paris. Vers 1965, un plasticage nocturne d’amateur avait un peu endommagé une partie du tablier extérieur. La circulation a été interrompue un jour ou deux, le temps d’être assuré quant à la sécurité. Cet attentat a soulevé un raz-de-marée d’allégresse comme si un affront avait été lavé. Il a fallu de 1943 à 1969, donc 26 ans, avant que le pont en bois à voie unique soit remplacé… Aujourd’hui, c’est Vanina Borromei de l’Exécutif de la CdC, présidente de l’Office des transports de la Corse, qui en a la charge.

 

Après ce rapprochement en pont de mémoire, je reviens à notre actualité dominée par une campagne électorale qui sort de l’ordinaire.

Les Territoriales auront lieu en juin si le virus et ses mutants en accordent la permission. Du jamais vu !

En haut de l’Olympe, Jupiter foudres en main prêt à les jeter sur une coalition de natios. Il appelle à une guerre sainte contre elle qui avait gagné avec une « majorité absolue » le pari « chiche ! » de Caseneuve d’une Assemblée Unique sans conseils départementaux (ex-conseils généraux). Il lance sa croisade lors du cérémonial anniversaire de la mort du Préfet Erignac. Il rend visite à Aiacciu où il organise LA réunion des États européens méditerranéens, puis à Bunifaziu où il appuie son ministre du tourisme en colloque. Bref, il ranime les maires des deux villes du Sud au bouche à bouche. Suit un ballet de ministres, dont une Madame Corse, qui gagnent un peu de temps nécessaire pour que Jupiter affûte son plan, endorme les cibles en leur laissant croire qu’on échangera démocratiquement et non des flèches. La mesure prise, Jupiter nomme le préfet qui va manœuvrer sur le terrain, lequel lance aussitôt un paquet de 160 millions d’euros au maire d’Aiacciu et un de 60 millions à celui de Bonifaziu, destinés à améliorer leurs infrastructures, en les « modernisant avec un téléphérique ». Du jamais vu !

 

Un double message clair. Débarrassez-moi des natios et vous serez aidés et récompensés et de toute façon sans moi les natios n’ont que des miettes à vous donner.

La suppression des conseils généraux demandée depuis plus de 50 ans par tous les mouvements nationalistes a comme conséquence que le pouvoir central élyséen et parisien ne peut faire son jeu en laissant les maires en proximité pour ainsi dire en face à face avec le seul pouvoir « local » nationaliste. Mais au jour le jour, il ne peut faire le jeu que par des ministres et tenir la bride que par des discours et ou des plans de développements économiques. Il met en première ligne ses administrateurs et les préfets chefs de corps opérationnels.

L’ordre donné est impératif. L’ennemi de la République des jacobins ce sont, en Corse, les natios qu’il faut éradiquer ou réduire leur influence le plus possible. La leçon a tirer côté natios saute aux yeux. La priorité est de changer de système, s’ils restent persuadés qu’ils ont comme mission de sauver le Peuple Corse, condamné à disparaître par l’idéologie des jacobins. Ils doivent faire le maximum d’efforts assortis d’une lucidité constante pour obtenir au plus vite les moyens d’empêcher ce crime contre leur Peuple. Il est l’œuvre d’une politique de l’État républicain français non avouée mais constante.

 

Aussi je suis inquiet, pour ne pas dire atterré, quand je vois nos coalisés tenant le pouvoir local jouer des coudes entre eux pour se faire réélire ce qui les conduit à ne pas avoir de Parti organisé pour mener le combat de la survie en les enfermant dans des jeux de factions électoralistes. Peuvent-ils se ressaisir et quand ? Après la période électorale ? Quelqu’un peut-il me rassurer tant soit peu ?

J’ose espérer, avec ma foi et toute ma sincérité, que je me trompe… •