Une coordination s’est constituée au-delà des deux collectifs antimafia créés depuis six ans maintenant. À leurs côtés, ensemble, plusieurs associations et syndicats, donnaient une conférence de presse le 4 octobre à Bastia pour appeler à une grande manifestation le 15 novembre prochain à Aiacciu.
La coordination est ouverte et appelle là-encore très largement (lire ci-contre), toutes structures citoyennes, syndicales, associatives, entreprises, groupes culturels, partis politiques, institutions, autorités religieuses, à la rejoindre et à se mobiliser afin de faire de cette journée du 15 novembre un tournant déterminant dans la lutte antimafia. Depuis la création des deux collectifs antimafia, une prise de conscience s’est faite au sein de la société corse, et notamment des élus et de l’État qui ont évolué sur ce sujet encore tabou il n’y a pas si longtemps. Cette prise de conscience, cette mobilisation a eu des effets indéniables nous disent les collectifs :
– libération de la parole
– résolution et délibération votées à l’unanimité par l’assemblée de Corse
– ateliers de préconisation de mesures antimafia
– votes de lois antimafia au Parlement présentées par des parlementaires corses
– évolution notable du discours de l’État sur la réalité de la mafia
– création du Parquet anticriminalité organisée à Bastia
– colloque antimafia à Cargèse les 28 février et 1er mars 2025
– éducation à l’antimafia organisée par le Rectorat et la Collectivité de Corse
– manifestation antimafia d’ampleur (2500 personnes) en mars 2025
– création annoncée d’une Commission antimafia à la Collectivité de Corse.
« Toutes ces mesures, pour être indispensables, sont loin de suffire » alertent les Collectifs anti-mafia, « la pression mafieuse ne faiblit pas et s’étend même à tous les secteurs de la société corse. Les citoyens, la jeunesse, les entreprises, les agriculteurs, les élus, les fonctionnaires sont confrontés chaque jour à des actes criminels, des menaces, des tentatives de corruption, à une inondation de produits stupéfiants, à des violations des lois protégeant notre environnement ».
Aussi, la coordination antimafia est-elle créée pour donner plus d’ampleur encore au rejet qui s’exprime depuis six ans et à la volonté d’éradiquer cette pieuvre qui veut étaler ses tentacules sur l’ensemble du peuple corse. Il est temps d’élargir la lutte à l’ensemble de la société corse et en particulier de ses forces vives.
Voici le texte remis à la presse. Arritti reviendra sur cette démarche citoyenne et appelle d’ores et déjà ses lecteurs à la rejoindre. •

Anu dettu
« Si on laisse faire le système mafieux aujourd’hui qui est en train de s’accaparer des pans entiers de pouvoir, en particulier au niveau économique, ce sera une société demain où il faudra baisser la tête, demander l’emploi ou chercher à se mettre de côté, ne pas trop déranger. De cette société-là, nous n’en voulons pas, nous voulons une société de productions et de liberté. Et pour cela il faut que le système mafieux soit affaibli. » • Léo Battesti
« Les actes criminels se multiplient, les actes d’intimidation se multiplient, et c’est toute une société qui est en train de perdre espoir, de perdre pied, et qui s’en va toute en déliquescence. Il y a une forte force de résistante à la mafia, il faut la mobiliser. » • Jean-Toussaint Plasenzotti
« La mafia aujourd’hui en Corse ce sont des groupes criminels pérennes qui se fondent sur un capital criminel qui leur a permis de créer ce pouvoir d’intimidation. Il faut le dénoncer et le combattre. » • Jérôme Mondoloni
« Il y a trop de victimes aujourd’hui en Corse qui souffrent, qui subissent le racket, qui subissent les incendies. Et puis vous avez des assassinats qui restent sans réponse. Il y a une nécessité de montrer l’exemple aux Corses que ce n’est pas en restant à la maison ou derrière un ordinateur que le combat se fait. » • David Brugioni.
« Nous travaillons sur l’écoute des victimes qui ne veulent au départ ni médiatiser ni porter plainte, parce qu’elles ont peur. On est dans la peur. Donc nous on voit beaucoup plus de choses de la société corse que ne peut voir un journaliste ou un juge. Il y a urgence à agir. » • Josette Dall’Ava Santucci.








