L’identité des Roms est un exemple rare de résilience d’une culture originale. Ils n’ont pas de territoire, pas d’institutions, pas d’écoles, et pourtant, depuis le seizième siècle, ils ont conservé intactes leur langue et leurs traditions.
La Journée internationale du peuple Rrom qui s’est tenue à Montpellier le 8 avril dernier a été une commémoration du massacre du peuple Rrom perpétré par les nazis durant la seconde guerre mondiale dans des camps de concentration identiques à ceux de la solution finale imaginée contre le peuple juif.
Les officiels présents, préfet en charge des discriminations, maire de Montpellier, tout en honorant la mémoire de ces victimes de l’autre holocauste, ont tenu des discours pour promouvoir « l’intégration » des Rroms dans le moule social et culturel « républicain français », très loin de l’attente de ce peuple qui aspire avant tout à la reconnaissance de sa différence et à la transmission de sa culture et de sa langue.
Pour R&PS et son porte-parole à cet évènement, Jordi Vera, le point de vue est radicalement différent. Le peuple Rrom a droit à sa culture, et à une reconnaissance institutionnelle comme le stipule la Charte européenne des langues minoritaires, que la France refuse de ratifier. RPS réclame la fin des discriminations qui le frappent car les autorités françaises les réduisent institutionnellement à « des gens du voyage » alors que 98 % des 200.000 Rroms, gitans, manouches, tsiganes, vivant en France sont sédentarisés.
Le président de RromEurope, Umberto Roberto Guerra, a prolongé les contacts pris avec RPS à Montpellier en rencontrant une délégation du Conseil fédéral ce samedi à Paris.
Dans cette communauté implantée dans plusieurs pays d’Europe depuis cinq siècles, la transmission culturelle, très vivante, se fait uniquement par la famille, en dehors de tout support institutionnel ou scolaire. Il est stupéfiant de constater la force de cette transmission familiale, malgré la domination du français : au XXIe siècle, même s’ils vivent en région parisienne ou ailleurs loin de Perpignan, ces 200.000 gitans vivant en France, de tous les âges, parlent un même catalan archaïque, un peu comme le québécois pour le français, alors que leur langue se transmet uniquement dans la sphère familiale.
Leurs grandes figures culturelles comme Django Reinhart, les Gipsy Kings ou Manitas de la Plata ont montré à quel point leur culture contribuait à la richesse culturelle de la France et de l’Europe.
Pour R&PS, le combat est le même qui doit aboutir à la reconnaissance de la diversité culturelle et linguistique en France, qu’elle soit territorialisée comme en Corse, ou qu’elle soit le fait d’une communauté non territorialisée comme les Rroms. •








