La crise qui menace le secteur des transports en Corse a provoqué un mouvement social au sein des deux compagnies maritimes qui assurent la desserte de continuité territoriale entre Marseille et la Corse, Corsica Linea et la Méridionale.
Quand les premiers blocages sont intervenus et ont perturbé les rotations des deux compagnies, et aussi celles de Corsica Ferries, alors que les vacances scolaires d’hiver allaient bientôt commencer, il était capital de pouvoir prendre l’initiative d’un dialogue immédiat et efficace.
C’est ce qu’a réussi à faire l’Office des Transports de la Corse présidé par Jean Félix Acquaviva. Alors que la réunion obtenue par les syndicats avec le Ministère des Transports à Paris avait été strictement improductive, celle menée en Corse par le représentant de l’Exécutif a débouché sur une levée des mots d’ordre de grève et la reprise rapide des rotations.
Il a fallu plusieurs heures de discussion qui ont débouché, non pas sur la satisfaction des revendications avancées par les organisations syndicales, la Collectivité de Corse ne dispose pas de pouvoirs suffisants pour cela, mais sur un solide plan d’action collectif pour constituer un front commun dans ce dossier.
L’enjeu est très important car le tissu économique corse irrigué par cette activité économique, spécifiquement insulaire, concerne des milliers d’emplois. Au-delà des marins eux-mêmes, il y a par exemple l’école maritime de Bastia qui est une des belles réussites de la formation en Corse de cette dernière décennie, et aussi des fournisseurs insulaires qui se sont progressivement imposés en s’adaptant aux cahiers des charges des compagnies, etc.
Jean Félix Acquaviva, excellent connaisseur du dossier, a convaincu ses interlocuteurs qu’il fallait peser ensemble, syndicats, compagnies et élus de la Corse, aller chercher des partenaires au-delà de la Corse, à commencer par la Sardaigne, pour pouvoir modifier les nouvelles règles de fiscalité écologique qui impactent de façon disproportionnée les îles dont le pouvoir d’achat des habitants et la rentabilité des activités économiques dépendent bien plus qu’ailleurs du coût des transports.
Ce front commun fera aussi pression sur l’État pour qu’il donne des moyens stabilisés pour la continuité territoriale Corse-continent, et pour qu’il veille à une régulation équitable de l’activité de l’ensemble des compagnies qui opèrent depuis les ports français en Méditerranée, afin que celles qui battent pavillon français puis continuer à vivre.
Et il cherchera dès maintenant les solutions pour garantir l’avenir à long terme de ceux qui vivent de l’activité des transports maritimes entre Corse et Continent.
Il faut se battre ensemble pour que le maximum de retombées économiques soient réalisées au profit de la Corse. C’est une priorité naturelle : si une telle activité économique existe en Méditerranée, c’est bien parce qu’il existe une île, la Corse, au large des ports continentaux, et pas le contraire ! •
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