Élections européennes

Régions & Peuples Solidaires désigne ses candidats

Après avois entériné fin novembre son « programme pour la construction d’une Europe fédérale des régions », la Fédération Régions & Peuples Solidaires dans laquelle siège notamment pour la Corse les partis Femu a Corsica et PNC, vient de désigner ses candidats têtes de liste pour l’élection européenne de juin prochain. Il s’agit de sa députée sortante* Lydie Massard, élue de l’Union Démocratique Bretonne, et de l’alsacien Maxence Helfrich, vice-président des jeunes de l’Alliance Libre Européenne et membre de la direction d’Unser Land, parti autonomiste alsacien. S’ils sont élus, ils seront appelés à siéger au sein du groupe Verts-ALE dans la continuité du mandat de François Alfonsi. Reste à savoir sur quelle liste R&PS pourra mener campagne. Nous en saurons plus au terme des négociations qui se déroulent en ce moment avec les partenaires historiques que sont les Verts, et d’autres partenaires potentiels en relation avec le groupe Liot à l’Assemblée nationale.
Député sortant, rappelant les valeurs portées par R&PS qu’il préside, François Alfonsi, répondait ce 18 janvier 2024 aux questions de Laetitia Pietri sur RCF Corsica.

 

 

Quelles sont les valeurs que votre mouvement défend pour l’Europe ?

Régions & Peuples Solidaires est une fédération de partis autonomistes et régionalistes qui au sein de l’État français sont présents en Bretagne, en Corse, en Occitanie, en Catalogne, au Pays Basque, en Alsace, en Savoie. Elle est construite bien sûr sur un message pro-européen et d’une Europe fédérale qui fasse la place à tous les peuples qui œuvrent pour une reconnaissance constitutionnelle et pour l’autonomie. Voilà sa philosophie, et ce que nous portons au sein de ce groupe que nous formons avec les Verts, et où nous siégeons en tant que députés de l’Alliance Libre Européenne puisqu’il y a des députés catalans, écossais et de Galice qui sont présents dans ce groupe. Nous portons évidemment le même combat au niveau de l’Europe, qui est la reconnaissance des peuples des Nations sans États.

 

Et pour la Corse que défendez-vous et que peut permettre l’Europe ?

Pour la Corse c’est une représentation dans une instance qui est le Parlement européen qui est un lieu d’élaboration des politiques. Il est toujours important d’être présent quand les politiques s’élaborent plutôt que d’attendre qu’elles soient votées par d’autres et qu’elles s’appliquent plus ou moins bien à la situation qui est la vôtre. La deuxième chose c’est que ça permet aussi d’avancer des priorités. Pour ma part, j’ai été très présent sur le dossier des langues régionales et minoritaires, sur le dossier des îles où nous avons fait voter le parlement de façon très majoritaire en faveur d’un statut des îles, sur le dossier de la Méditerranée où j’ai fait voter un rapport en faveur d’une stratégie macro-régionale en Méditerranée, qui coordonne toutes les politiques concernées. C’est un endroit où à la fois dans chaque loi qui se présente, on essaie de faire valoir les intérêts du territoire d’où l’on vient et qui, sur des lois générales, essaie de faire avancer l’Europe sur des lignes politiques favorables au contexte insulaire ou méditerranéen et aux peuples minoritaires.

 

Quel regard portez-vous sur le Parlement européen et son fonctionnement. Il est parfois décrié avec un manque de démocratie par exemple ?

Non, je pense que c’est quand même une structure très démocratique. Évidemment il y a des grands groupes, c’est un parlement élu à la proportionnelle, la politique ne s’y déroule pas comme à l’Assemblée nationale avec des votes majoritaires ou des 49-3, c’est-à-dire avec des décisions qui sont un peu brutales. Ici la décision est forcément le fruit d’un consensus et se construisent sans brutalité, avec beaucoup d’échanges, beaucoup de dialogue, beaucoup de temps passé pour rechercher ce consensus. Cela permet aussi bien sûr de renforcer la cohésion de l’Europe puisque c’est l’espace où Polonais, Portugais, Grecs et Corses sont ensemble pour essayer de réfléchir à l’avenir de l’Europe. C’est une institution respectable, il n’y a qu’à voir à chaque fois que dans le monde quelqu’un se dresse contre une dictature, il s’adresse au Parlement européen où il cherche à la fois des soutiens, une caisse de résonnance, et une tribune pour se faire connaître. •

 

* Lydie Massard siège depuis quelques semaines au Parlement européen depuis l’élection au Sénat de Yannick Jadot et sa démission automatique.

 

Retrouvez toutes les infos de la campagne des Européennes sur le site de la Fédération R&PS : www.federation-rps.org