O tempora, o mores ! Depuis Cicéron la société n’en finit pas d’innover dans ses dérives en les aggravant. Ainsi en est-il de la nouvelle mode de la spéculation immobilière, sous couvert d’agro-tourisme, qui s’abat sur des secteurs encore inviolés du littoral insulaire.
Le grand précurseur a été le domaine de Murtoli dans la partie la plus sauvage du littoral de la commune de Sartè. Le domaine « Château du Prince Pierre » dans les espaces les plus sauvages de l’Argintella-Luzzipeu, sur la commune de Calinzana, s’en inspire directement. La méthode est désormais rodée : acheter à bas prix un foncier réputé inconstructible, mais doté d’une ruine imposante qui peut servir de base à un permis de construire sous couvert de rénovation, en l’occurrence l’ancienne demeure effondrée du très original Prince Pierre, neveu direct de Napoléon. Puis en changer la vocation agricole (le pastoralisme) pour y implanter un vignoble de prestige. Puis, après quelques années, sortir son grand projet touristique des cartons sous couvert d’un projet « œnotouristique » qui multiplie à gogo « chambres d’hôte » « bâtiments agricoles » et « logements du personnel ».
Ce permis a été judicieusement refusé car il dépasse très largement les limites d’un projet agricole, fut-il agrémenté d’œnotourisme. Les promoteurs saisissent alors les médias pour dénoncer les « persécutions » dont ils sont victimes de la part des « écolos intégristes ». Ils s’en prennent au Levante, comme d’habitude, et aussi à Laetitia Simeoni, éleveuse de brebis et de bovins sur des terrains voisins, vice-Présidente du syndicat Via Campagnola, qui s’oppose à la transformation immobilière du domaine.
Et, comme à Murtoli, c’est la plume de Gabriel Xavier Culioli, fervent défenseur de ce modèle de société, qui s’en prend avec haine à ceux qui refusent ce développement pour milliardaires et qui veulent continuer à vivre de leur agriculture dans un environnement préservé.
Le syndicat Via Campagnola a pris vigoureusement la défense de sa vice-présidente. Voici de larges extraits de son communiqué. •
Réponse au consort Racine
Dans une publication relayée par Gabriel Xavier Culioli sur les réseaux sociaux, la famille Grisoli-Racine (Château Prince Pierre) se permet de tenter de salir Laetitia Simeoni, notre vice-présidente, et par la même occasion, le syndicat Via Campagnola. (…)
Notre vice-présidente n’a jamais construit de hangar, et tout ce qui est fait sur son exploitation l’est dans le strict respect des règles du PLU. La retenue collinaire citée était déjà là à l’installation de Laetitia Simeoni. (…) Le hangar date des années soixante et la retenue collinaire des années quatre-vingt. (…) Elle n’a jamais siégé à la CTPENAF1 (Commission Territoriale de Préservation des Espaces Naturels Agricoles et Forestiers). (…)
Si le projet du consort Racine a été rejeté par la majorité des membres de la CTPENAF, c’est qu’il ne respecte pas les règles et le droit en matière de protection des surfaces agricoles, naturelles et forestières. Les décisions sont prises à la majorité : il est idiot et particulièrement stupide de faire croire qu’une association ou un syndicat auraient, à eux seuls, un quelconque pouvoir de décision.
Il est particulièrement affligeant pour nous de constater que le consort Racine tente de faire croire que la personne qui siégeait, à l’époque, pour notre syndicat n’était pas honnête et intègre, car il s’agissait de Pierre Alessandri, notre Président lâchement assassiné il y a quelques mois à peine.
Il est de plus en plus insupportable de constater que, dans la société corse d’aujourd’hui, les individus peu respectueux du droit et des règles, et qui agissent pour leurs seuls intérêts, au détriment de l’intérêt général, salissent nos morts et calomnient les vivants par de fausses allégations pour détourner l’attention. C’est d’autant plus dommageable et dangereux quand un pathétique coucou local relaie ces accusations mensongères de façon haineuse (…)
Notre syndicat n’hésite pas à dire que ces fausses allégations et ces mises en cause font de nous, et de tous ceux qui défendons l’intérêt général, de véritables cibles, et ce, parfois, de façon volontaire, surtout quand ces propos sont relayés sous la forme que choisit notre pathétique coucou local.
Le syndicat Via Campagnola apporte son soutien à Laetitia Simeoni, et, plus que jamais lui renouvelle sa confiance. (…) •
Pour le bureau, Jean Dominique Musso.
- Commission territoriale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, co-présidée par le préfet et le président du Conseil exécutif, composée de 14 structures, associations, État, région, syndicats. ↩︎








