Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2946

da u 23 à u 29 di lugliu di u 2026

Ukraine, Iran

Le chaos international s’installe durablement

p9 Ukraine

le 25/07/2026

Par François Alfonsi

Les images de la guerre en Ukraine et des combats entre l’Iran et les USA autour du Golfe persique se sont installées sur les chaînes d’information en continu comme devant être le feuilleton de l’été. Mais, au-delà d’une succession d’épisodes guerriers à rebondissements permanents, c’est une crise mondiale qui s’installe durablement.

Historiquement, il est rare qu’une guerre n’aille pas au bout d’un engrenage qui va crescendo jusqu’à l’épuisement des munitions, des populations et des combattants.
Il en est ainsi en Ukraine depuis plus de 4 ans désormais, où les morts s’entassent sur une ligne de front dont l’enjeu territorial, quelques km2, est dérisoire à l’échelle d’un très grand pays comme l’est l’Ukraine, et a fortiori pour la Russie qui est trente fois plus étendue en surface, elle qui s’étire jusqu’au fin fond de l’Asie.
Comme le front reste à peu près immobile, les observateurs concluent à un affaiblissement des capacités russes qui, les années précédentes, avaient gagné progressivement quelques localités, sans pour autant renverser les positions de défense de l’armée adverse. Car les Ukrainiens ont su redéployer la guerre en ciblant les axes logistiques, les radars et autres infrastructures basiques de défense, ainsi que les stocks stratégiques en carburant et en armes. Leur ingéniosité dans le domaine de la production de drones leur a permis d’atteindre des cibles importantes jusqu’à Moscou et Saint Pétersbourg, tandis que leur avance technologique, désormais mondiale, dans le domaine des drones sous-marins, leur a permis de défaire la flotte russe en mer Noire, faisant ainsi de la Crimée occupée un territoire totalement vulnérable.

Mais la guerre en Ukraine a été momentanément reléguée au second plan par le conflit déclenché contre l’Iran dans le Golfe persique, haut lieu de la production mondiale de pétrole et de gaz, dont l’accès est régi par un verrou maritime stratégique, le détroit d’Ormuz. Pour les USA et leur allié israélien l’objectif était d’annihiler la puissance iranienne et de désarmer de la sorte les mouvements hostiles à Israël, en Palestine, au Liban, en Irak ou au Yemen.
Après quelques mois, l’objectif de départ est apparu hors de portée, et la situation oscille depuis plusieurs semaines entre cessez-le-feu et reprise des bombardements. Mais, si un engagement des hostilités se fait du jour au lendemain, beaucoup plus difficile est de conduire un désengagement ! Ne pas perdre la face est aussi important qu’atteindre une cible ennemie, et la surenchère est toujours la tendance principale. Tant et si bien que le conflit finit par rebondir quand on le pensait réglé, et qu’il pourrait tout autant cesser alors que les frappes se multiplient à nouveau. Il n’y a pas d’issue prévisible, et le plus probable est que cela ne résolve pas avant longtemps. Tout comme le conflit en Ukraine….

Ces deux situations de guerre ont des conséquences considérables. La fermeture du détroit d’Ormuz est de nature à provoquer un choc économique à travers le monde. Conséquence du renchérissement des prix des produits pétroliers, et de ceux des importations en général, une économie comme celle de l’Europe voit repartir son inflation, tandis que sa croissance économique est revue à la baisse.La pression militaire russe aux frontières de l’Europe oblige par ailleurs chaque capitale européenne à consacrer une plus grande part de ses investissements à la défense et au réarmement, et donc à baisser les engagements financiers nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique, alors même que les canicules se font sentir plus que jamais, et à contraindre toutes les politiques sociales et environnementales. Le mécontentement croît dans les populations, faisant le jeu des forces populistes d’extrême-droite. A court terme on imagine possible leur victoire électorale dans plusieurs pays d’Europe, à commencer par la France, dès 2027.
Plusieurs scénarios se dessinent donc désormais, parmi lesquels un scénario noir qui évoque la « Grande Dépression » de 1930. Aussi, en terminer rapidement avec ces deux conflits est une priorité. Mais les voix politiques qui s’élèvent en Europe à cette fin restent bien faibles alors que l’Europe en sera potentiellement la première victime. Seul Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, vent debout contre Poutine, Netanyahu et Trump, développe la position politique qui devrait être celle de tous les chefs d’État en Europe.
Face au chaos international qui s’installe il faut réagir beaucoup plus vigoureusement. •

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