Le 26 mars dernier, la fondation Centre Maurits Coppieters, qui regroupe plusieurs organisations défendant les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes en Europe, dont Arritti qui en est membre depuis l’origine, a décerné le prix Coppieters à Elisa Loncòn Antileo « pour sa contribution exceptionnelle à la défense démocratique des droits collectifs du peuple Mapuche ainsi qu’aux idéaux de paix et de diversité ».
Le prix Coppieters a été créé en 2016 pour récompenser des personnes ou des organisations qui, à l’instar du député flamand dont elle porte le nom, se distinguent pour la défense de la diversité culturelle et linguistique, le dialogue interculturel, l’autodétermination, le droit des minorités, la paix et la démocratie dans le monde. L’objectif est la promotion des valeurs de l’Alliance Libre Européenne, parti nationaliste auquel la fondation CMC est rattachée. Edmond Simeoni avait reçu le prix Coppieters en novembre 2018.
Issue d’une famille pauvre, Elisa Loncòn Antileo lutte contre la dictature que subit le peuple mapuche au Chili, particulièrement concernant sa langue pour laquelle elle a publié plusieurs ouvrages. En 2021, elle est élue présidente de la Convention constituante, puis s’investit au sein de la Convention constitutionnelle en charge de rédiger une nouvelle constitution. Elle est également investie au sein de l’organisation culturelle Ad Mapu et de l’Aukin Wallmapu Ngulam.
En 2021, le magazine Time l’a distinguée parmi les 100 personnalités les plus influentes de l’année.
La présidente de CMC, Antonia Luciani, a salué son rôle en faveur des droits des autochtones au Chili, son courage, son engagement en faveur de la justice, sa profonde compréhension des cultures et des traditions.
Elisa Loncòn Antileo s’est exprimée dans sa langue pour remercier l’octroi de ce prix, « hommage à la lutte et à la résistance des peuples autochtones, à leurs langues, à leurs cultures et à leur droit à un avenir où la démocratie est véritablement inclusive, plurielle et juste – une démocratie qui n’inclut pas seulement les humains mais aussi tous les autres êtres de la Terre Mère ». Elle a rappelé son opposition à la « discrimination raciale, au linguicide et à l’écocide », « héritage d’un système colonial, anthropocentrique, patriarcal et esclavagiste qui a sacrifié les peuples autochtones et les personnes de couleur au nom de la richesse ».
Pour Elisa Loncòn Antileo, « la démocratie, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est prisonnière d’une conception du progrès qui détruit tout le reste : les peuples, les forêts, les océans, des écosystèmes entiers. Elle nous a conduits à de nouveaux déséquilibres, à des crises climatiques ».
Elisa Loncòn Antileo lance un appel à reconnaître les peuples autochtones comme « gardiens de la biodiversité, porteurs d’une sagesse ancestrale qui peut aider à rétablir l’équilibre perdu ».
« Les langues autochtones ne sont pas de simples outils de communication. Elles sont des portes d’accès à d’autres façons d’être, pour comprendre que nous ne sommes pas au-dessus de la Terre, mais que nous lui appartenons » a dit encore Elisa Loncòn Antileo. •








