Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2892

da u 5 à l'11 di ghjugnu di u 2025

U mo parè

Les clés de l’avenir

Poretta

le 06/06/2025

Par François Joseph Negroni

Le vote du Sénat concernant l’intégration de la chambre de commerce et d’industrie de Corse – et, à travers elle, la gestion des ports et des aéroports – au sein de la Collectivité de Corse est une avancée majeure. Il marque un tournant dans la gouvernance de nos infrastructures vitales en définissant l’intérêt général et la puissance publique au cœur des leviers stratégiques de notre développement. En somme, il permettra à la Corse de sécuriser les clés de son propre avenir.

Que sont les ports et les aéroports sinon les artères par lesquelles circule le souffle de toute société insulaire ? Ils sont les bases matérielles de toute ambition économique, culturelle et diplomatique. Ils sont la condition première de l’ouverture au monde, du rayonnement et de l’échange. En sécurisant cette main, c’est un choix de souveraineté qui est fait, avec des outils placés au service d’un projet politique.

Et ce projet, nous le connaissons : il s’agit de construire un pays. Ce pays que nous appelons de nos vœux n’existera que si nous savons conjuguer puissance publique et force privée. Il ne s’agit pas de substituer une logique étatique à une logique de marché. Il ne s’agit pas non plus de sanctuariser les infrastructures au nom d’un fétichisme de l’administration. Il s’agit de réaffirmer une vérité simple : sans une puissance publique forte, régulatrice, stratège et responsable, il n’y aura pas de cap commun. Et sans une force privée dynamique, inventive, audacieuse, il n’y aura pas de mouvement. Pas de tissu productif. Pas de créations d’emplois. Pas de modernité économique.

Le transfert de tutelle de la CCI n’a de sens que dans cette perspective d’équilibre. Il doit s’inscrire dans une stratégie de développement claire, assumée et volontariste. Il doit permettre à la Collectivité de Corse de penser, planifier, animer et impulser un véritable écosystème de l’ouverture : une politique portuaire et aéroportuaire intégrée, articulée à une politique économique ambitieuse, à une stratégie touristique qualitative, à une politique de transition énergétique exemplaire. Il ne s’agit pas seulement d’exploiter des infrastructures. Il s’agit de bâtir un modèle qui s’écrit dans une trajectoire.

Ce modèle devra intégrer le secteur privé comme acteur central, comme partenaire d’avenir. Nous avons besoin de créer des entreprises. D’inventer des solutions. De transformer notre économie de rente en économie de projets. De faire émerger des champions insulaires dans les secteurs de demain : énergies renouvelables, mobilité intelligente, numérique, agroalimentaire, industrie circulaire. La puissance publique ne pourra le faire seule. Elle devra créer les conditions de cette dynamique : simplifier, financer, garantir, accompagner. Mais c’est à la société corse tout entière, et en particulier à sa jeunesse, de se saisir de ces leviers.

Ce transfert est donc plus qu’un transfert de compétence. C’est une invitation à la responsabilité. Une exigence de maturité. Un appel à construire ensemble une gouvernance moderne, équilibrée et ambitieuse. À sortir des oppositions stériles entre public et privé, entre gestion et vision. C’est un pas de plus vers une Corse fondée sur l’efficacité, la transparence et la solidarité. Un pas de plus vers un pays qui se gouverne.

Ce que nous défendons, c’est une nationalisation au sens noble : celle qui fait de l’intérêt collectif la boussole de toute décision. Ce que nous appelons, ce n’est pas une étatisation, mais une responsabilisation. Ce que nous voulons, c’est une Corse capable de maîtriser ses outils, de porter sa stratégie, d’affirmer sa volonté dans le concert des nations. Une Corse où la puissance publique éclaire le chemin, et où la société civile le parcourt avec vigueur et innovation.

Il ne suffit pas de dénoncer la dépendance. Il faut organiser l’autonomie. Il ne suffit pas de proclamer l’existence d’un peuple. Il faut lui donner les moyens d’exister pleinement dans le siècle qui sera – l’Histoire le dira – un siècle marquant pour l’Homme. L’un des plus puissants moyens de cette émancipation passe par cette capacité à relier notre île au monde, à décider comment, avec qui, dans quelles conditions. Cette capacité, nous devons l’assumer collectivement.

La Corse de demain ne se fera pas sans institutions fortes. Ni sans entrepreneurs libres. Elle se fera à la croisée des deux, dans un même élan, dans une même ambition, dans une même foi. La foi dans un pays à construire. •

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