Alors que le débat sur l’avenir de la Corse et son autonomie allait de l’avant en séance publique, beaucoup se sont déchaînés dans l’hémicycle, et surtout sur les médias et les réseaux sociaux, pour tenter d’empêcher l’adoption du texte portant réforme constitutionnelle pour la Corse par l’Assemblée nationale. Avec eux, c’est tout ce que la France compte de plus rétrograde, de plus vieux et de plus dépassé qui s’est exprimé.
Plusieurs sont intervenus, pour faire masse, en cosignant la tribune de la triplette Pierre Mazeaud, Elisabeth Badinter et Jacques Toubon, 88 ans de moyenne d’âge. On y trouve, pêle-mêle, des députés en activité (un macroniste, trois socialistes, un communiste), des sénateurs en activité (treize socialistes, un radical, un républicain, un communiste), et des signataires de tous acabits, comme les inévitables Benjamin Morel et Jean Michel Blanquer, Manuel Valls ou André Vallini, anciens ministres, en passant par quelques Corses de service appelés à la rescousse comme Emile Zuccarelli et Jean Baggioni.
Certains se sont démultipliés comme Benjamin Morel, propulsé comme constitutionnaliste de référence par les médias dominants. Ses tweets, tribunes et articles ont été largement publiés et relayés. Mais leur mayonnaise n’a pas pris, et l’Assemblée nationale a finalement validé les différents articles du projet d’autonomie de la Corse à inscrire dans la constitution.
À l’issue des débats, le pronostic d’une adoption en plénière est bien engagé.
Ce qui frappe dans l’attitude de ces Gardiens de la Révolution jacobine de 1792, c’est leur fanatisme. Rien n’entame leurs certitudes : ni la position du Président de la République, ni celle du gouvernement, et encore moins bien sûr celle de l’immense majorité de l’Assemblée de Corse. Et pas même celle de la majorité des députés désormais !
Ils sont capables d’ergoter à l’infini sur un mot, mais ils ignorent obstinément les votes démocratiques du peuple corse. Finalement, l’Assemblée nationale va les désavouer, mais ils restent persuadés de détenir la véritable légitimité, et ils continueront à se démultiplier devant le Sénat et dans la presse, en espérant que le vote négatif du Sénat mettra un point final au processus en cours.
L’autre volet de ce jacobinisme indécrottable est celui de l’extrême-droite. La palinodie du « contre-projet » imaginée par Marine Le Pen n’avait aucun autre motif que de donner le change, et amener à un vote en bloc contre l’autonomie de la Corse, tout en ayant fait semblant d’y souscrire en partie.
Mais les uns et les autres sont finalement en échec. •








