Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2878

da u 27 di ferraghju à u 5 di marzu di u 2025

Kurdistan

Les lignes bougent

Combattantes kurdes dans le Rojava.

le 27/02/2025

Par François Alfonsi

Le Kurdistan « politique » relie entre elles trois régions séparées par des frontières étatiques : le Kurdistan syrien, confronté à la restructuration en cours du pays, et sous agression des forces pro-turques de la milice ANS inféodée à Ankara, le Kurdistan en Turquie, la plus grande et la plus peuplée des zones kurdophones de la Région, et le Kurdistan irakien qui bénéficie d’une très large autonomie au sein de l’Irak. Le quatrième territoire kurde est en Iran. Lui aussi est concerné par de vastes mouvements contestataires (cf. le meurtre de Masha Amini qui a soulevé tout le peuple iranien contre les mollahs, et donné naissance au mouvement Femme Vie Liberté). Mais autant les trois territoires, syrien, irakien et turc, sont liés politiquement, le Kurdistan iranien reste lui bien à part.

Le journaliste André Metayer a publié le 20 février dernier un article très documenté sur les évolutions politiques récentes dans le journal en ligne ROJ-info dont nous publions plusieurs extraits dans le dernier volet de ce dossier.

Le Kurdistan irakien est le territoire qui bénéficie d’un statut politique d’autonomie qui donne des droits véritables au peuple kurde. Il est gouverné par les successeurs de Massoud Barzani, figure emblématique du Parti Démocratique du Kurdistan, la formation majoritaire dans le pays. L’autre composante est l’union Patriotique du Kurdistan, héritière de Jalal Talabani, autrefois rivale, mais désormais liée au PDK par un accord de gouvernement qui depuis des années a donné une stabilité politique à cette partie du Kurdistan.

Le Kurdistan syrien, le Rojava, a gagné une autonomie de fait très étendue dans le cadre d’un Etat syrien défaillant sous Bachar El Assad, grâce à l’action décisive de ses combattants dans la lutte contre l’État Islamique. L’avenir de ce gouvernement autonome est désormais suspendu aux évolutions institutionnelles de la Syrie, dont le nouveau pouvoir a été fortement soutenu par la Turquie. Or la Turquie a à nouveau agressé, y compris militairement en soutien à ses milices syriennes affiliées, les autorités du Rojava, les dénonçant comme une simple branche du PKK turc. Mais, depuis la lutte menée contre Daech, les autorités du Rojava bénéficient d’un certain soutien des USA, dont une base est stationnée sur leur territoire. Jusqu’à ce que Donald Trump en décide éventuellement autrement, comme il avait commencé à le faire lors de son premier mandat.

Le Kurdistan turc, le plus peuplé, est le cœur vivant de la lutte du peuple kurde contre le régime d’Ankara qui refuse tous leurs droits aux kurdes de Turquie. Des centaines de militants incarcérés, des élus au Parlement d’Ankara qui croupissent en prison depuis des années comme Selahattin Demirtas (depuis 2016), alors qu’il est député et alors qu’il avait recueilli près de 10% des voix à deux reprises à l’élection présidentielle turque. Et, au sommet de la hiérarchie du mouvement kurde, le fondateur du PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan, emprisonné au secret depuis 25 ans dans le bagne d’Imrali, une île isolée de la mer de Marmara. Depuis six mois, le régime de détention d’Öcalan a été assoupli et il a été autorisé par Erdogan à recevoir des visites dont il était totalement privé depuis 2015. Ces contacts, parmi lesquels une délégation du mouvement kurde DEM conduite par deux députés du Parlement d’Ankara, Sirri Sureyya Onder et Pervin Buldan, ont établi la possibilité d’un nouveau dialogue avec Ankara, en vue d’une solution politique à la question kurde.

Antagonismes et rapprochements

Politiquement le Kurdistan Irakien, soucieux de stabiliser sa reconnaissance sur la scène internationale, a souvent joué un rôle ambigu vis-à-vis de la résistance kurde de Turquie. À la frontière turco-irakienne, très montagneuse, les combattants du PKK se sont réfugiés et ont établi des bases arrière dans les monts Zagros, à Qandil. L’armée turque a fréquemment lancé des raids en territoire irakien contre le PKK sans pour autant provoquer de réactions fortes des autorités kurdes d’Irak. Car le Kurdistan d’Irak, très enclavé, a un impérieux besoin des routes commerciales à travers la Turquie, notamment pour exporter le pétrole extrait sur son territoire, poumon essentiel de son économie. D’où des tensions récurrentes entre le PKK turc et le PDK irakien, alors que PKK et AKP, le second parti kurde d’Irak, entretiennent des relations bien meilleures.

Au Rojava, le leader incontesté des combattants kurdes, général en chef des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), Mazlum Abdi, est un allié du PKK. Il a même été considéré comme un proche d’Abdullah Öcalan avant que celui-ci ne soit emprisonné. Depuis il a gagné le Kurdistan syrien pour organiser l’équivalent syrien du PKK, les YPG (Unités de Protection du Peuple). Les relations entre Kurdes d’Irak et Kurdes de Syrie se sont rapprochées fortement lors des combats contre Daech, mais, depuis, Abdi et Barzani se sont opposés à propos des raids turcs en Irak contre le PKK, et aussi lors des agressions de l’armée turque contre le Rojava. Cependant, alors qu’une négociation s’engage entre Ankara et les forces kurdes incarnées par Abdullah Öcalan, Barzani et Abdi se sont rapprochés.

Les derniers développements politiques (selon l’article d’André Metayer dans ROJ-info).

André Metayer reprend une dépêche de l’AFP du 16 février 2025 : « Une délégation du parti turc pro-kurde DEM a remis dimanche un message du fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan emprisonnée, Abdullah Öcalan, au leader historique kurde d’Irak, Massoud Barzani, dans le cadre de sa médiation entre Ankara et le PKK », message porté par les deux députés de DEM qui ont rendu visite à deux reprises à Öcalan sur son lieu de détention. En réaction Barzani s’est déclaré « prêt à soutenir les avancées du nouveau processus et à jouer un rôle actif en ce sens ».

André Metayer commente : « Barzani peut-il jouer le rôle de médiateur ? A priori, la réponse est oui : son pragmatisme et sa proximité avec Erdogan, pour des raisons économiques, stratégiques, mais aussi politiques, plaident dans ce sens. » Il ajoute : « Pragmatique, Barzani ne pourra non plus ignorer les Kurdes du Rojava. Il le sait : aucun accord ne pourra durablement tenir sur le dos du Rojava ».

« Barzani connait bien Mazlum Abdi, le commandant général des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) au Rojava, pour avoir combattu simultanément le groupe état Islamique, l’un en Irak, l’autre en Syrie, entre 2014 et 2019. Leurs relations furent difficiles, Barzani étant proche d’Ankara alors que Mazlum est l’allié du PKK. (…) ils se sont rencontrés en janvier 2025 à Erbil. Mazlum Abdi a dit sa satisfaction : “nous avons convenu que les Kurdes devaient adopter une position commune en Syrie” ».

Côté Kurdes de Turquie, Mazlum Abdi a déclaré : « La clé de la solution et de la mise en œuvre de la paix au Moyen Orient est entre les mains du leader Öcalan ; sa libération apportera une paix durable dans la région ». André Métayer commente : « Libération d’Öcalan contre la paix des armes (trêve, cessez-le-feu…), le deal est possible, mais pas certain. Tous sont dans l’attente de l’appel que doit faire Abdullah Öcalan avant la fin du mois, qui sera soutenu par le DEM Parti et, sans aucun doute, par Qandil et le Rojava. »

Que fera Erdogan ? Selon André Metayer, « il ne semble pas avoir la volonté de faire la paix avec qui que ce soit. L’actualité le prouve, les combats continuent au Rojava et la répression ne faiblit pas en Turquie. Sa dialectique est guerrière, mais sa force est virtuelle. Le pays s’engouffre dans une profonde crise économique (…). La position d’Erdogan se trouve fragilisée. Le contexte est plus que jamais favorable à l’ouverture de négociations. Il y a de bonnes raisons d’y croire… avec prudence. »

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