Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2943

da u 2 à l'8 di lugliu di u 2026

Vote du projet d’autonomie pour la Corse

Nombreuses réactions internationales

autonomie

le 02/07/2026

Le vote favorable du 23 juin en faveur d’une autonomie pour la Corse a surpris agréablement à l’international, tant la France fait figure d’État rétrograde. Parmi les nombreuses réactions à ce vote, voici celle de la fédération Régions & Peuples Solidaires, qui réunit les partis autonomistes ou indépendantistes de l’hexagone en Bretagne, Pays Basque, Catalogne, Occitanie, Alsace Moselle, Savoie et Corse. Ainsi que son pendant européen, l’Alliance libre européenne qui regroupe une quarantaine de partis nationalistes en Europe. Femu a Corsica est membre de ces deux fédérations.

Fédération Régions & Peuples Solidaires
« Un vote historique, chemin d’espoir pour tous les territoires »

«Ce mardi 23 juin, l’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture, à une large majorité, le projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse. Fruit d’un long et difficile processus qui a conduit à un consensus entre le gouvernement et les élus corses, ce vote reconnaît la « communauté historique culturelle et linguistique corse » et son droit de gérer elle-même les affaires qui la concernent.
Cette victoire est d’abord celle de la Corse, de son peuple et de ses élus. Mais elle est aussi celle de toutes celles et ceux qui, conscients que la France n’est pas un monolithe mais une diversité de cultures et de territoires, soutiennent, dans un esprit de justice et d’efficacité de l’action publique, la régionalisation sur la base de territoires
historiquement cohérents, l’adaptation et la différenciation.
La Corse, grâce à sa réalité insulaire et à une demande démocratique exprimée majoritairement sans discontinuer depuis plus de dix ans, a ouvert la voie. Les autres territoires ayant une identité forte, à l’instar de l’Alsace et de la Moselle, de la Bretagne, de la Catalogne, de la Flandre, des régions occitanes, du Pays basque et de la Savoie devront à leur tour pouvoir être reconnus et dotés d’un pouvoir normatif de plein exercice.
En attendant, Régions et Peuples Solidaires tient à saluer les députés qui, de la gauche au centre-droit, en passant par les écologistes et les représentants de la majorité gouvernementale, ont soutenu l’idée qu’à travers l’autonomie de la Corse c’est la justice et la démocratie qui l’emporterait face à l’uniformisation et la centralisation.
À ce titre, R&PS déplore le choix de la droite républicaine de ne pas avoir voté pour et constate l’opposition unanime de l’extrême-droite, de l’UDR au RN. Par ce choix, l’extrême-droite confirme qu’elle est la famille politique la plus hostile aux territoires et à la diversité des cultures.
R&PS reste toutefois vigilant et mobilisé car le parcours législatif reste long et semé d’embûches.
Le projet de loi constitutionnelle devra être confirmé par le Sénat puis voté in fine par le congrès. Ce n’est qu’alors que le statut de la Corse sera précisé dans une loi organique qui devra à son tour être approuvée par les députés puis les sénateurs et enfin soumise à la consultation des électeurs de la Corse.
Le combat continue ! » •


Alliance libre européenne
« Un pas en avant pour les peuples et les régions d’Europe »

«Le récent vote de l’Assemblée nationale française sur l’autonomie corse doit être perçu moins comme une avancée majeure que comme la reconnaissance tardive d’une réalité déjà admise ailleurs en Europe (…) La Corse demeure l’une des dernières îles de l’Union européenne, et de la Méditerranée, à ne pas bénéficier d’un véritable statut d’autonomie, malgré les défis structurels propres aux territoires insulaires et une identité culturelle et linguistique distincte.
La demande de la Corse n’est ni nouvelle ni exceptionnelle. Elle s’inscrit dans une tendance européenne plus large, où les régions insulaires se voient octroyer des pouvoirs d’autonomie afin de mieux répondre à leurs spécificités géographiques, économiques et culturelles. Partout en Europe, l’Alliance Libre Européenne (ALE) a toujours soutenu ces processus, défendant le droit des peuples et des régions à obtenir les outils institutionnels nécessaires à leur autogouvernance. Dans le cas corse, comme dans d’autres, l’ALE a souligné l’importance du dialogue interinstitutionnel, seul moyen durable de construire des solutions politiques respectueuses des aspirations démocratiques et des réalités territoriales.
La réforme proposée instaure une forme limitée d’autonomie, permettant aux institutions corses d’adapter et de développer des politiques dans des domaines clés d’importance locale. Toutefois, la portée de cette autonomie demeure restreinte, ce qui soulève des questions légitimes quant à l’étendue du transfert du pouvoir de décision.
Cette évolution doit également être comprise comme le fruit d’un dialogue institutionnel soutenu. La seule voie viable pour surmonter les tensions persistantes réside dans un engagement structuré entre les institutions politiques à tous les niveaux. En Corse, ce processus a été impulsé par les acteurs démocratiques et la société civile, notamment sous l’impulsion de Gilles Simeoni, dont les efforts ont permis d’obtenir ce premier pas en avant au sein de l’État français.
Partout en Europe, les nations luttent encore pour le pouvoir de décider. Pour EFA /ALE, le cas corse illustre un problème européen plus vaste. Partout sur le continent, les nations sans États continuent de se heurter à des contraintes structurelles qui les empêchent d’exercer pleinement leur autonomie démocratique. Si chaque situation est unique, le principe reste le même : les décisions doivent être prises au plus près des populations concernées.
La seule voie viable pour surmonter les tensions persistantes réside dans un dialogue structuré entre les institutions politiques à tous les niveaux. (…) Parallèlement, les résistances au sein des institutions politiques françaises révèlent les limites d’une pensée centralisée. Les préoccupations liées aux précédents, au contrôle ou à l’unité nationale occultent souvent un point essentiel : la démocratie se renforce, et non s’affaiblit, lorsqu’elle s’adapte aux réalités de ses peuples.
Que cette réforme aboutisse ou s’enlise dans les prochaines étapes du processus constitutionnel, une chose est sûre : la question qu’elle soulève demeure. La Corse s’inscrit dans un mouvement plus large à travers l’Europe qui appelle à un nouvel équilibre entre les États et les nations qui les composent.
Pour que « Liberté, Égalité, Fraternité » demeure plus qu’un simple slogan, il faut qu’elle s’applique à tous les peuples sans distinction, y compris ceux qui aspirent à l’autonomie. La Révolution française a servi d’exemple au reste du monde ; il est temps de diffuser ses idéaux de démocratie et d’égalité au sein même de l’État français ». •

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